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- 15.53 décéd.
- 18,36 décéd.
- 18,86 décéd.
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tableau pourrait donner lieu à bon nombre de remarques. Bomonsà celles qui se rapportent directemoit à Tobiet ea question. Ou voit
i DES AVEUGLES.
constater que c'est surtout quand la privation de la vue provient d'une amaurose , c'est-à-dire quand il y a paralysie plus ou moins complète du nerf optique , ou bien affection dans la portion du cerveau d'où le nerf optique tire son origine ; c'est alors, dis-je, que se manifeste surtout cette inaptitude aux fonctions locomotrices : il y a en général plus de vivacité parmi ceux chez qui l'appareil visuel a été altéré ou détruit par la petite-vérole ou par toute autre maladie sans que l'appareil cérébral ou le nerf optique ait été affecté (1). Ceux-là, qui reçoivent néanmoins une sorte d'impression de la lumière, qui la sentent encore, comme il sera montré ciaprès, sont aussi plus rapprochés de nous sous le rapport de l'activité vitale ; ils sont moins enclins à cet état de calme, d'engourdissement que je viens de décrire ; ne pourrait-on en déduire que le fluide lumineux , en accumulant sans cesse sur nous ses rayons convergens, devient, par son action €&recte sur le nerf optique, indirecte sur tout le système nerveux , une sorte de stimulant qui éveille , excite l'organisme tout entier, et provoque en lui le mouvement i II me semble que d'une part cette sorte de tendance de l'aveugle-né à l'im-
ces classifications encore assez confuses, parce que la cause particulière^ c'est* à-dire la maladie qni a affecté l'organe ou le nerf optique ( variole, inflammation puriforme,scrofule,etc.) n'a pas été suffisamment distinguée de l^ origine ^ je me bornerai à établir ici la proportion des aveugles amaurotiques : en 1842^ il résulta de Texamen attentif de 104 élèves de l'institution de Paris, fait en ma présence par le docteur Alibert , habile médecin de Tinstitulion, que la cécité de 23 élèves devait être sans hésitation rapportée à Tamaurose. Le même examen reproduit en 1845 sur 144 élèves, porta à 33 les aveugles de ceUe catégorie. C'est, comme on voit, à peu près la même proportion, c'est-à-dire près du quart. A ces nombres, il faudrait sans doute ajouter quelques individus aveugles par une autre cause, mais chez lesquels s'était également manifestée une amaurose incomplète.
(1) Les personnes qui pratiquent la médecine oculaire ont fait une obso.r* vation qui vient à l'appui de celles dont les stveugles-nés sont ici l'objf t : il n'est pas rare de voir Vamaurolique , au moment où il perd tout à fait la vue, saisi d'une sorte de torpeur et d'inactivité dans tous les membres, qui peut faire redouter la paralysie.
mobilité, moins marquée chez celui qui peut avoir le sentiment de la lumière , de l'autre l'extrême vivacité, la continuité d'action que présente le sourd-muet , donnent quelque fondement à une observation qui mérite de fixer l'attention des physiologistes.
Peut-être trouverait-on là aussi, en partie, l'explication d'une différence fort remarquable entre les limites de la carrière respectivement départie à ces deux classes d'êtres ; il y a de fréquentes preuves de longévité parmi les aveugles ; en général, au contraire, les sourds<muets meurent à un âge peu avancé (1) , les impressions sont également vives chez
(4) Cette assertion produite par quelques écrivains a été, dans ces derniers temps, confirmée par des recherches curieuses que M. le docteur Lachmann, directeur de l'institution des aveugles de Brunswick , a consignées dans un écrit publié en 1843 sous ce titre : U6er die Nothweniichkeit einer] Zweck" màssichen Einrichtung undFerwaltung von BlindeH'rTnterrichtS'ErziehungS' Instituten^ etc,, écrit fort digne d'attention, auquel je ferai plus d'un emprunt. L'auteur a recueilli avec une scrupuleuse exactitude les renseignemens statistiques, pour les douze années 1830 à 1842, sur les aveugles et les sourdsmuets du Duché, et voici les résultais auxquels il est arrivé sous le rapport de la mortalité , en comparant ces deux classes d'êtres soit entre elles , soit a?ec les personnes jouissant de tous leurs%ens.
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- 15.53 décéd.
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- 18,86 décéd.
Ce tableau pourrait donner lieu à bon nombre de remarques. BornonsnoQs à celles qui se rapportent directement à l'objet en question. Ou voit
les uns et chez les autres ; mais elles sont concentrées et peu manifestées à l'extérieur chez les premiers , tandis qu elles s'expriment chez les seconds par la multiplicité impétueuse des mouvemens du corps. Ne semblerait-il pas , dans cette hypothèse, que la vie ne serait en quelque sorte qu'une somme àH action , de jeu d organisme que les aveugles consomment avec mesure , tandis que les sourds-muets la prodiguent et l'usent vitel
Quoi qu'il en soit , on comprendra sans peine l'influence que doit exercer sur le tempérament des aveugles leur état habituel de calme et d'inaction ; la sanguification ne s^opëre chez eux que d'une manière imparfaite ; les parties aqueuses prédominent dans le fluide précieux ; de là un défaut de nutrition des différens tissus , et ainsi se trouve £Eivorisé chez ces enfans le développement des maladies scroftileuses dont le principe a été souvent T origine de Ipuf infirmité. Peaucoup, en eflet, sont atteints de cette affection à l'époque de la puberté. Ceux mêmes chez lesquels les accidens ne se manifestent pas en portent souvent tous les caraetères : ils ont en général le teint blême et plombé ; ils ressemblent à ces êtres du règne végétal qui vivent à l'ombre , loin des cqurans atmosphériques , et dont Je feuillage pâle, les tiges étiolées , languissantes, décèlent assez l'état morbide.
qu^à partir 4e 61, le nombre des individus décédés est Représenté en somme, pour les aveugles , par les chififres 38,59 sur 100 , et pour les sourds -muets par 11,89 ! Neuf aveugles environ sont décédés entre 81 et 90 ans» tandis que la même catégorie ne présente qu'un sourd-muet. Epfin on trou^ dans la dernière près de deux individus , tandis qu'il n'est pas un sourd-miiet qui ait atteint la limite de cette période extrême de la longévité. On remarque , au reste, que le^ aveugles ont même ici l'avantage sur les personnes jouissant de tous leurs sens. Quand ils sont arrivés à un certain âge, quand ils ont pu traverser certaines époques, particulièrement celles où les affections pulmonaires exercent le plus puissamment leur funeste influence et dérerminent une plus grande mortalité, les chances de prolongation de Texistence sont pour eux plus fortes ; observation intéressante et qui vient, comme on le verra, à l'appui de quelques autres qui se produiront dans le cours dé cet écrit.
Je crois qu'à peu d'exceptions près on peut, dans la classification des tempéramens , attribuer aux aveugles-nés celui que ITiygîène désigne sous l'appellation de lymphatique ; il est infiniment rare, par exemple, de voir se développer en eux les aifections ordinaires aux sanguins bilieux (1).
C'est sdon toute apparence à la même cause qu'il faut en grande partie rapporter l'origine d'une sorte d'abattement moral auquel les aveugles sont sujets, et qui exerce sur leur santé une action prompte et funeste. L'aveugle-në Blacklock &it connaître (2) les symptômes sous lesquels s'annonce cette maladie , et j'ai eu depuis occasion de vérifier ses observations. Les jambes deviennent faibles et tremblantes , le sujet a peu d'appétit, son sommeil est troublé ; il montre de l'éloignement pour ses travaux habituels , il garde un morne silence ; enfin , sans paraître se rendre compte de ce qu'il éprouve , il est en proie à un véritable tœdlum -vitœ dont il meurt quelquefois ; mais un fait digne de remarque , c'est que cette mort est toujours amenée par le cours naturel du mal, et jamais, comme il arrive si souvent parmi nous en pareil cas, elle n'est hâtée par la fatale démence de celui qui en est atteint. Ces êtres dont la vie nous paraît devoir être si misérable ne se Votent jamais. Je ne connais pas un seul exemple de suicide parmi les aveugles (3).
Indépendamment des règles bien connues pour combattre le tempérament que je viens d'exposer, règles dont on ne
(1) De rcxamen attentif des élèves de TiDstitution aux époques indiquées dans la note ci-dessus, il est résulté qu'un peu plus des quatre cinquièmes des suJ«U opt dû être classés , sous le rapport du tempérament, dans la catégorie des lympliatioues et lymphatico-sanguins.
(2) Encyciopeed'ta Britannica, art. Blih o.
(S) M. Knîe eite nn seul Isiit de ce genre, se rapportant à une jeune fille qui mit fin à 9^ jours en se pendant, p^rce qu'on avait interrompu violemment son commerce criminel avec un clairvoyant, ( NqU de la traduction de là première édition^ p. 24.)
s DES AVEUGLES.
s'est pas toujours assez inquiété en établissant des institutions d'aveugles, il y aurait un autre moyen d'atténuer ces prédispositions et leurs funestes conséquences sur la santé : il consisterait à dresser ces jeunes infirmes, dès Tenfance, à certains exercices réguliers qui pourraient suppléer ceux auxquels ils ne sont pas incités par la nature. Il est singulier qu'on n* ait pas songé plus tôt qu'une gymnastique spéciale pour les aveugles, devra exercer sur leur constitution l'influence la plusheureusej et avoir pour résultat d'accroître leurs forces physiques , qui sont relativement moindres que celles des voyans, comme j'ai souvent eu occasion de le remarquer, et cela sans doute parce qu'elles ne sont pas aussi souvent mises en jeu et développées par un exercice sagement gradué.
Je dois faire remarquer au surplus que souvent même par suite de cette disposition à l'inactivité qui est conditionnelle chez l'aveugle-né, et que fortifient encore la plupart du temps, ainsi que je le montrerai plus loin, les soins inintelligens prodigués à son enfance, on rencontre une forte résistance de sa part dans toute tentative pour le rendre à cette agitation qui est en général le propre de l'enfance; son immobilité indolente lui est chère; volontiers il se contentera de rester longuement à la même place, balançant disgracieusement la tête ou le corps, l'oreille attentive à tous les bruits qui se font autour de lui ; ce n'est que lorsqu'il y sera contraint qu'il échangera cette position pour quelques tours de promenade méthodiquement accomplis à la manière des personnes dont les ans commencent à appesantir la marche. Mais l'instituteur habile combattra , par tous les moyens, cette propension fâcheuse qui avec le temps tourne en habitude invétérée et exerce une si funeste influence sur la santé.
n y a lieu de croire que les jeunes aveugles, rendus à cette vie d'action et de mouvement qui leur manque, deviendraient moins sensibles à l'action du froid, qui doit, si je ne me
CONSTITUTION PHYSIQUB. 9
trompe, leur être infiniment funeste. En efiet, je vois les affections de poitrine assez communes parmi ces enfans, et elles sont souvent mortelles; la constitution scrofuleuse y prédispose à la vérité; mais dans Tétat d'inactivité et de langueur qui leur est si habituel, comment ne seraient-ils pas plus facilement saisis par ces vives impressions de l'air, par ces brusques changemens de température auxquels nous opposons des exercices violens ou simplement une marche précipitée? Des expériences faites dans ces dernières années, qui ont constaté le développement progressif de la pulmonie chez des animaux tenus quelque temps exposés à de froides températures dans un espace restreint, me semblent rendre cette conjecture très probable.
On obtiendrait enfin de ces exercices un autre avantage fort précieux : en général, les aveugles se tiennent mal dès Tenfance, et il en est peu qui ne contractent en grandissant quelque habitude vicieuse du corps ; ils se courbent ou se déjettent, et souvent deviennent entièrement contrefaits. Ceci s'explique facilement : c'est pour les yeux qu'on garde la station droite ; c'est parce qu'on voit et parce qu'on est vu qu'on s'étudie aux attitudes convenables. Or, pour ces enfans qui ne voient pas et ne comprennent jamais fort bien comment on peut les voir, qu'importe telle ou telle direction donnée aux membres, telle ou telle station du corps? Ils sont à cet égard d'une complète indifférence; j'en ai vu quelquefois s'appliquer à tourner leurs pieds en dedans avec tout le soin que nous mettons à les porter en dehors; ils tiennent les coudes et les genoux plies, le corps indifféremment penché à gauche ou à droite ; il en est qui ont déclaré ne se soucier nullement de devenir bossus.
n est plus facile qu'on ne croit de combattre ces dispositions vicieuses, d'habituer plus généralement ces enfans à se bien tenir, à marcher droit et ferme, à se présenter avec
assurance. Oe qui le prouve, c'est que les jeunes aveugles appartenant à des familles aisées, et élevés sous Toeil de parens attentifs^ contractent en général ces bonnes habitudes, et prennent sous ce rapport une tenue confonne à celle deQ elairvoyans de bon ton. Dans les'maisons d'éducation ouvertes aux aveugles, de simples marches militaires au son d^ifi instrument quelconque, les conversions variées des rnanœuvres régimentaires, rendraient plus général un résultat dont on comprendra toute Timportance si Ton réfléchît de quel avantage est souvent dans notre société frivole et superficielle un abord aisé et gracieux. Qui oserait dire que l'avenir n'a pas quelquefois dépendu pour nous de ces circonstances, si minces aux yeux de la raison ! Je suis convaincu que bien souvent le salut gauche et raide d'un aveugle, a pu fortifier dans l'esprit de tel protecteur, le préjugé qu'il n'y a rien à feire d'une personne ainsi disgraciée de la nature.
H ne faudrait pas que ce qu'il y a d'étrange et de nouveau dans ces vues les fît repousser légèrement. On s'étonnera sans doute dans bien des familles , d'entendre proposer des exercices auxquels s'attache toujours l'idée d'une périlleuse dextérité, pour des êtres qui ne marchent la plupart du temps qu'avec un guide ; mais la réflexion fera voir qu'il n'y a rien là qui ne soit très praticable, et qu'une série de mouvemens et de jeux adaptés avec sagacité à cette condition spéciale, fera en quelque sorte de l'aveugle - né un nouvel homme. Ces idées avaient été dès longtemps entrevues en Allemagne au surplus ; l'hahile directeur de l'institution de Vienne, qui insiste aussi sans cesse sur la nécessité de provoquer chez les enfans aveugles l'activité corporelle, recommande à cet efiet une sorte de manœuvre militaire comme pouvant avoir les plus grands avantages. Ce n'est qu'ainsi, dit M. Klein (1);
(1) Lehrbuch xum Unterrieht der Blindent etc. Vienne, 1819, in-S**, p. 855.
qu'ils peuvent contracter des attitudes et un maintien qu'un simple penchant à l'imitation donne aux enians qui jouissent de la vue.
Plus tard, M. Dolezalek , directeur de l'établissement de Pestb en Hongrie, marchant sur les traces de M. Klein, et donnant un complément à ses idées, organisa définitivement dans son institution, l'enseignement de la gymnastique; il raconte lui-même dans un écrit digne d'attention (1), qu'ayant eu en 1884 la pensée d^appliquer cet enseignement à l'état de cécité, il s'adressa à un professeur de cet art, qui regarda l'entreprise comme inexécutable et se montra peu disposé à s'y prêter. Alors M. Dolezalek, avec cette persévérance qui est indispensable pour réussir dans le bien, fit exécuter lui-même quelques exercices par les jeunes ^ians de son école. Le succès Alt suffisant pour démontrer qu'il ne poursuivait pas une chimère. En 1837 cet enseignement fut définitivement constitué d'après un plan méthodique, exposé dans des tableaux annexés à Vouvrage dont je viens de parier, A l'institut de Pesth, et à son intelligent directeur, paraît donc appartenir l'initiative de cette importante amélioration dans l'éducation des aveugles. L'institution de Paris n^apas tardé à marcher dans la même voie, dès 1842, j'autorisai le zélé directeur d'un gymnase (2) à faire quelques essais sur de jeunes élèves ; les mouvemens élémentaires eurent peureux beaucoup d'attraits , et la régularité avec laquelle ils furent hipntôt wsçQpiplis me ôpnna Ift cert4tu4e %W ^on attente ne serait pas trompée. Les exercices se développèrent dans les années subséquentes, et certains élèves y firent preuve d'une agilité et d une hardiesse véritablement surprenantes; un jour
^1) Ansîchten ûber die Erùehung^ ausbildung itnd Versorgung der BUnden. Pesth, 1841, m-8% p. 42 etsuiv.
(2) M. Laisné.
le maître avait emmené dans son établissement le plus habile de ses disciples de l'institution; c était une petite solennité qui avait réuni de nombreux amateurs; les exercices commencent , et Ton y suit avec intérêt un jeune homme revêtu de Tuniforme des collégiens, accomplissant les plus difficiles avec une remarquable dextérité ; mais lorsque, les jeux finis, on reconnaît en lui une personne dont les yeux sont clos à la lumière , il est salué par des cris d'enthousiasme mêlés d'attendrissement, et il est tel des spectateurs qui peut à peine croire à la réalité de ce dont il vient d'être témoin !
Toutefois ce ne sont pas généralement de semblables tours de force qu'il faut rechercher. La gymnastique n'a point sans doute de danger spécial pour les aveugles; on n'a pas, comme pourrait le craindre au premier abord une tendre mère, à redouter les accidens que semblent comporter ces exercices pour de jeunes infirmes; ce que les aveugles peuvent faire ils le font avec confiance et certitude, parce que la prudence est en général la fidèle compagne de la cécité. D'ailleurs, l'œil du maître doit toujours être là pour surveiller le pied ou la main de celui qui ne voit pas. Ajoutons que pour lui il n'y a pas lieu au vertige, qui est la cause de bien des chûtes ( 1 ) , mais il importe néanmoins dans l'application de cet art à l'éducation des aveugles , d'écarter les exercices violens, susceptibles d'épuiser des constitutions naturellement débiles. Il faut que
(4) Il est toutefois digne de remarque que la tête tourne comme à nous aux aveugles qui effectuent un mouvement .circulaire sur eux-mêmes ou en rond ; d'où Ton peut inférer que ce n'est pas seulement, comme on Ta cru, l'aspect des objets extérieurs tournant avec rapidité autour de nous qui amène cet étourdissement, mais qu'il y a là le résultat d'une action directe sur la circulation. Je trouve la confirmation de cette observation dans Técrit du respectable docteur Zeune, directeur de l'institution de Berlin, et aujourd'hui sans doute le doyen des hommes qui ont voué leur vie à l'enfance des aveugles. {Belisdr^ oder ûber Blinde und Biinden JnstaUen^ in*18, 5® édlt.» 1838, p. 22.)
laction soit fortifiante et non énervante par excès. Sagement ménagée on en obtiendra les meilleurs résultats pour développer les forces musculaires et combattre de iunestes prédispositions du tempérament ; elle secondera puissamment la pratique médicale pour triompher, par exemple, de Tétat chlorotique qui se manifeste si fréquemment chez les jeunes filles aveugles, pour arrêter le progrès des déviations vertébrales, des maladies de langueur ; etc. ; au contraire, dirigée sans mesure, elle pourrait développer le germe du mal qu'il s'agit de surmonter.
Ainsi donc, à tous égards, on est fondé à invoquer pour Téducation spéciale des aveugles-nés , Tapplication générale de la g3rmnastique dont les heureux effets , désormais hors de discussion dans Téducation publique, ne peuvent être ici que plusfrappans et plus rapides. (1)
Les affections nerveuses sont fréquentes chez les aveugles et elles sont quelquefois portées jusqu au dernier période, Tépilepsie. On a cru remarquer que ces accidens se manifestaient surtout chez ceux qui avaient perdu la vue à la suite d'ime fièvre cérébrale. Au surplus les praticiens gagneraient sans doute à étudier les aveugles sous ce rapport; ils puiseraient peut-être dans cette étude quelques lumières sur la marche et le développement de ces maladies du système nerveux encore si peu connues. On les voit là en effet dans toute leur simplicité, parce que \ imagination n*y est pour rien ;
(1) Dans toutes les institutions d'aveugles qui se forment aujourd'hui , notamment aux États-Unis, les vues exposées ci-dessus out été admises comme fondamentales^ et des exercices réguliers y rentrent dans le plan général d'éducation. Je lis à ce sujet dans un document émané de Tinstitution de New- York : « Les maladies qui ont été observées chez les aveugles ont généralement pour origine leurs habitudes sédentaires et leur inaptitude pour les jeux et exercices en plein air qui tendent si manifestement à fortifier la constitution, et auxquels se livrent les jeunes gens doués de la vue avec tant d'ardeur et d*avidité. » {Ninth Report o/tfie managers^ e/c, p, 6.)
le mal est purement physique^ et même les sympathies^ si puissantes en nous dans ces sortes d* affections, se manifes* lent beaucoup plus rarement ea eux d'une manière sensible. Par exemple, il n'arrire guère que les organes digestîA en reçoivent Tatteinte profonde si souvent observée chez ka voyans en cette circonstance, et qui a pris une place si im* portante dans la nosographie moderne (1).
Telles sont les observations fondamentales que me semble devoir suggérer la constitution physique des aveugles-nés. Ges observations recevront dans les chapitres suivans uh complément qui en fera mieux encore saisir toute Timportahce.
(i) Le docteur Zeune citant ropinion que j'émets sur ce poînt^ ijoute <{ile dans son établissement; toutes les fièvres nerveuses qu'il a eu lieu cTobserver Mt £lé en même temps gastriques (Beliâ/, p. 25) ; iriâis eè fait if*ëtab(î( point une contradiction , car il esl id simpieiiMsirt question éer eès aÉfectHMtl nerveuses sans fièvre , qui se développent si fréquemment dans les conditions ÂètoéTIes de fiotre civilisation moderne, et jettent dans les fonctions digestives et cérébrales on trou1)le pn^fond auquel Pitft méAMI esi téd^ sMiMit fM^j^sant i porter remède«