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La mélancolie est souvent traversée de crises d’anxiété (raptus) pendant lesquelles, les malades en proie à la plus grande angoisse, gémissent, pleurent, ont des mouvements convulsifs, demandent qu’on les tue, etc. etc. Et ces crises sont parfois si fréquentes, si marquées, qu'elles donnent à la mélancolie une physionomie particulière, d’où la forme mélancolie anxieuse.
C’est surtout au cours de ces raplus que le mélancolique peut se livrer à des tentatives de suicide, à des automutilations. « Dans les moments de vive anxiété disent MM. Toulouse et Roubinovitch (1), le malade se tire les doigts, s’arrache les cheveux, s’'écratigne le front, les joues, le cou, la poitrine, déchire ses vêtements. Parfois il se produit une sorte d'explosion de fureur contre lui-même ou contre les autres. »
Nous l’avous vue une fois se produire à l’asile de Rodez, cette sorte de fureur. Sa forme en a été d'autant plus nette que dans l’intervalle de ses raplus, le malade était d’une lucidité parfaite et se moquait de ce qu’il appelait « ses illusions ». Ses crises d’anxièté éclataient subitement, l'angoisse était extrême; elle montait en peu de tempsàsonparoxysme,Survenaient enfin tout à coup des impulsions violentes, manière de convulsions, non dans leur forme, mais dans leur soudainete, leur brusquerie. Nous allons la donner, aussi bien peut-elle servir de type d’impulsion mélancolique chez un dégénéré.
(1) Toulouse et Roubinovitch, 2raité de la mélancolie,
AO