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donnerait des ordres aux préfets. Le ministre de l’Intérieur, qui a des attributions d'autant plus étendues qu’elles ne sont pas bien définies, pourront contrecarrer par des instructions en sens contraire les prescriptions de son collègue, et le mécanisme risquerait de ne plus fonctionner. Comme le vieillard ionien, nous croyons qu'il est bon qu'il n’y ait qu’un seul chef. Ensuite le ministre de l’Intérieur a besoin d’être au courant de tout ce qui se passe dans le pays ; il ne peut être renseigné que s’il possède absolument cet organe de surveillance. Créer un ministère de la police ce serait démembrer le ministère de l’intérieur, sans aucun profit, au grand détriment de la bonne marche du service.
Ce qui serait plutôt à récl:mer serait la réorganisation de la direction de la sûreté générale qui donne peu de résultats parce qu’elle est mal comprise. Il est certain que du jour où sera créée une police d'Etat, cette direction devra forcément être remaniée.
Actuellement, elle est à peu près inutile, c’est plutôt un rouage bureaucratique qu'autre chose. Il est, des anomalies bizarres. On sait que c’est un organe de sûreté générale, de sûreté d'Etat, de sûreté. politique. La première chose qu’elle devrait surveiller, ce devrait être la capitale, et elle ne pourrait le faire qu’en se servant des agents nombreux de la préfecture de police. Or, ce moyen n’est pas à sa disposition. Elle qui a le contrôle de toutes les polices de France, celles des
grands centres, de Lyon comme des autres, elle ne
peut rien sur la préfecture de police : c'esi un service indépendant, qui agit selon sa manière de voir, sans aucune entente préalable avec la direction de la sûreté générale, et le préfet de police n’a aucun compte à rendre, si ce n'est au ministre. Les inconvénients de cette organisalion n’ont pas toujours passé inaperçus : M. Léon Renault, préfet de police fut chargé de la direction de la sûreté générale et ainsi les deux services marchèrent d'accord. Mais on fit la chose à l’envers, le préfet de police n’aurait pas dû être chargé de la direction, mais au contraire le directeur de la sûreté générale de la préfecture de police. Sans demander la suppression de la préfecture de police, il serait à souhaiter qu’on ratiachât ce service d’une manière plus étroite au ministère de l’Intérieur.
Cette petite disgression ramène toujours après un détour à cette conclusion que ce manque d'unité produit des résultats qui ne sont pas ceux attendus et qu'une réforme s’impose. On peut dire de la police générale l’idée que Treihard émettait de la police judiciaire : « Il faut que les agents de la police judiclaire soient répandus et disséminés sur toute la surface de l’Empire ».
Si les faits délictueux augmentent, c’est que le service chargé de les réprimer n’est pas à la hauteur de sa mission; si aucune étude d'ensemble ne peut être faite, cela tient à son organisations si la surveil-
lance exercée n'empêche pas la p'ogression des cri-
Lio
AN
NE
mes et des délits, c’est quelle n’est pas sufisan'e et si elle n’est pas suffisante, malgré le nombre considérable d'agents qui y sont préposés, c’est que ces agents agissent isolément et ne prennent pas la peine de s’avertir. Il est évident qu’une autre organisation s'impose. L’antiaue proverbe des pêcheurs voquant sur l’Adriatique soulevée est toujours vrai « quand la mer est troublée, le filet doit être élargi et ses mailles resserrées ». Îci nous sommes d’accord, mais nous trouvons le filet assez grand, peut-être l’est-il même
trop, il suffit de resserrer les mailles.
Une autre cause signaler, c’est le peu d’action que les préfets exercentsur les polices locales. Leur autorité est pour aimsi dire nulle. Ils ont le titre pompeux de chef de la police générale, mais ils n’ont que le tire. Sur qui peut s'exercer leur autorité, sur les maires, sur Îles commissaires de police, sur la gendarmerie: elle est surtout nominative sur les maires. La loi a Le tort de réclamer toujours ces magistrats comme des fonctionnaires, or ils ne le sont plus que de nom, ce sont des élus peu disposés à s’incliner devant l’autorité centrale. La loi les place, en ce qui concerne la police générale, sous l’autorité du préfet. À ce point de
vue, ils acceptent volontiers de l’être : Ce qu’on appelle