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La police à Paris par un rédacteur du « Temps

d'Etat. Pour lui c’est une nécessité et les efforts des législateurs doivent tendre à la créer pendant qu'il en est temps encore.

Certes, l’idée est excellente, mais ce ne serait là qu’un palliatif qui ne remplacerait pas la police d'Etat, qui n’empêcherait pas les maires d’abuser de leur autorité, qui ne donnerait pas cette cohésion à ce service que nous réclamons (1).

C’est un point inéluctable sur lequel on peut discuter mais qui n’en est pas moins vrai. Nous disions que M. Joseph Reinach terminait une étude sur le budget du ministère de lIntérieur en disant que « la police sera police d'Etat ou ne sera plus. » Il eût été plus logique de dire que la police sera lorsqu’elle sera police d'État, actuellement elle n’est pas. Si elle existe elle n’est pas ce qu'il serait désirable qu’elle fût, puisqu'elle se trouve soumise à des influences qui devraient lui

être totalement étrangères. Les efforts sont à diriger

1. M. Laurent, secrétaire général de la Prefecture de Police, estime lui aussi fâcheux l’état de notre police. IL déplore d'autant plus cette situation qu’il lui parait plus difficile de pouvoir revenir en arrière et de reprendre aux maires ce qui leur a été imprudemment donns. Et cependant, il est indispensable au gouvernement d’être renseigné. Parmi toute une série de réformes qu’il préconise, il lui paratrait souhaitable et il désirerait la création de brigades mobiles que le ministre de l’intérieur pourrait envoyer partout où il le jugerait convenable, qui suppléeraient ainsi au

manque d’une police d'Etat.

a pire

vers ce but, en faire un grand service aussi impartial que celui de la justice, aussi utile, aussi respecté, aussi admis.

Cest une idée fausse de croire que la police municipale est populaire, qu’elle inspire plus de considération que la police d'Etat, que le citoyen est plus enclin à l’obéir parce qu’elle est dirigée par un homme qui a obtenu sa confiance, en quelque sorte par son mandataire. Ceci n’a jamais été, jamais la police municipale n’a obtenu cette influenre qui a été l'apanage de la police d'Etat. Les maires, personnages politiques, n’ont jamais su conserver à leur police le prestige nécessaire. Eux-mêmes ont été les premiers à le déconsidérer en s’opposant à son service, en édictant un règlement et.en étant les premiers à ne pas lobserver. Le peu d'autorité que conserve la police, elle le doit à ce que ces chefs, les commissaires, sont une émanation du pouvoir central et que le gros du public croit à leur indépendance en face de la municipalité. C’est presque une utopie de penser qu’une police municipale puisse valoir, avec nos institutions, autant qu'une police d’Eiat. Il est déplorable qu’elle soit surtout aujourd’hui, où les divisions, où les coteries existent dans la plus petite de nos bourgades. La dignité de cette institution est en jeu.

Si, comme le ditce grand philosophe Taine(1), elle est

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