La police par Hogier-Grizon, page 22 et suivantes
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Outre les bureaux, la police municipale comprend le contrôle général sous la direction du chef de contrôle, ou contrôleur général assisté d’un commissaire de police (autrefois il y en a eu deux) d’un inspecteur principal, d’un secrétaire, d’un brigadier, de quatre sous-brigadiers, de trente-huit inspecteurs. Le contrôle général a été créé par un décret du 17 septembre 1854. C’est une sorte de synthèse des services de la préfecture de police.
La police municipale comprend encore quatre. brigades de recherches dites « dans l'intérêt des familles. » La première a la recherche des maisons clandestines de jeux. Un officier de paix est à sa tête. Ses agents ne portent pas l’uniforme. Indépendamment de ces quatre brigades, six autres brigades dites « de réserve », sous les ordres chacune d’un officier de paix, ayant des noms spéciaux :brigades des voitures, des halles, etc.
Chaque arrondissement de Paris comprend une brigade dirigée par un officier de paix dont les bureaux se trouvent situés à la mairie de chaque arrondissement Chaque brigade se divise en trois sections ABC, commandées par un brigadier. Chaque section pendant huit heures exerce sa suveillance sur la voie publique et dans l’arrondissement.
L'arrêté du 11 septembre 1886 a réorganisé le service de la sûreté de la préfecture de police. Il se com-
pose aujourd’hui d’un commissaire de police, chef de
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la sûreté, d’un commissaire de police, sous-chef de la sûreté ; de deux commis, de cinq inspecteurs principaux, de deux brigadiers, vingt sous-brigadiers et trois cents inspecteurs.
C’est le préfet de police qui nomme à ces différents emplois. La loi du 28 pluviôse an VIIT article 12, l’arrêté du 12 messidor an VIII article 35 ont donné en dehors du personnel de la préfecture d’autres auxiliaires au préfet: ce sont les commissaires de police distribués dans les vingt arrondissements municipaux au nombre de 80 plus ceux de la banlieue. Les commissaires de police sont avant tout des fonctionnaires sédentaires, des magistrats chargés surtout de la procédure judiciaire.
Quant à la dépense de la police municipale, elle est supportée environ par moitié par la ville et par l'État. L'État se chargeait par le décret du 17 décembre 1854 des deux cinquièmes de la dépense. La loi du 6 Juillet 1860 avait fixé la part de l'État à 3.847.000 francs, celle du 13 juin 1866 à 4.247.000 francs, celle du 13 Juin 1867 à la moitié des 10.414.000 francs que nécessitait la police parisienne. Puis la loi du 25 janvier 1872 a demandé à l’État 6.929.425 francs. En 1874 le budget de la préfecture de police s’est élevé à 13.858.850 francs. Il faut y ajouter le traitement du personnel de ladministration centrale : 1.853.838 fr. celui des commissaires de police 1.263.400 francs :
le service des halles et marchés 500.000 francs, le
personnel et matériel des sapeurs-pompiers 1.567.790 francs, etc. En 1875 le budget total s'élevait à 19.805-298{r.:50:
On remarquera l'augmentation constante dü budget de la police, et depuis il a fort augmenté encore, surtout après les récents attentats anarchistes. La progression est malheureusement indiscutable, Or, s’il a été nécessaire d'augmenter les crédits, c’est que la police parisienne s’est montrée chaque année insuffisante. Ceci est la preuve d’une organisation qui est peut-être entachée d’un vice, et je crois qu’il est facile de le découvrir dans son manque d’homogénéité, dans ce fait bizarre que la police n’est ni police d'État, ni police municipale, qu’elle est les deux à la fois, malheureusement pour le bon fonctionnement de ce service. Dans une capitale, comme Paris, une demi-mesure semblable n'est pas d’une irréprochable administration. Bien que j'incline vers une police d’État, et que par conséquent je désirerais voir Paris non en dehors du droit commun, je préférerais encore à l’état actuel une police purement municipale. Il ne faut pas qu'il y ait dans de tels services plusieurs responsabilités, il ne doit en être qu'une seule. Bien des conflits regrettables eussent été évités, ainsi ceux qui durèrent pendant quinze ans entre le conseil municipal et le préfet de police et qui amenèrent le gouvernement à présenter au Sénat le projet faisant de la police pari-
sienne une police d'Etat.