‹ Des aveugles: considérations sur leur état physique, moral et intellectuel, avec un exposéChapitre 23 sur 67 · LE TACT ET L*OUIE. T · texte numérisé non relu

LE TACT ET L*OUIE. T

reiparque-trfn que, tandis que leurs compositions écrites ^imb pr^jBque toujours dépourvues de chaleur , il y en a souvent a^nontraire, soit dans leur OKécution iitstnimentaie, soit im§ Ififl fsws de çcmiposition dont ils de¥tennent capables dte q« an Iwr a révéljf les plus simples lois de l'harmonie. Là, on peut les voir émus et passionnés ; là , en un mot , on bs trouve smnblables à toiis.

Au soj^lus , cpmme cm a peu eompris jusqu'à présent C0 K^'est réellement la musique pour les aveugles, ^ n'en a pratrMre pas tiré tout le parti pesnble dans leur éducation ; en a ^mp négligé la partie philosophique de ee bel art , à laquelle ks anciens donnaient tant d^attenti<yn. On n'a gûèlpe songé à approfondir avec ^ux eette reialîen nécessaire enfare les eoqiUnaîsons harmoniques et les ^eotions de l'ftme ; en ne s'est pas asse^ i^tadié à leur montrer dans l'eipressicm HHuioaie un véritable langage ; je voudr«tis peur ainsi dire qu'en fît, en leur enseignant la nmsique, une sorte d'esthétique à leur usage. Je suis persuadé qu'on arriverait ainsi à des aper^s dont la finesse nous étor)i>er§dt ^ et que }§ar ipteHigSBCQ W S0rait singuliàreinent développée à d'autres égards. Xioin de là , on s'est toujours borné à en faire dlia-

yiif^ çQj^Tt^m , et il§ p'c^t rwpU d|^ h ^o}:^e qu'iw§ moitié

de leur deatinaticH). Parvenus à un certain degré de forée, des drçopQtances ^ui tiennent à leur condition , surtout le

vr^îmé gu'ils pnt à vi»incr^ dan^ toute carrière , les empSr ^ent d'aller j^us haut , d'arriver à la renommée , à la fortune. II est de fait qu'on n'^ p£is çpçprje cpippté pc^rmi ]^ avaigles un artiste di| premier ordre , tandis qu'on devrait pouyoiry signaler peftt-être plus d'un compositeur célèbre( 1).

(i) M* 6aadet, ^u( ^le aussi (Les Avwgles mtttieiensy Annales de NdiH cation des sourds-muets et det apeugiet , t. ni, p. 164 et suiv.) que les aveugles sont plus doués que les voyons du sentiment musieal^ se demande pourquoi il n'est pas encore sorti des rang% des aveugles quelqueê-wn de ees musi-

76 DES AVE.UGLES.

Telles sont les principales remarques qui peuvent être faites sur le tact et Touïe chez les aveugles-nés : elles seront complétées dans la seconde partie , surtout en ce qui concerne le premier de ces deux sens , agent principal , comme on le verra, de l'éducation spéciale donnée à cette classe d'êtres.

Après avoir, ainsi qu'il vient d'être fait , considéré Taveugle-né dans les divers sièges de la sensation, et constaté avec quelle supériorité s'exercent les sens du toucher et de l'ouïe chez l'individu privé de la vue , on pose fréquemment cette question : La perte éCun sens tourne-t-elle à tavantage des autres ?( 1 ) la réponse me paraîtfacile. En effet, sil' on entend simplement par là que l'homme privé d'un sens cherche à tirer un meilleur parti de ceux qui lui restent, et que ces sens se perfectionnent davantage chez lui par un usage plus fréquent et plus varié , l'affirmative ne saurait être douteuse, .et les aveugles , aussi bien que les sourds-muets , en sont un

eiens éminens qui font époque^ soit comme exécutons , soit comme compositeurs , et il répond ainsi à cette question : « D'abord ce n'est qâ» d'iner qu'on a pensé à faire participer les aveugles au bienfait de l'éducation ; puis, les aveugles recevant cette éducation sont dans la proportion la plus minime eomparativement aux voyans placés dans les mêmes conditions, peut-être on sur quatre à cinq mille.... D'ailleurs à une époque où il est si difficile de se produire, même pour ceux qui vivent dans le tourbillon du monde, il hut du temps à celui que sa position exceptionnelle retient séparé de la société, pour parvenir a fixer l'attention et la faveur du public ; ceux qui savent comment les choses se passent aujourd'hui , par queb moyens et de quelle manière on obtient des succès, ceux-là comprendront combien il sera toujours difficile à un aveugle, de se produire et de réussir. »

L'auteur met ensuite en parallèle le temps que consacrent à leurs études musicales respectives un élève de l'institution de Paris, et un élève du Conservatoire , les ressources dont jouissent l'un et l'autre pour devenir des sujets distingués; et il résulte de ce parallèle tout au désavantage de l'aveugle, qu'il faut s'étonner que nos élèves puissent arriver au degré qu'atteignent fréquemment plusieurs d'entre eux. Je suis loin de méconnaître tout ce qu'il y a de judicieux dans ces vues pratiques.

(1) Guillié, p. At.

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