Ducrocq. Cowrs de droit administratif, 6° édition
considérable contrebalance souvent en sa faveur l'autorité préfectorale,
Un danger plus grave :
Autrefois le maire était surtout un fonctionnaire, aujourd’hui il est un éju. De magistrat il est devenu homme politique, il a ses électeurs à satisfaire, à écraser ses adversaires. C’est une arme redoutable que la police st l'on veut en faire une arme qui peut être d’un grand secours et servir de puissant moyen d'influence. Agir ainsi n’est pas remplir son devoir, mais il est des maires qui ne saisissent pas le côté répréhensible de cette manière de faire ou qui pour arriver au triomphe de leur cause feignent de l'ignorer. Le maire reconnaissant envers ses électeurs ne veut point leur causer de soucis, il s’ingère dans la police, interdit de dresser des procès-verbaux, les annule si les agents se permettent de signaler les infractions à la loi, surtout lorsque ces infractions sont commises par ses amis. Cette opinion n’est pas une opinion isolée ; dans les articles parus dans le « Temps » (1) sur la police nous lisons « dans les grandes villes, les maires étouffent avec une désinvolture remarquable les contraventions relevées contre leurs amis, ils sont appréciateurs de la sanction, ce qui ne se produirait pas si les commissaires de police et leurs agents étaient indépendants
et ne relevaient point d’eux ». Nous ne ferons qu’un