SERRES
de l'arthrite blennorrhagique. Quelques auteurs anciens
PPS TEEN €
avaient saisi cette ressemblance, mais à Lorain et à ses élèves (Vachée, Vaille, Ragot,Braunberger) revient l'honneur d'avoir appelé l'attention sur ce fait. Seulement comme la nature de la blennorrhagie était inconnue à cette époque, comme beaucoup d’écoulements sans gonocoques étaient considérés comme blennorrhagiques, comme Lorain croyait que la femme enceinte est toujours une femme. malade en ce qui concerne les organes génito-urinaires, il avait trop étendu la compréhension de cette arthrite en lappelant Arthrite génitale.
Déjà à cette époque Féréol et Pidoux donnaient le virus blennorrhagique, la lues gonorrhœæa des Allemands comme cause du rhumatisme puerpéral.
Bouchard, en 1882, affirma l'identité des deux variétés d’arthrites. Ce fut l’époque des recherches cliniques et bactériologiques. Patenostre démontra chez plusieurs femmes atteintes d’arthrite puerpérale la présence d’un écoulement blennorrhagique, il remarqua dans certains cas la coïncidence de l’arthrite de la mère avec l’ophtalmie purulente de l’enfant. Plus tard, Fournier publia 4 observations d’arthrites sacro-iliaques véritablement blennorrhagiques, enfin Vinay publia 5 observations, et dans un cas, il avait pu trouver du gonocoque sur le col utérin.
Il est donc probable que, dans un certain nombre de faits, l'arthrite est sous la dépendance de la blennorrhagie. «On devait s'attendre à cela, nous dit Vinay, car lafécondationet la blennorrhagie résultent d’un mécanisme identique, car l’état de gravidité ainsi que le travail de l'accouchement sont des conditions qui favorisent la multiplication des gonocoques et rendent plus marquées les manifestations qu'ils provoquent, l'un par la congestion qu'il détermine au niveau des organes génitaux externes, l’autre par le traumatisme inséparable de la parturition.
re
Mais si nous admettons cette notion pathogénique sans conteste, nous ne pouvons en repousser un certain nombre d'autres, et nous devons nous tenir dansune prudente réserve, car, si dans quelques cas rares on trouve des diplocoques au milieu du liquide articulaire, ilne manque pas de faits négatifs dans lesquels ni examens directs, ni ensemencements multipliés sur les divers milieux, n’ont permis de constater des bactéries d'aucune espèce. Certaines recherches ont même abouti à démontrer la présence de microbes pyogènes. Il est fort possible que certaines arthrites de la grossesse relèvent aussi de la pyohémie atténuée, de quelque ferment d’origine inconnue. Il est même probable que ces diverses formes peuvent se combiner entre elles et donner lieu à des variétés dans les symptômes et la terminaison » (Vinay).
À côté de la forme aiguë oligoarticulaire, nous trouvons une forme chronique également oligoarticulaire dont nous allons maintenant tracer le tableau pour pouvoir la mettre en parallèle avec la première et le relàächement pathologique des symphyses, et dégager de cette comparaison sa véritable nature.
La symphysite chronique peut prendre naissance de trois façons. Elle peut succéder à une arthrite primitivement aiguë, soit que celle-ci n'ait jamais eu l'acuité ordinaire et se soit prolongée plus que de coutume à l’état subaigu, soit que la forme aiguë, s’atténuant graduellement, n'ait jamais pu s’éteindre complètement.
Elle peut succéder au relàächement des symphyses, c'està-dire s'installer à un moment où le relâchement est déjà commencé.
Elle peut enfin être primitive, prendre naissance au début même de la grossesse sans cause appréciable avec la mobi-
lité articulaire, et évoluer lentement sans jamais arriver à une intensité très considérable. Cette dernière forme étant
la plus pure et sans mélange d'aucun état voisin, c'est elle
que nous prendrons pour type de notre descriplion.
C'est la douleur qui caractérise essentiellement l’arthrite chronique, mais cette douleur diffère beaucoup de celle de l'arthrite aiguë. D'abord, elle n’est ni constante, nicontinue, et la femme, lorsqu'elle n’est pas soumise à certaines conditions ne souffre pas, ou du moins les douleurs, au lieu d’être continues, se traduisent par des sensations assez bénignes et passagères.
Chez une malade chroniquement frappée d'arthrite, quelles sont donc les conditions qui aggravent Les douleurs ?
Ce sont :
1° L'apparition d’une seconde grossesse ;
2° La fatigue ;
3°. Les règles ;
4 Les influences chimatériques.
L'influence de la grossesse est fort nette dans certains cas, et Bonnaire put, en se basantsur l’aggravation des douleurs, diagnostiquer une grossesse commencçante. D'ailleurs, cette influence se manifeste non seulement par la provocation de la douleur, mais encore par son aggravation progressive jusqu'à l'accouchement. Pendant les deux derniers mois, en effet, ces douleurs deviennent très considérables et se rapprochent de celles de la forme aiguë. Ceci nous démontre bien l'influence du relâchement des symphyses sur la production et le développement des arthrites pelviennes, larthrite apparaissant au moment où la symphyse se ramollit, et s'aggravant quand le ramollissement s'accentue. Ces douleurs nouvelles d’une intensité variable, provoquées par la grossesse, peuvent être fort vives, au point que, pour les
atténuer, la femme n’a d'autre ressource que de se condamner à un repos presque absolu.
La fatigue est un des agents qui aggravent les douleurs. En dehors de la grossesse, elle peut les provoquer à elle seule ; mais c'est surtout lorsqu'elle est unie à la grossesse que son influence est manifeste. Les femmes chez qui la marche et la station debout étaient à peine pénibles en temps ordinaire, sont obligées, après chaque nouvelle fatigue, de rester longtemps couchées dans leur lit pour obtenir un apaisement de leurs douleurs violemment accrues.
Les règles sont aussi un agent d'aggravation. Elles peuvent déterminer des douleurs quelques jours avant leur arrivée, et ces douleurs persistent pendant toute la durée des règles pour ne prendre fin qu'après leur disparition. Les modifications de la zone génitale se sont transmises à la zone périgénitale, et l'on à eu dans cette ponte ovulaire les mêmes effets qu'après l'accouchement fœtal.
Les influences climatériques peuvent aussi se faire sentir, et il suffit souvent d’un changement de temps, d'une augmentation ou d’une diminution de la pression atmosphérique, d’une saute brusque du vent pour que les douleurs apparaissent. Alors, tout comme les rhumatisants, le patient est capable de prévoir dès l'apparition des douleurs un changement dans les conditions atmosphériques.
Tels sont les caractères de la douleur née pour ainsi dire spontanément ; mais on peut la provoquer par la palpation et l'exploration conduites de la façon que nous avons exposée plus haut.
: X | Nous pouvons ajouter à ces caractères l'absence de l’œdème qui, constant dans les inflammations aiguës, n'existe pas
dans les inflammations chroniques, ce qui explique l’absence de modification dans la forme des articulations. Telle est la symptomatologie de l'arthrite chronique.Si on
Ales envisage son évolution, on la voit s’éterniser dans une ou plusieurs articulations, disparaître et apparaître successivement suivant les conditions extérieures, mais ne cesser qu'après un temps très long, souvent après des années, quelquefois jamais. C’est par là qu’elle diffère profondément d’autres états analogues.
En effet, par de nombreux caractères, elle se rapproche du relâchement pathologique des symphyses, par d’autres de l'arthrite rhumatismale.
Si on essaye de meltre en face l’arthrite chronique telle qu’elle vient d'être décrite et le relâchement pathologique des symphyses, on trouve, des deux côtés, lessymptômes suivants : |
1° Douleur et sensibilité à la pression ;
2° Apaisement de la douleur par le repos;
3° Impotence fonctionnelle,
Mais 1° tandis que la mobilité des symphyses débute toujours pendant la grossesse, l’arthrite ne se montre souvent qu'après l'accouchement.
2 Tandis que dans le premier cas le port de la ceinture suffit à abolir la doùleur, dans le deuxième elle est incapable de la supprimer complètement.
3° Le port de la ceinture est capable d'empêcher la reproduetion du.relâchement des symphyses, il ne fera rien contre l’aggravation de l'arthrite pendant la grossesse.
4 Dans le relâchement pathologique, l’impotence fonetionnelle est supprimée par le port de la ceinture ; elle persiste atténuée dans l’arthrite parce que la douleur spontanée n'est pas abolie.
5° Tandis que les règles et la température n'ont pas d'influence sur le relâchement pathologique, elles en exercent une très grande sur l’arthrite.
Il ne faut pas croire d’ailleurs que ces deux états soient
= complélement séparés, ils existent souvent ensemble, et, comme on l’a dit, il arrive au début que l'un précède l’autre et lui donne pour ainsi dire naissance par l’irritation constante qu'il détermine. Martin a° pu, dans un cas, très bien analyser ces phénomènes. Le port de la ceinture abolissait l'impotence fonctionnelle, mais ne faisait pas cesser la dou- -leur, ce qui signifie que la mobilité avait cédé, non l’arthrite.
Dans un autre cas, il vit les symptômes disparaître par l'application de la ceinture, mais réapparaître aussi dès qu’on l'eut enlevée, ce qui signifie que le relâchement pathologique existait seul.
Ainsi séparée du relâchement pathologique des symphyses, l'arthrite chronique est encore plns loin de l’arthrite aiguë oligoarticulaire; elle en est éloignée de toute la distance qui sépare une maladie chronique d’une maladie aiguë. Sans doute, l’arthrite aiguë précède souvent l’arthrite chronique, et il semble possible d'affirmer que ces deux affections sont
de même nature. Cette hypothèse paraît séduisante, et nous
reconnaissons qu'il peut exister de pareilles arthrites chroniques, mais on ne doit pas conclure que l’arthrite chronique est toùjours une arthrite aiguë qui se prolonge ; nous croyons qu il intervient des facteurs nouveaux que nous ne pouvons toujours déterminer, et il nous paraît plus raisonnable de rattacher ces arthrites au rhumatisme chronique. Dans les deux cas en effet, on observe:
1° Des douleurs variables suivant les circonstances extérieures : « froid, règles, grossesse » et localisées à toutes les articulations du bassin ;
2° L'hérédité rhumatismale chez toutes les femmes obser vées, el souvent aussi des antécédents rhumatismaux :
3° Le caractère spécial aux douleurs chroniques, qui fait que les articulations raides au début se dérôuillent en quelque sorte peu à peu par l'entraînement.
Au reste, les caractères de cette arthrite se rapprochent eaucoup de ceux de l'arthrite sacro- coceygienne, qui est manifestement de nature rhumatismale. Pour n’en citer que ps nous indiquerons leur coexistence fréquente et le sur- menage génital constant dans l'étiologie.
He C'étart l'opinion de Bonnaire, qui à HEDIRE la thèse de & ihertafons