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trui, ne mangent l'herbe. Dans l’un et l’autre cas, il deviendra impossible d'élever des moutons que la vaine pâture nourrit, à peu près, trois mois l’année. En peu de temps, le nombre des animaux serait diminué, le prix des laine augmenté de moitié, et la terre serait privée de l’un des meilleurs engrais. La commission pense donc que la vaine pâture doit être permise sur les chemirs et autres terres incultes pour tous les bestiaux : sur les jachères et autres terres annuellement cultivées pour les vaches et les moutons seulement et vingt-quatre heures après l’enlèvement total de chaque récolte. » Plus tard, la commission d'Amiens, en insistant sur les grands avantages que donne la vaine pâture pour la multiplication des animaux de l'espèce ovine, eût aussi son influence sur le législateur. Cette commission, en effet, faisait remarquer que dans la circonseription en 1855, le nombre des bêtes à laine était de 97.580, et que sous l'influence de la vaine pâture en 1862 il s'était élevé à 126.970 ; que l’agriculture opérant sur des parcelles de terre séparées les unes des autres et enchevêtrées dans celles des voisins, la garde des animaux isolés y deviendrait impossible, car les frais en seraient énormes. C’est pourquoi la suppression de la vaine pâture ferait immédiatement disparaître les 350 troupeaux que l’arrondissement possédait, ces troupeaux se composant de 84.000 bêtes que l’on ne saurait plus comment conduire aux pacages, leur conduite isolée sur des parcelles de terre devenant la cause d’inévitables contraven-
tions. Enfin, ce qui montre bien la nécessité du maintien