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tage avec cette intéressante classe d'êtres. La constante sympathie que je rencontrai de sa part dut me rendre plus facile, je ne dis pas seulement Taccomplissement des devoirs d'enseignement qui m'étaient confiés I mais cette sorte de tâche morale que je m'étais imposée. Grâce à Dieu , dans une carrière que des circonstances de divers genres ont semée d'assez de difficultés , cette compensation puissante ne m'a jamais manqué, et longtemps, froissé de plus d'une manière , je n'ai jamais vu du moins s'altérer chez ceux à qui je consacrais mes soins le sentiment profond de la sincère bienveillance , de l'attachement vrai dont ils me savaient pénétré pour leur situation. Il m'est doux d'avoir à leur rendre ici ce témoignage.
Le travail que je publie aujourd'hui est le fruit de cette longue et patiente élaboration ; trente années de ma vie ont été, sinon exclusivement, du moins en grande partie, consacrées à en réunir les matériaux. Quelques mots suffisent, après tout ce qui précède, pour en préciser nettement le but: faire bien connaître cette condition anormale de l'aveugle ; prouver son droit à devenir un objet de bienfaisance sociale quand se joint à son infirmité , comme il arrive si fréquemment, Tindigence: montrer enfin comment le fardeau qui se trouve imposé de la sorte à la communauté peut \eAre presque entièrement annulé par un système d'éducation spé-
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ciale et d'établissemeus bien entendus, voilà ce que je me suis proposé dans cet écrit ; le problème consistait à trouver les moyens de replacer dans la vie commune, de rendre utiles à eux-mêmes et aux autres, et ainsi plus heureux, des infirmes longtemps voués à une existence misérable et dégradée , des êtres qui, suivant l'énergique expression de Thomme célèbre dont je ne suis ici que Thumble émule, mou^ raient à la société (i) au moment où ils recevaient l'existence dans son sein ; il me semble que j'en ai indiqué la solution.
En précisant le but de mon travail, j'en ai presque tracé le plan ; le lecteur en saisira facilement la distribution générale. Dans la première partie, je m'attache à réunir tout ce qu'offre de remarquable l'état physique 9 moral et intellectuel des individus privés de la vue dans les premières années de l'existence (2); la seconde comprend l'exposé du système d'éducation au moyen duquel ils peuvent être rendus aptes à reprendre leur rang de membres actifs de la société, et finalement à améliorer leur
(1) Valentin Hauy, Essai sur t éducation des aveugles ^ in • 4*, avantpropos.
(2) On comprendra sans peine que les indifidus derenns aveugles postérieurement à répoque où l'on a pu jouir pleinement de la lumière, où l'on s'en est approprié d'une manière ineffaçable les impressions, ne sauraient donner lieu à aucune considération de cet ordre ; ils sont affligés d'une infirmité qui les rend plus dignes d'intérêt que les autres classes d'infirmes ; ils ont plus de titres peut-être à recevoir de la société un appui spécial, mais la philosophie et la physiologie n*ont pas à s'en occuper.
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condition I jusqu'à présent si imparfaite et si précaire; car P'^t là le point où tout doit aboutir ; la troisième partie traite des établissenlens spéciaux ouverts à l'enfauce, à Vâge adulte ^ à la vieillesse des aveugles. Cette^ marche était indiqtiée par la logique ; \e^ vues d'utilité pratique tendant à faire, pour ainsi dire , un nouveau sqrt aux personnes atteintes de cécité, supposent la connaissance préalablement ac^ qffiae des conditions d' existence qui lui sont propres. U convei^^it évidemment d'étudier en lui-même cet état d'infirmité avant d'en venir aux modifications que le génie de la bienfaisance lui fait subir; il fallait enfin montrer d'abord ce qu'est Vat^eugle de la nature^ pour mieux faire comprendre ensuite ce qu'eat i^ai^eugle de la civilisation.
Ce livra a donc à k fois un but scientifique et un but philanthropique intimement liés; je considère ea mémç temps le sujet comme matière d'intérêt spéculatif et d'intérêt d'humanité, c'est-à-dire que je vois là quelque savoir à acquérir et beaucoup de bien à faire. En ce qui concerne le premier objet, il faut bien comprendre que je ne me propose nullement de présenter ici à propos des aveugles un traité de philosophie} je ti'ai pas cette prétention, et je lue bornerai à toucher en passant certaines questions saiis cei^se débattues entre les écoles, et que l'investigation à laquelle je me suis livré me paraît éclairer d^un jour nouveai^. On n$ ^it dqnç chercher dans
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ces pages que quelques observations dignes, je crois, d'intéresser le lectetik*^ et ptt)pres pèut-êtr*e à avancer celte saine métaphysique que la mât*dhe progressive des lumières moderne^ rattache ch&(|iie jôtir daTân^' tage à la connaissatice physiologique de Thôtiinie. Ma pensée fie va pas au-delà. Je dois Mte retnafquer, touchant ces observations, qu6 quelque^* uties avaient déjà été rendues publiques âVant de passer dans ce volume ; je lë6 toiisignài d'àbofd dans un recueil périodique très fépâhdu (i) i itldde de publication qui avait l'avantage précieux d'attirer l'attention des gens du ttiôitide sUr Une classe d'étfès peu connue, mal appréciée, et qui appelle sous tant de rapports les regards et les générosités du siècle. Ces ilotes rapides sur Tétat physique, moral et intellectuel des aveugles-nés, n'ont rencontré que quelques contradictions partielles que je discute dans le cours de cet ouvrage; des hommes distingués par d'intéressans travaux philosophiques ou physiologiques m'ont au contraire donné leur adhésion; enfin mes convictions ont été fortifiées par le témoignage le plus important sur lequel elles pussent s*appuyer : celui de personnes placées dans cette condition même que j'es*» sâyàis de faire connattte. Je citerai entre autres sufirages, celui de M. Rodenbach(a), homme si distingué,
(!) Revue de Paris, 1831.
(2) Alexandire Rodenbacbi ùé à koulers (Flandre Occidentale), enl7S6, perdit ia Toe à Vâge de onze àiis. il entra àU Musée des Aveuglés dirigé par Haùy,