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congestion pulmonaire; du côté desméninges, du rhumatisme cérébral; du côté des organes urinaires, de la néphrite d'ordinaire légère; du côté de la peau, des érythèmes ou des
éruptions diverses.
Tel est le tableau abrégé des symptômes et des complications du rhumatisme. Au milieu de cette fluxion générale des articulations, il est clair que la symphyse sacro-iliaque n’est pas épargnée ; elle l'est d'autant moins que les modifications qui s’y passent la signalent comme un lieu de moindre résistance, auquel elle s’attache d’une façon particulière,
Au surplus, lorsque la symphyse est atteinte, elle subit les mêmes modifications que les autres jointures. Le cours du rhumatisme s’y déroule normalement, ilne se distingue pas, comme le voulait Noorden, par la ténacité des fluxions articulaires, par l’ankylose consécutive, caractères particuliers à la seconde variété d’arthrites aiguës. Tout au plus peut-on signaler à ce niveau une évolution moins rapide et unecertaine tendance à la chronicité.
Quelle est la nature de cette affection ? Nous l'avons déjà dit plusieurs fois, elle est rhumatismale, et par son étiologie (attaque chez une rhumatisante, influence du froid), et par sa symptomatologie, et par sa marche el ses complications. Si l'on veut pénétrer plus avant, on se trouve en présence de dif-
ficultés insurmontables et on est obligé d’avouer son igno-
rance. Jusqu'au jour où le rhumatisme sera définilivement classé soit parmi les infections exogènes, soit comme diathèse endogène, on doit appeler cette forme arthrite rhuma-
tismale.
L2 À côté de ces arthrites aiguës, franchement rhumatismales, nous en trouvons d’autres qui diffèrent des premières par tous leurs caractères cliniques et étiologiques. C’est ce qu’on
PHAIDRLS
a appelé pendant longtemps, etqu'on appelle encore quelquefois, par tradition, rhumatisme puerpéral, ce qui indique que ces sortes d'inflammations n'avaient pas été classées parmi les pseudo-rhumatismes.
C'est autour d'elles qu'on s’est battu depuis la célèbre discussion à la société médicale des hôpitaux de Paris, en 1866 et 1867, el si, à notre époque, on discute encore sur leur nature, si on les rattache à des causes diverses, c'est queleur pathogénie n’est peut-être pas univoque.
Quoi qu'il en soit, leur symptomatologie est parfaitement
établie depuis longtemps. L’arthrite aiguë franche débute
spontanément ou à la suite d'un traumatisme léger ou grave par des douleurs qui occupent souvent toutes les articulations du bassin ou même celles des membres ; mais ces douleurs généralisées ne sont pas caractéristiques, elles font partie d’un élat transitoire qui disparaît souvent pendant la grossesse, toujours après l’accouchement. Dans tous les cas, l'arthrite prend un type définitif monoarticulaire ou oligoarticulaire.
Quand elle se localise au bassin, l'articulation la plus affectée en général, ou la seule affectée, est l'articulation sacro iliaque gauche, sans doute à cause de la fréquence de Ta position gauche dans les présentations du sommet. Celui-ci pèse fortement sur l'os coxal du côté gauche, et la pression est capable à elle seule de déterminer cette localisation par une sorte de traumatisme permanent ou fréquemment répété.
Une fois constituée, l’arthrite se caractérise par :
1° La douleur ;
2° L’impotence fonctionnelle ;
3 L'empâtement de l'articulation ;
49 L'absence de réaction générale ;
5° Les craquements.
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La douleur est le symptôme le plus important. Elle est différente suivant qu'elle estspontanée, considérée au repos, et suivant qu’elle est provoquée par des mouvements ou des pressions.
Au repos, la douleur est continue et plus ou moins violente, ou bien accompagnée de paroxysmes. Le moindre mouvement l’exaspère et la transforme en lancinations extrêmement vives; le plus souvent même, la douleur ainsi aggravée, au lieu de cesser avee le mouvement qui lui a donné naissance, se continue en crises d’une assez longue durée qui provoquent chez la patiente des pleurs et des cris aigus.
La pression provoque absolument les mêmes effets, et l'examen manuel est rendu très difficile. Aussi doit-on renoncer à chercher dans ces cas la mobilité qui nécessite une violence trop grande; il faut même éviter certaines manœuvres un peu trop brutales qui auraient pour but de déterminer le siège exact de la douleur.
Ce siège est situé dans les reins, à la partie supérieure de la fesse dans une région assez étendue, mais il est rare que la malade ne se plaigne que de cet endroit à cause des irradiations multiples qu’affecte la douleur. Ce n’est que par la palpation extérieure, la palpation profonde à travers la paroi abdominale, le toucher, qu'on doit chercher à déterminer le point douloureux, qu’on finit par découvrir au niveau de l'articulation sacro-iliaque.
Les caractères de la douleur une fois définis, on comprend mieux le second symptôme important ; l’impotence fonctionnelle. Celle-ci est telle que non seulement la malade ne reste plus ni debout, ni assise, et se-tient dans le déeubitus dorsal ou latéral qui la soulage le mieux, mais qu'elle évite
le moindre mouvement qu’elle payerait d’un redoublement
de souffrances.
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C'est par le toucher vaginal qu’on arrive à percevoir le symptôme suivant : le doigt, conduit par le vagin sur l’articulation comme nous l'avons exposé précédemment, permet de sentir à ce niveau un bourrelet longitudinal très nettement limité {les Lissus péri-arliculaires ne sont pas œdématiés comme dans la fluxion rhumatismale), qui est le siège d'une très vive sensibilité.
. Un autre signe, perçu par la main du médecin et dont la malade se rend parfaitement compte, est constitué par les craquements articulaires; ces craquements ne sont pas cons- {ants quoiqu'ils soient plus fréquents que dans le relàchement pathologique.
Au milieu de symptômes qui paraissent si graves, l’état général reste bon comme dans une manifestalion morbide purement locale. La température reste normale ou s'élève peu, le pouls n’est ni rapide ni dépressible, les fonctions digestives s'accomplissent bien, le rein est ouvert et donne des urines abondantes, contraste frappant avec ce qu’on voit dans le rhumatisme aigu franc.
L'évolution, la durée, la terminaison, diffèrent beaucoup aussi de ce qu'elles sont dans le rhumatisme.
Celle arthrite à demeure fixe y reste embusquée longtemps, et ce n’est que par degrés qu’elle arrive à la guérison. D'abord les petits mouvements deviennent possibles sans douleur, puis la pression devient tolérable, mais la station debout ou la position assise sont encore impossibles, enfin les douleurs s'amendant de plus en plus, la marche se rétablit petit à petit, l'affection à duré un mois ou un mois et demi environ.
Heureuse encore la malade si l'arthrite ne passe pas à l'état chronique, si l'affection commencée pendant la grossesse se termine avant l'accouchement, car il peutne pas se produire alors une rechute, souvent plus grave que ce qui l’a précédée,
APE heureuse si l’arthrite guérit sans laisser de trace, car il faut savoir qu’elle a une tendance déplorable vers l'ankylose (13 fois sur 15 d’après une statistique); car elle produit des fausses membranes qui s'organisent et qu'il est plus tard impossible de rompre et qui, rendant le bassin rigide, le mettent dans des conditions d'intériorité pour les accouchements suivants. D'ailleurs, ce n’est pas seulement de cette | façon que l’avénir est engagé : la malade peut guérir parfaitement, puis à la grossesse suivante recommencer sa maladie, comme l’a montré Budin par l’observation que nous citons à la fin de ce travail.
Nous voici maintenant arrivés au diagnostic et à la question obscure de la pathogénie.
D'après la description que l’on vient de lire, il est impossible de confondre cette arthrite avec l’arthrite rhumatismale. Il n’y à qu’à poser en face les termes de comparaison pour n'avoir aucune chance de faire erreur.
D'un côté : a) invasion par un frisson, 4) polyarticularité, c) phénomènes généraux et fièvre intense, d) tuméfaction intra et extra-arliculaire, e) très grande mobilité et évolution rapide, /) guérison sans ankylose.
D'autre part : a) invasion par des douleurs erratiques, b) fixation sur une seule articulation, <) pas de phénomènes généraux, d) tuméfaction limitée à l’articulation, e) ténacité pour larticulation choisie, /) presque toujours guérison avec ankylose.
Comme on le voit, l’opposition est complète. La douleur seule est commune, el encore faut-il distinguer entre la douleur plus diffuse de l’une et la douleur plus localisée de l’autre.
À quelle affection pourrions-nous comparer un pareil état morbide. Il y a un rapprochement quis’impose, c'est celui