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res ordinaires de la lithographie , les a heureusement mélangés pour en obtenir des effets nouveaux et plus beaux. C'est ainsi qu'il a traité avec succès le genre du lavis, la lithographie au pinceau et la manière noire au grattoir, et que ses eaux-fortes sur cuivre sont ce qu'il y a de plus remarquable en fait de gravure de paysages. M. Diday a également exécuté de belles eaux-fortes. Il vient de faire paraître deux magnifiques feuilles : PAar à la Handeck et le Temps orageux, autographiées dans le genre des eaux-fortes, habilement transportées sur pierre lithographique et imprimées avec une teinte par MM. Pilet et Cougnard, lithographes de notre ville.
Les chalcographes de profession n'ont pas manqué à Genève, et il y en a eu de fort distingués. Remarquons entre autres Jacob Wielandy (dans la première moitié du dix-huitième siècle) ; Alexandre Cbaponnier (né en 1 753); F.-D. Soiron ; Grand, peintrehollandais établi à Genève; Joseph Collart (né en 1751. mort en 1830); Charles-Simon Pradier mé en 178:2, mort en 1847). frère du célèbre sculpteur ; mais surtout Nicolas Schenker, élève du graveur parisien Macret. Schenker (né en 1700, mort en 1848), habile à la taille et au pointillé, fut nommé directeur d'une école de gravure en taille-douce projetée en 1790 et fondée en 1817 par la Société des Arts de Genève, et qui a formé plusieurs bons élèves, tels que MM. Anspach. Deville. Verre. Millenet. ElieBovet. Bouvier. M. Abraham Bouvier, le seul qui ait continué la gravure sur cuivre et sur acier, a produit des planches remarquables dans divers genres de gravure, surtout dans la gravure au burin et dans la manière noire. Dans la première exposition des produits de l'industrie genevoise, ouverte par la Classe d'industrie de laSociété des arts en 1 8^8 ( 1 ) onre-
I») La première expositon publique de peinture eut lieu eu 1789; mais jusqu'en ou n'y voit point iigurer de gravures.
Et
marquait entre plusieurs produits des arts graphiques : le portrait de Michel Cervantes, gravé par Bouvier; un portrait par Elie Bovet ; des planches de poissons, par Escuyer , et de plantes par Anspach, Millenet, Heyland et Bouvier. La Société des Amis des Arts, instituée en 1822, a puissamment contribué à l'avancement de la gravure en taille-douce, en faisant graver de temps en temps, pour son compte, des portraits et des sujets. N'oublions pas enfin les cartes géographiques de l'Atlas de la Suisse, exécutées sous la direction du général Dufour, dans le bureau topographique établi à Genève. Ces cartes, autant par la précision et la beauté du dessin , que par l'excellence de la gravure, peuvent être regardées comme un des chefs-d'œuvre dans ce genre.
Le nombre des graveurs qui s'occupent aujourd'hui îrincipalement de la gravure des objets de luxe et de fantaisie relatifs aux fabriques d'horlogerie, de bijouterie et d'orfèvrerie est si grand, que nous ne croyons pas exagérer en les estimant à plus de trois cents, parmi lesquels il y a de véritables artistes (en 1788, il y avait à Genève 204 graveurs). Ne pouvant les nommer tous, nous rappellerons seulement les noms de ceux qui ne sont plus et qui jouissaient d'une certaine réputation : Jean-Nicolas Chàlon (né en 1742, mort en 1812), Joseph Collart (né en 1754, mort en 1830), D. Detella (né en 1762, mort en 1836), Rambaud, Pierre Gervais, Riesling, Tournier, Lamy, Romilly père, Frédéric Bury (mort à Hanau), Bachten, etc., et parmi les vivants nous ne citerons que ceux qui pratiquent un genre particulier, tels <pie MM. Subit et Pelaz, qui depuis 1830 ont exécuté des gravures niellées au moyen d'un vernis-émail de leur invention ; M. Maeule, émailleur, qui a fait de véritables nielles dans toute leur perfection; MM. Reymond et Martin et M. Mestral, guillocheurs, qui emploient avec
habileté le procédé Collas, à la décoration des montres.
Pour exciter à la recherche du nouveau et du mieux, et pour contribuer au perfectionnement de la gravure, la Classe des Beaux-Arts de la Société des Arts, sur la proposition de M. Dorcière , avait en 1845 essayé d'instituer un concours de gravure et de ciselure, et destiné la somme de 300 francs à des prix. Ce concours n'a eu lieu qu'une fois , vu le petit nombre de graveurs qui y ont pris part. M. Benoît-Muzy obtint le prix de gravure, et M. Gœllner celui de la ciselure.
Quant aux imprimeurs de Genève en typographie, en lithographie et en taille-douce . ils ont aussi contribué pour leur part aux progrès des arts graphiques.
La typographie genevoise du XVe siècle, ainsi que celle du XVIe siècle , a produit de nombreuses et belles éditions. Elle a langui pendant le XVIIe et le XVIIIe siècle, et nous pouvons dire qu'elle ne s'est relevée que vers 1830 environ , par les efforts de M. Pelletier. Dès lors MM. Fick père et fils, Ramboz et Schuchardt, et Gruaz ont persévéré dans cette marche de progrès. Ils ont tout récemment introduit les premières machines à imprimer.
M. Fick a introduit, en 1840, la typographie polychrome et l'impression à la congrève et à embossage. Ses éditions imprimées dans le goût du XVIe siècle pour M. Gustave Revilliod, avec des vignettes et des initiales ornées, en partie tirées sur d'anciens types, et en partie dues au burin de M. Burillon, sont très-estimées. M. Ramboz est le premier à Genève qui a imprimé en or, et MM. Ramboz et Schuchardt ont exécuté avec distinction les Etudes critiques sur le Traité du sublime par M. Louis Vaucher , les Mélanges d'histoire littéraire par G. Favre, etc.
MM. Suardet et Tattegrain . imprimeurs en tailledouce, ont produit en 1828 des gravures représentant
des plantes , et imprimées en couleur , d'après le procédé du célèbre peintre Redouté.
C'est vers l'année 1820 que la lithographie a été introduite à Genève par M. l'ancien Syndic Necker. Les premiers établissements lithographiques furent ceux de 11. Gallot et de M. Charton. Mme Munier-Romilly, et MM. Deville et Auguste Bovet ont été les premiers artistes qui aient produit des dessins sur pierre. M. Gruaz, imprimeur, lithographe et éditeur, secondé par MM. CalameetDiday, et par M. Ledoux, lithographe, a introduit en 1841 divers genres lithographiques, et en dernier lieu la chromolithographie jointe à la xylographie. Les planches de ce genre qui ornent « la Suisse historique et pittoresque de MM. Gaullieur et Schaub, » sont d'une bonne réussite. M. Ledoux, lithographe, a exécuté pour les Mémoires de l'Institut Genevois des planches très-remarquables en chromolithographie. Dans le grand établissement graphique de M. Schmid, actuellement Pilet et Cougnard, outre les genres de gravure et de lithographie déjà nommés, on a introduit encore le procédé Collas sur métaux et sur pierre, exécuté avec une machine construite par M. Sechehaye, mécanicien de notre ville.
La daguerréotypie, la photographie et la galvanoplastie sont pratiquées avec succès, mais on ne s'en sert que fort peu pour reproduire des planches propres à être imprimées. M. Bonijol a profité des procédés électrotypiques pour reproduire des plaques daguerriennes, et M. Goll. du bureau topographique, a fait plusieurs essais fort bien réussis de reproduction électrotypique de planches gravées en taille-douce. Et puisque nous parlons de procédés chimiques, mentionnons encore, qu'en 1835 environ, un nommé Meyerftt, à Genève, pendant quelques temps des contrefaçons de grands journaux français, au moyen (Tune impression anastatique, ou d'un report chimique
sur pierre, procédé qui lui permettait d'obtenir des reproductions identiques. N'oublions pas non plus de remarquer le procédé ingénieux et utile qu'emploie M. Dietz, pour blanchir ou pour détacher des estampes et des imprimés typographiques vieux ou salis par le temps, ou tachés de graisse et d'encre. Cette méthode, par laquelle M. Dietz rend au papier sa netteté primitive, a cela de particulier et d'avantageux , qu'elle ne nuit en aucune manière ni à sa force, ni à sa souplesse, malgré les opérations successives qu'il doit subir pour redevenir blanc. M. Dietz peut également lui donner toutes les teintes désirables sans compromettre l'impression, chose précieuse pour les imprimeurs, qui sont parfois obligés de se servir de papier de différentes nuances pour la même édition, lorsqu'ils ne se sont pas munis à temps de la quantité nécessaire.
Il existait autrefois , à Genève , de grandes fabriques d'indiennes dirigées par MM. Fazy. Petit, Labarthe, etc., qui occupaient beaucoup de graveurs et de dessinateurs. Aujourd'hui celles de papier gaufré de MM. Meylan, de faïence de M. Beylon, de papier-tenture de M. P. Arnaud ('), et de cartes à jouer de M. Gassmann, se servent toutes de planches gravées en creux et de gravures sur bois pour leurs transports, pour le gaufrage et pour l'impression en couleur.
Nous clorons ici nos investigations domestiques , et nous croyons que cette revue sommaire, tout imparfaite qu'elle est sans doute , montre cependant combien il y a eu . et combien il y a encore d'activité dans les arts graphiques à Genève ; et justifie la dédicace de notre livre. H. Hammann.
(*) M. P. Arnaud a lu l'hiver dernier, à l'Institut genevois, un mémoire fort intéressant sur la fabrication du papier-tenture.