‹ Des assemblées représentatives. Par l'auteur des Considérations sur une année de l'histoire de FranceChapitre 5 sur 16 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

Des influences qui agissent sur les assemblées représentatives.

Deux espèces d’influences peuvent agir sur une assemblée.

Les premières sont légitimes , même néces- 0 saires , souvent louables. Elles entrent dans le système représentatif comme éléments conservateurs. La loi ne les statue pas, mais elle les tolère ou les approuve.

Les secondes sont illégitimes , quelquefois coupables, trop souvent inévitables. Elles sont placées hors du système représentatif qu’elles combattent.

En Angleterre , l’opinion publique , le droit de pétition du côté du peuple ; du côté du Souverain , le crédit du ministère , les places dont il dispose , les récompenses qu’il donne ou promet , exercent sur les chambres une influence utile, constante et calculée qui entre indispensablement dans la balance des pouvoirs. Le résultat en ennoblit le motif , et nous offre ce grand exemple d’un pays si sagemeut administré, que le mal même est contraint d’y produire le bien.

Il est probable que dans toute monarchie représentative , les choses, par la pente naturelle de l’intérêt personnel , iront là et non plus loin , si le Souverain n’a pas des voies d’influence qui rompent la balance (i) en allant jusqu’à la contrainte.

Dans un pays, au contraire , où les représentants .livrés à leur propre conscience , siègent et votent en individus , et ne savent pas lier ces conspirations légitimes dans lesquelles, * chacun échange son opinion privée contre une opinion solidaire, le gouvernement n’a.

pas besoin de diviser ce qui n’est pas réuni :

Je Souverain peut donc y économiser , au profit de la morale publique , les îpoyeps qu’il prodigue ailleurs. Ces moyens saqt dans le système représentatif eu Angleterre ; ils y sont; Utiles. Ils en seraieut dehors cp France ; ils y seraient donc nuisibl,^., ; •

D’ailleurs , nous ne parlons; de l’Angle-, terre , à laquelle chaque pas ramène nécessai*;

rement dans un ouvrage sur la, représentation ,

(i) Nous devons observer ici , et une fois pour tou: es ; que

nous ne nous Servonsdtl niotde balance que pour nous conformer à L’usage et aux- idées ordinaires r car nous pensons et avons déjà dit qu’il n’exisle point entre tes hommes de balance rc'eüe dans le sens d’équilibre, et que c’est toujours un qui remporte et gouverne. { ,

que pour offrir un point de similitude ou d’opposition d’où jaillisse la lumière , et non pour présenter un modèle ; car chaque peuple a un type qu’il ne faut pas bïiser. On ne peut savoir comment agirait la France dans cent vingthuit ans, si la représentation survit de cent vingt-huit ans sa révolution ; mais, quant à-présent, ce système d’abnégation de ses sentiments, d’amalgame de ses opinions , blesse la conscience du Français, gène sa vivacité ou révolte sa franchise. En France , on engage ses actions, mais non pas sa pensée.

Mais au défaut des influences qui s’exercent utilement eu Angleterre, il peut eu exister ici d’un autre genre, influences naturellement enharmonie avec des hommes qui marchent épars et sans guide , en ce qu’elles sont simples et naturelles , comme les autres sont eu harmonie avec des hommes qui marchent serrés sous des chefs," parce qu’elles sont savantes et compliquées.

Nous placerons au pi'emier rang l’amour du Roi, nous disons ici l’amour du Roi , car le Souverain est partout un être abstrait ; mais le Roi est un être positif, qu’en France on aime et révèx’e: abus fort cher aux Français , et qui , pour le dire en passant , promet peu de poids à leur représentation, s’ils ne parviennent pas

à s’en corriger pour se procurer le stoïque bonheur d’aimer une charte au lieu d’uu homme (i).

Nous disons l’amour du Roi , la vieille vénération pour l’autique royauté , influence d’un si énorme poids, que partout où un graiu de ce sentiment tombera dans la balance , il emportera des quintaux d’opinions opposées.

En Angleterre , le nom du roi , la personne du roi sont couverts d’un rideau respectueux ; ils n'apparaissent point dans les discussions; c’est, dit-on , pour ne pas compromettre la majesté royale; mais si ce nom n’y paraissait que pour les décider par son poids , son intervention rehausserait sa dignité au lieu de la dégrader. Non , c’est que réellement il n’y influerait pas sur les opinions , et que dès lors on doit lui sauver l’affront de paraître sans se faire respecter.

En France il en serait’autrement , et le ministère prouverait qu’il y connaît les hommes , si, en même temps qu’il prétendrait être compact et solidaire, ce qui est anglais, et le mon-

(i) Tout Français doit aimer le Roi et respecter la charte ; tout Anglais doit aimer la charte et respecter le Roi. Quiconque d’entre leux intervertira cet ordre, sera, ou uti mauvais Anglais, ou un mauvais Français. . • .

tre seul aux regards des chambres, il y présentait incessamment le nom et la pensée du Roi, ce qui est français, et le meta l’abri des attaques derrière une opinion sacrée , se montrant ainsi seul pour attaquer, et étayé du trône pour se défendre.

Ce respect royal peut aller si loin ( et c’est peut-être J’abus du plus beau des principes) , que, non content découvrir des propositions pénibles à une chambre, il couvre encore des ministres qui lui seraient opposés , renferme leurs plus vifs adversaires dans un cercle de modération , et érige la plus légère attaque en viol de la paix et des bienséances f au lieu qu’en Angleterre les dénonciations les plus vives, les . critiques les plus amères, sont de l’essence des discussions parlementaires. Nous ne prétendons pas juger si des sentiments plus chrétiens sont ou non mieux appropriés ailleurs ; mais nous pensons que, là où ces sentiments régnent, un ministère solidaire est inutile et une représentation précaire, à moins qu’elle ne soit composée d’hommes dont l’importance préserve leur modération d’être expliquée en faiblesse. Croit-on, par exemple, qu’un ministre ou un ministère érigerait une critique en insulte, une contradiction en révolte, si la chambre d’où elles partent était , comme celle

Digit

des communes, composée de tout ce cjn’il y a de plus grand dans l’État ? Plus le poids de la chambre serait grand, plus l’offense serait légère.

D’autres influences «agissent encore sur les hommes assemblés, et si ces hommes étaient des Français, nous dirions qu’elles les gouvernent. Ce sont l'honneur, la conscience , FeuH thousiasme , tous ces sentiments . généreux , mais spontanés, qui peuvent mettre un corps à la merci d’un homme , et qu’un grand talent dirige ou égare; sentiments vifs, prompts, épars, sans calcul et saus guide, qui donnent aux assemblées un# forme déréglée , mais qui sont inhérents aux Français divisés, bien plus aux Français Unis, et qui excluraient plus aisément la représentation ( au moins sous de certaines formes ) qu’ils ne seraient exclus par elle. D’ailleurs ces apparences légères, qui peu-» vent repousser le coup-d’œil superficiel, se montrent à l’observateur comme le vestibule d,'uu édifice de mœurs dont la base est plus solide que la forme.. Enfin , il est vrai de dire que ces influences sout beaucoup moins puissantes quand «n revient de l’erreur que quand on y va; qu’on a bien moins d'enthousiasme dans la vérité qui est une et positive , que dans l’erreur qui est vague et infinie ; que les talents

qui entraînent se trouvent bien moins dans l’orateur d’une assemblée raisonnable que dans celui d’une assemblée en délire; et que, s’il est vrai que les Mirabeau l'ont faire plus de cheminque les Burcke, il l’est aussi que les premiers ne se rencoutrcut qu’au commencement des révolutions, pour lesalluiuer, et les seconds à la fin , pour les éteindre.

Nous parlerons d’uue troisième nature d’influence qui offre un important sujet d’examen; c’est celle de l'opinjou publique. • •>

Il est des hpuimes qui respectent l’opinion ; il en est qui fa bravent. Cela annonce ordinairement» dans les premiers, qu’ils ont droit de s’eu louer, dans les autres qu’ils ont sujet de s’en plaindre. Les hommes dont la critique médit , médisent toujours de la critique ; celui que l’estime des autres délaisse, ne manque pas de sp faire une estime personnelle; mais ces contempteurs de l’opinion publique trompent, ou eux-mèmes, ou les autres : on repousse toujours l’injure ; et, si on se dit au-dessus d’elle, c’est qu’on çroit le dédain une meilleure arme que la colère. C”est d’ailleurs une fâcheuse émancipation pour l’iiomme que de s’affranchir du jugemenL cTautcui; celui qui croit toutes ses causes commises à son propre tribunal, trouve bientôt la loi de connivence avec ses passions,

et prononce comme on le fait quand on est juge et partie.

L’homme qui méprise l’opinion publique , n’est donc point l’homme de la société ; car elle est utilç et nécessaire aux hommes. Mais de quoi se compose l’opinion publique ? *

Le poids y est ordinairement en raison inverse du nombre. 11 est difficile d’indiquer le point où elle est assez étendue pour être publique, sans l’ètre assez pour être insensée. Si on suppose un petit nombre d’hommes considérables, libres, éclairés et placés hors de la sphère despartis , leur opinion sera calme , uniforme et désintéressée : il faut la consulter et la croire. <

Si on suppose, au contraire, l’opinion, ou les opinions de la foule sans considération , sans liberté, sans lumières , sans cautions civiles et morales et retentissant dans des temps d’orage, il faut la diriger ou la faire taire.

L’avis de la multitude n’estpasplus la voix del’Etat,que l’empire de la multitude n’est son gouvernement. L’adage , vox popu.ll , vox Dei , n’apparlinl jadis qu’aux petites démocraties où le peuple était le seul monarque à flatter ; il y signifiait l’empire absolu de cette voix et non son empire légitime. Dans une mo' narchie , populus est le peuple représenté par

ses chefs ; tout le reste est plebs , lequel ne compte partout que par ses bras et nulle part par sa tête.

Il est une autre opinion publique, moyenne pour ainsi dire entre les deux, premières , moins éclairée que l’une , moins inepte que l’autre, et toutefois plus dangereuse fn ce qu’elle se fait écouter ; Opinion qui a , bonne ou mauvaise , un grand ascendant sur les assemblées : nous voulons parler de celle des sociétés ou de celle qu’on appelle dans une capitale , opinion des salons.

Pour acquérir cet éclat , ce haut bruit où nous la voyons parvenue , celte opinion demande le concours de deux choses: l’une est le grand nombre des opinants, l’autre le mélange des hommes qui ont part à la chose publique.

Sans cela , d’un côté ces hommes isolés de la société discutent et agissent en paix , de l’autre les salons séparés d’eux se font d’autres matières d’intérêt et de conversation. Ainsi jusqu’aux jours de la révolution , à cela près d’un peu de cet esprit de révolte , qui commençait à faire de chaque individu un précepteur de l’État et des rois, la littérature, la morale, les sciences et tout ce qui fait le charme, et l’honneur de la vie , défrayaient la conversation des salons de Paris , et en faisaient cette société

sans monotonie , quoique sans désunion , dont l’urbaûité servait de modèle et de précepte à l’Europe.

Mais aujourd’hui , chaque homme public • prépare là matinée qu’il donne à l’Etat par la soirée qu’il donne au monde; et ce monde qui ies endoctrine a dix opinions de conscience et cent d’intérêt privé.

Les Uns ont servi ou gouverné l’enfahcc de la révolution, et dix nuances distinguent entre eux ceux qui ont abdiqué pins tôt ou plus tard, jusqu’au moment où la folie s’est érigée en crime. Une seule conformité existe entre ces hommes ; c’est que chacun d’eux est resté opiniâtrement fixé an point où il s’était arrêté , ne voyant dans les malheurs qui l’ont suivi que •le torrent qui a renversé son édifice et non le torrent dont il a renversé la dieue. Les autres, nés depuis, ou spectateurs alors , n’ont point à lutter pour légitimer leur vie passée ; mais , s’ils n’ont pas plantél’arbre, ils en récoltent les fruits, et marchent par un instinct d’ambition ou de licence dans la route où les autres marchent par une erreur orgueilleusement enracinée.

Ceux-ci ont servi la tyrannie par un reste de goûts républicains; ceux-là par une pente naturelle au despotisme : plusieurs ont déserté leur parti pour accroître leurs richesses, 01}

se çont.vus contraints de sacrifier les débris de leur cause pour sauver ceux de leur fortuné, ou Ont été enrôlés par faiblesse ou contrainte daps l'antichambre et dans les armées. Tous y ont vu le crime sous des formes humaines:

tous l’y ont vu, non plus à distance proportionnée , dans son vrai joui’ et tel qu’il comparaîtra devant l'histoire; mais causant, mangeant , buvant, fait homme enfin, et homme doré et adoré : leur horreur y a perdu de sa force et leur conscience de son intégrité; car enfin le crime sociable est bien plus mortel à la société où il s’infuse que le crime atroce qui s’en sépare ; le crime qui la séduit et la paye la détruit bien plus vite que le crime qui la

D’autrCs ont suivi la bannière royale dans la détresse et l’exil. Us ont combattu et souf-

fert pour elle, et ont conservé loin d’une terre rebelle des sentiments purs et intègres : mais quelques-uns d’eux n’admettait aucune modification pour ce que vingt-cinq ans de malheurs peuvent exiger de sacrifices.

D’autres, exilés volontaires dans leur propre patrie, y ont gardé loin de la coiitagion la foi de leurs premiers serments. Ils ont amassé dans la retraite des idées fortes, une expérience passive*, la seule sage dans les temps de délire,

et un sentiment douloureux , mais exact , <j[es sacrifices que la paix de l’Etat exige.

Quelques-uns, transportant le despotisme d’uu tyran sur le trône d’un Roi , veulent à la fois faire régner la monarchie par des princir pes révolutionnaires, et tout plier, sans examen, sous une volonté ministérielle, champions à outrance d’un système qui n’édifierait rien que leur propre grandeur.

D’autres, naïvement et sans rétlexion, mais consciencieusement à "enoux devant la lettre

implicite de la volonté royale , vont, par la religion et le devoir, au meme but où les premiers tendent par leur propre intérêt.

Ceux-ci distinguent entre le présent et l’avenir , eutre le Roi et la monarchie , entre l’autorité ministérielle et la volonté royale, et aspirent à affermir le trône par des principes monarchiques plutôt que par une force locale et momentanée.

Ici on veut renaître en 1788.

Là on épouse toute la révolution.

Ici on se taille sur le patron de l’Angleterre.

Là on fuit jusqu’à ses moindres exemples.

Maintenant établissez en contact toutes ces opinions divergentes. Joignez -y la mobilité sociale, la facilité de penser et de parler en faisant abstraction de l’ûge et de l’expérience,

l'orgueil content des uns, l’orgueil blessé des

autres , l’ambition d’un graud nombre

Et au milieu de celte mer agitée jetez, non pas comme arbitres et modérateurs, mais comme amis , comme botes, souvent comme disciples, des hommes à cpii est confié le destin de l’Etat; tels seront les conseils où s’élaboreront leurs travaux. L’assemblée nominale siégera dans les salles parlementaires; la véritable assemblée votera dans les salons.

11 importe qu’un corps politique soit écarté de ce tumulte et concentré en lui-même par une organisation qui rapproche et consolide ses membres, les retire de la foule, ou cesse de les y placer comme des hôtes passagers, * des provinciaux flattés d’être recherchés du grand monde, faciles à y séduire, complaisants à s’y laisser diriger , sans consistance enfin. 11 importe que leur état, leur considération, leur durée , les élève au-dessus de ces inlluences mobiles, que leur opinion instruise au lieu d’être instruite, régente au lieu d’être régeutée : autrement le monde est renversé ; les salons gouvernent ; leur pensée du soir devient une loi du lendemain, et c’est ainsi que l’opinion peut se dire véritablement la reine du monde.

Si donc nous habitions un pays où, soit la Assemb. 7

faiblesse de la volonté, soit la force des circonstances (mot si commode pour donner à l’homme un maître qui n’est pas Dieu et qui légitime ses fautes ) , condamnât la représentation à une forme mobile et sans dignité; alors si nous ne pouvions l’isoler, la fortifier au milieu delà capitale, et l’y placer comme dans «ne citadelle d’où elle imposerait à ces rumeurs légères , nous serions obligés de soustraire sa faiblesse à un danger qu’elle ne pourrait vaincre. Ce ne serait plus alors dans la plus grande ville du royaume tpie nous en placerions la puissance. Nous penserions que ce rapprochement, qui paraît similitude à l’oeil , est réellement contraste à l’esprit. Nous ne mettrions point ce qui doit, être indépendant là où * il y a le plus d’influence, ce qui doit être fort là où il y a le plus de résistance, ce qui doit être un là où il y a le plus de division, enfin ce qui doit être réfléchi là où il y a le plus de dissipation. Nous réformerions cette vieille erreur d’un temps où ce n’était point des députés, mais la capitale qui gouvernait; qu’il importe an poids et à l’autorité du gouvernement que son action émane du centre , comme si le centre n’était pas le gouvernement même et non une grande ville du royaume, erreur qui

Tait qu’aujourd’liui il suffit de prendre une ville pour prendre un empire ( i ) .

Celui qui énonce une telle opinion sera luimême, ou son idée, plus en proie que toutes les discussions à la critique des salons, à moins que quelques-uns ne lui préfèrent le mépris.

Eu effet, cet avis réunit plus d’une condition d’anathème : i°. 11 est étrange ; car toute proposition paraît telle quand elle sort , bonne ou mauvaise , de l’ordre d’idées qui a actuellement cours dans la société, jusqu’au temps où elle y rentre et arrive à être assez répétée pour redevenir familière : l’idée d’abattre tous les principes monarchiques eût paru fort étrange sous Louis XIY ; celle de les reconstruire paraît fort étrange de nos jours : peut-être nos neveux trouveront- ils fort étrange qu’on ait hésité sur une pareille quesliou , si toutefois cette hésita- «

(0 Par quel privilège une ville de Goo mille âmes maîtriserait-elle un empire de a5 millions d’hommes, lorsqu’en Angleterre une ville d’un million d’habitants n’exerce aucune influence sur un pays qui n’en contient que i3 millions? La première est le cinquantième et la tête; la seconde le treizième, et n’est qu’un membre. Get abus subversif de l’empire , et qu’on ne saurait trop méditer, trouveraitun grand appui dans un pays où tout serait pauvre et morcelé, dans un pays où la loi agraire, exercée pendant vingt-cinq ans , et encore en pleine vigueur , travaillerait sans relâche à affermir l’ascendant de la capitale.

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tion ne nous empêche pas d'avoir des neveux.

2 °. Elle est en révolte ouverte contre la toutepuissance de la capitale : elle sera donc jugée, et par conséquent condamnée par le tribunal qu’elle attaque. Préférer la monarchie à l’olygarchie, et un pays à une ville , est une imprudente entreprise à qui est justiciable de la dernière; mais cette balance que le juge porte à la main, le justiciable l’a dans le coeur; et peu lui importe d’être crucifié devant l’opinion, s’il est absous par sa conscience.

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