Le 14 octobre
ne lui reconnaissait pas le droit de rétablir un crédit sup-
primé par la Chambre.
Mais il ajouta aussitôt: € À côté de cette doctrine, s’est établi un modus vivendi entre les deux Assemblées ; des transactions se sont faites entre les deux Chambres. Jusqu'à présent aucun conflit ne s’est prolongé, grâce à la bonne harmonie qui a existé entre les deux pou-
voirs sur ce point. C’est dans cette situation que nous
avons accepté le relèvement sur un crédit proposé primitivement par le Gouvernement, parce que, sur cette question, le débat au fond n’est pas engagé; autre chose, en effet, est de savoir si le Gouvernement, qui a apparemment le droit d'initiative en matière de finances, aux termes de la Constitution, et qui doit d’abord présenter ses propositions à la Chambre ; autre chose, dis-je, est de savoir si le Gouvernement, après avoir pris cette initiative devant la Chambre des Députés, peut accepter du Sénat un relèvement du crédit qu’il avait proposé, et autre chose est de savoir si le Sénat — je voudrais le dire avec tout le respect que j'ai pour cette Assemblée — peut avoir l’initiative d’une dépense ou d’une augmentation de dépense. Je sais que vous dites ou, moi, je pense non; mais je dis que cette question est différente de celle de savoir si Pinitiahve du Gouvernement, après s'être produite devant la Chambre des Députés, ne peut pas se maintenir devant le Sénat. »
C'était la première fois qu’une pareille distinction était
soutenue devant le Parlement.
Le Sénat, sans d’ailleurs s’y arrêter, ainsi qu’il résulte
des observations de M. Trarieux, s’empressa de voter le
rétablissement du crédit qui lui était demandé. Sur quoi,