La police à Paris par un rédacteur du Temps
Strauss 11
reproche à l'auteur de cet article c’est de n’émettre ceite opinion que pour les maires des grandes villes. Mais ceci se fait encore davantage dans les petites villes et dans les campagnes où les passions sont très vives. Que c2 soit le garde-champêtre ou le commissaire de police ils sont tous sous la dépendance du maire qui abuse de son autorité. Dès lors qu’on oublie que la police doit être impartiale, il n’est plus de police et ce qui en reste tombe en un juste discrédit.
Ainsi, dans beaucoup de villes, la police n'existe qu’à l'égard des adversaires de la municipalité, eux seuls se sentent SOUS sa surveillance ; au contraire les partisans du maire sont assurés de l’impunité.
Parfois le maire est plus conciliant, a l'esprit meilleur, et veut satisfaire tout le monde. M. Larnaude, dans l'étude consacrée à la police dans son cours de doctorat de 1893-1896 à la Faculté de Paris contait la jolie anecdote suivante. « Il y avait lutte entre deux maires d'un chef-lieu de département du midi. L’un de ces maires dont le mandat venait d’expirer, au moment de se représenter devant ses électeurs, pour les séduire, mit dans sa profession de foi, ceci est à peine croyable, qu'il était celui des maires de cette ville qui avait fait dresser le moins de procès-verbaux et surtout qu'il en avait moins fait faire que son concurrent ». Ainsi on fait les élections, mais on ne fait pas une bonne police.
Il n’est pas besoin d’insister davantage pour faire
ressortir les inconvénients de cette subordination de la police aux maires. La grande erreur est de penser que ce service est un service municipal. La police n’a rien de local, puisque nous constatons que toutes les défectuosités signalées proviennent de son manque d'unité; s’il est un service qui doit être centralisé c’est bien celuilà, 1l doit former un tout uniforme pour le territoire
entier.