‹ Des arts graphiques destinés a multiplier par l'impression; considérés sous le double point de vue historique et pratiqueChapitre 3 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

S'il est intéressant et utile de suivre le développement de la civilisation de l'homme dans ses différentes phases, de sonder le secret des rouages sans nombre de la politique, des actions de la vie civile ou des événements qui se succèdent rapidement dans la société humaine de tous les temps ; il ne parait pas moins attrayant ni moins instructif et profitable de pénétrer dans le cabinet du savant, dans l'atelier de l'artiste, dans le laboratoire de l'industriel, pour y surprendre leurs travaux, pour y constater les progrès qu'ont faits de nos jours les arts et les métiers, secondés par cette triple alliance de la science, des arts et de l'industrie, pour comparer enfin les progrès, en les confrontant avec les essais primitifs , les premiers tâtonnements, et de poursuivre ainsi la marche successive et ascendante des diverses inventions et des perfectionnements qu'elles ont subis.

Un tel travail est au-dessus des forces d'un seul homme; il convient donc de le diviser. Pour notre compte nous nous roui-

mes limité à un seul art parmi un si grand nombre , et nous avons choisi Y Art graphique, art dans lequel la science , l'art proprement dit et l'industrie ont également leur part; art qui , autant par l'antiquité de son origine que par la perfection remarquable qu'il a atteinte; autant par l'influence qu'il a exercée sur le goût et la civilisation, que par la grande variété de procédés et de genres concourant tous au même but; et par d'autres qualités encore, présente une image des pins rives et des plus attrayantes de l'activité et de l'esprit inventif des hommes.

Sous le nom d'arts graphiques on comprend une série d'arts qui ont pour but la reproduction soit par l'écriture, soit par le dessin, soit par la gravure. C'est de quelques-uns de ces arts seulement que nous nous proposons de faire un court exposé historique et pratique. Nous choisirons principalement ceux qui ont rendu le plus de service à l'homme , en lui procurant les moyens non-seulement de reproduire et de fixer ses pensées, mais aussi de les propager par l'impression.

Ici il y a encore des distinctions à faire ; d'abord , les arts de reproduction sont nombreux et présentent en général deux grandes catégories très-distinctes : ceux qui reproduisent en relief, tels sont les arts plastiques, la sculpture sur pierre et sur bois, la gravure de médailles, la fonte, le moulage et la frappe; et ceux qui reproduisent sur une surface plane, comme le dessin, la gravure proprement dite , la lithographie et d'autres.

Nous ne nous occuperons que de cette dernière catégorie, c'est-à-dire des arts qui ont pour but la reproduction d'un objet quelconque sur une surface plane, n'importe de quelle matière elle soit, en métal ou en pierre, en bois ou en verre , mais qui est destinée à multiplier V original au moyen de Vimpression en couleur (').

(i) L'impression en couleur est une impression au moyen de n'importe quelle coh-

Quelques-uns de ces arts procèdent tout à fait mécaniquement par le travail des mains ; ce sont les plus anciens. Tels sont par exemple la gravure sur bois, la gravure au burin sur cuivre et sur acier. — D'autres ont recours à des instruments plus ou moins comphqués, comme dans leguilloché, la mezzotiute , l'impression à la congrève. — La chimie a été d'un puissant secours pour beaucoup d'entre eux; surtout pour la gravure à l'eau-forte, au lavis, pour la gravure sur verre et pour la lithographie. — Par l'électricité on a produit des choses remarquables en galvanographie , en électrotypie et en autographie galvanoplastique. — Enfin, de la lumière même on a fait un pinceau , et alors furent créées les merveilles de l'héhographie, traduites ensuite en lithophotograplrie et en gravure héliographique.

Tel est le champ vaste, immense que nous avons à parcourir; champ varié d'objets, brillant de résultats, plein d'instruction et d'attraits. Pour suivre avec précision et avec une certaine sûreté le développement successif et graduel de ces arts, nous procéderons chronologiquement. Cette tâche, nous ne l'entreprenons qu'avec timidité, mais sincèrement et en nous appuyant sur les meilleures autorités.

Divers fragments de ce Mémoire ont été lus le 17 et le 24 mars 1848, à la Société genevoise des Amis de l'instruction; le 2 janvier 1855, à la Société familière; le 12 janvier 1855 et le 7 mars 1856, à la Classe des Beaux- Arts; le 23 janvier, le 11 mars et le 2 avril 1855, et le 13 février 1856, à la Classe

'««r, noire, brune, rouge, en opposition à une impression à sec. Ainsi l'empreinle laissée par le cachet sur le papier, ou sur le pain ù cacheter d'une lettre est une impression à sec, tandis que le timbre apposé au moyen d'une encre on couleur d'imprimeur, c'est ce que j'appelle une impression en couleur.

d'Industrie et de Commerce de la Société des Arts de Genève ; enfin , dans sept séances publiques pendant les mois de janvier et de février 1849, et dans huit séances aux mois de novembre et décembre 1855, faisant partie des cours spéciaux que la Classe d'Industrie fait donner annuellement depuis 1843.

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