‹ Des Attributions de Police Agricole du Préfet et du MaireChapitre 13 sur 87 · PAPA · texte numérisé non relu

PAPA

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a été aboli et où les habitants se sont alors « associés pour vendre le vin de village, qui a une vieille répulalion, pur de tout mélange L'association s'est soumise à un règlement signé de presque tons les propriétaires (huit ou dix sur cent cinquante-quatre s'y sont refusés). Le conseil d'administration veille à ce que les vendanges soient faites en temps opportun et à ce qu'aucun propriétaire ne mèle à la récolte des raisins étrangers; il juge si le vin a les qualités nécessaires pour être accepté par l'association. Toute futaille sortant du magasin commun porte le cachet ou l’estampille de l’association. » Cet exemple n'est pas de nature à nous convaincre. Car ici, à l'inverse du ban de

vendanges, la liberté de chacun est respectée. L'association est volontaire etn’en font partie que ceux qui peuvent y trouver avantage. Par ailleurs le souci de conserver le bon renom d'un cru ne nous fera pas moins rejeter dans tous les eas le ban de vendanges. Peut-on en effet considérer cet usage comme un moyen d'assurer la réputation des crus? Peut-on le défendre sérieusement comme un moyen d'empêcher les viticulteurs de faire du mauvais vin? Nous ne le pensons pas, surtout quand ils y trouvent

leur profit.

L'auteur de l'exposé des motifs de la loi du 9 juillet 1889 se montre hostile à cet usage (1), 1l n’est point de l'avis des auteurs du projet du code rural de 1808: « La liberté,

(1) M. Casimir Périer dans son rapport du 13 juillet 1882 y est également hostile. Journal Officiel du 28 décembre 1882, annexes,

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disaient en effet ceux-ci, laissée à tout le monde depuis la

Révolution, de vendanger quand il lui plaît, a mis beau-

coup de eultivateurs, soit par ignorance, soit par fausse

science, dans le cas de détériorer la‘qualité de leurs vins et là perte de plusieurs années à peine les a corrigés. Cepen-

dant on sait que quelques mauvais vins mis dans le com-

merce suffisent pour perdre la réputation de tout vignoble,

la France est riche et fertile en vignes, il est donc néces-

saire de prendre une mesure qui assure que leurs pro-

duits conservent une même qualité. Ce sont surtout les :

étrangers qu’il faut convaincre, le ban est une’garantie

qui leur est donnée et il devient pour le vin ce qu’est la marque pour le produit des manufactures. »

Le ban de vendanges prétend soumettre à une loi uniforme ce qui est nécessairement variable. La maturité du raisin ne peut être réglée par section de commune. Dans le même territoire elle varie suivant la nature du sol, sa pente et son exposition, suivant la nature même de la vigne plantée ; les méthodes de taille et de culture ont aussi leur part d'influence ; le moment de récolter n'est pas le même pour les raisins blanes et les raisins rouges. Soumis, à une règle absolue, le propriétaire n'a plus le droit de trier ses raisins suivant le degré de maturité, de procéder par des récoltes successives et d'améliorer ainsi la qualité du vin.

Enfin le propriétaire est quelquefois bien aise de prévenir la pluie et les orages, comment pourrait-il le faire si

un ban de vendanges a été publié, celui-ci en effet ne

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