XXIV INTRODUCTION
auteur lui-même d'écrits intéressans sur les aveugles et les sourds-muets, et que sa situation n'a pas empêché de s'élever jusqu'au rang de membre de la chambre des représentans de Belgique; je citerai encore celui d'une dame française, également aveugle , et non moins distinguée par les connaissances dont son esprit est orné que par ces qualités du cœur , ce tact fin et délicat qui font le charme de son sexe (i). Appuyé sur de tels suffrages, je ne puis que reproduire ici ces mêmes observations
et en devint bientôt un des élèves les plus distingués. Rentré dans le sein de sa famille, il se livra à des études approfondies sur les diverses questions d'intérêt public, et, plus tard, en fit Tobjet de pluâeurs publications qui attirèrent sur lui l'attention de ses concitoyens ; une vive opposition se formait contre les tendances imprimées au pays par la maison de Nassau depuis sa restauration en 1814 ; M. Rodenbach entra dans les rangs de la presse périodique pour prêter appui à cette opposition, et il devint un des promoteurs les plus actife de la révolution d'où naquit la nationalité belge ; nommé en 1830 membre du congrès, il n'a pas cessé depuis de faire partie de la chambre des représentans , où il a marqué dans diverses circonstances, par la justesse de se& vues aussi bien que par une élocution vive et facile, M. Rodenbach a été nommé bourguemestre de la commune qu'il habite, près de Roulers, Il est membre de plusieurs académies, chevalier de l'ordre de Saint-Léopold, décoré de la Croix de fer, etc.
(1) On me permettra de citer des fragmens de deux lettres reçues , au sujet de cette publication, des deux personnes distinguées que je viens de nommer. Je n'étais personnellement connu ni de l'une ni de l'autre ; il y a là par conséquent une puissante garantie de la vérité de mes observations. C'est ce qui excusera auprès du lecteur la reproduction de ces témoignages si flatteurs.
M. Alexandre Rodenbach m'écrivait de Bruxelles en novembre 1831 : « Monsieur, je viens de lire dans le septième volume de la Revue de Paris vos considérations sur l'état physique, moral et intellectuel de mes confrères d'infortune; elles renferment des observations extrêmement judicieuses sur cette classe d'êtres que la nature et la société semblent vouer à la misère. J'ai
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avec les additions et les développetnens que m'a suggérés un plus mûr examen , et que comporte l'étendue de ce nouvel écrit.
Dans sa forme nouvelle, mon travail a successivement obtenu deux témoignages d'approbation que je suis heureux de pouvoir rappeler ici : la Société de la morale chrétienne a jugé, en i836, qu'il méritait de partager le prix offert par l'estimable M. Roques (i), aveugle-né lui-même, au meilleur ouvrage sur V amélioration du sort des aveugles inr digens en France , pensée généreuse , à laquelle
parcoura vos remarques avec le plus vif intérêt ; elles m'ont inspiré le plus profond sentiment d'estime, etc. »
Mademoiselle Girod de l'Ain, sœur de l'ancien président de nos assemblées législatives et du conseil d'État, m'écrivait en septembre 1834 : « Je ne suis point connue de vous, monsieur, et ma demande va peut-être vous surprendre. En lisant dernièrement quelques anciennes Revues de Paris^ j*y ai trouvé plusieurs articles signés de vous et qui m'ont paru ce qu'on a écrit de mieux sur une situation que je ne suis que trop en état d'apprécier puisqu'elle est la mienne ; frappée de la vérité de vos observations ainsi que de la justesse de vos vues, j'ai éprouvé le désir de vous entretenir sur un sujet si intéressant pour moi, si mal, si imparfaitement saisi jusqu'à présent, et que vous semblez avoir si bien compris, etc. »
M. Kodenbach pense aussi que ce sujet a été mal apprécié jusqu'ici ; il disait dans sa Lettre sur les aveugles, etc, (Bruxelles, 1828, in-18) : « La plupart des écrits qui ont été publiés sur les aveugles sont remplis d'exagération et d'erreurs. •» Son suffrage est d'autant plus important pour moi.
(1) Né à Montauban et devenu aveugle dès son bas-âge. Roques parvint presque sans maîtres à acquérir quelque instruction. Il apprit à lire au moyen de lettres piquées avec une épingle. Admis au Musée des aveugles fondé par Valentin Haîiy, il y fit des progrès rapides. Roques est auteur de poésies où se rencontrent parfois de la grâce et de la facilité. Il est mort en 1837.
Jkm INTBOBCGTION.
voulurent bien s'âfisdder^ pat* le ddn d'tine médaille d'or^ d'augunteB pHncesse^ dont \k bienfaisante solli» citude s'étendait à tousleëgenfeiFd'infdnuneë(i); ëh î^^^i rAéâdéniië f^tîçàise, âUî* ùh t'âppdi't de son illudti*è 6eerêtâiW pefpétUël , M. Villemâin ^ qu'Oh a pu lîi«è en tête dé ée^ ëôn^ldêratioli^ , Itii a dé^ cérïié le prit ^ttCi ëhaquè année , pbiir dépendre au VeéU d'un gétiéfeù^ fondateur elle aâcordé au« pro*
dtteiiëhë les pluâ utiles à là ttioi*ale.
J'ai fâché d'évltéf autant que pô^iblë^ ûàm la pai'tie relative AMt Uiéthode» d'instmetibn, àu% ttk-
vaux manuels, aux établissemens spéciaux, de tomber dans de prolixes et minutieuses explications sur des objets aujourd'hui sans utilité ; ear j'avais sur»
tdut à tœùt de fâit^e un liwe susceptible d'offrir
quelqui» intérêt^ non pas seulement à ceux que con-
eerué dkfeetëméht ou indlfectement la questidu,
mais à toutes les classes de lecteurs ; j'ai désiré ayant tdut d'être lu> et j'ai eru être ainsi plus utile à ceux pour lesquels j^écris. En effet, c'est surtout d'éveiller puissamment en leur faveur la soUieitUde publique
qu'il S'agit aujourd'hui ; t'est à relever leur eondi-
tioiii k montrer ce qu'ils sont et ce qu'ils peuvent être si une veloniè intelligente préside à leur destî-»
née> à combattre un préjugé funeste^ malheureuëe-
ment trop accrédité dans je monde , et qui ne voit ,
(l) La reîiie Marie-Amélie et Madame Adélâïdei sœisr dii roi Louis- Pbilippe.
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pour ainsi dire^ en eux que da» m^idiâtis obligée , que doit particulièrement s'attacher toute personne qui écrit à présent sur les aveuglesi et toilà aussi ce que je me suis proposé de faire^
Que si poultant^ malgré la réserve que je me suis imposée potir ne pas offrir ati lecteur un froid traité d'édtioatiop spéciale, certaines personnes trt)U^ vaient encore quelques détails surabotidatis ^ je lei prie de songer quel intérêt aura peut-être de qu'elleê d^dgdent potir telle jeuiie t&ère qui ^ ne pouvant se séparer du pauvre enfant aveugle auquel la ha^ ture rattache d'autant plus que sou amour liii edt plus nécessaire, y trouvera d^utiles enseignemettsi pour &i^e naître les premières lueurs de son enteu^ dément et pour développer en lui une activité vi* taie privée de son stimulant principal*
Je croirais^ dans le fait , dvoir manqué mon but, si ce travail n'était devenu une torte de MuKMi cbtr^ plet pour les familles qui ne peuvent consentir à se sépara de l'enfant aveugle dont la providmice les a affligées y et pour les maîtres qui oYit à diriger soh éducation. J^ai eu surtout un tel résultat en vue^ dans les adjonctions importantes que présente cette se*' cônde édition. Divers objets y Sont éclairés par des développemens^ par des potes, p^r des appendices, par des planches qui rendront , je l'espère , accessibles à toutes les intelligences les procédés véritablemwt utiles. Enfin une table rai^onuée d^ cba-