INSTITUTIONS
LlngtitttUot) de Paris, dont j'ai mentionné aittetirs ki fondation, et sur laquelle je crois devoir donner ici des détails très précis, ne devint qu en l'an m établissement de TÉtat. Jt»que*]à, c'était le zèle actif de son ingénieux créateur qui avait trouvé les moyens de la soutenir, soit par le produit des travaux des élèves, soit par les dons d'une charité éclairée. Le Directoire, comprenant enfin combien une pareille institution honorait le pays et pouvait être utile à Thumanité, lui donna une organisatiem définitive ; le nombre des élèves entièrement aux frais du gouvernement fut porté à quatrevingt-six, un par département, et le taux de la pension fixé à cinq cents livres. En l'an ix, l'Institution subit une nouvelle translation; elle fut annexée à l'hôpital des Quin'^e-Vingts, à l'administration duquel fut aussi confiée la surveillance de la gestion du nouvel établissement ; en 1816 de nouveau séparée de cet hospice, dont le contact lui avait été , comme on doit le présumer, peu profitable, l'établissement passa dans l'ancien séminaire de Saint-Firmin , rue Saint-Victor ; local insalubre et insuffisant qu'il a enfin abandonné en 1643, pour prendre possession du bâtiment remarquable construit pour cette destination spéciale, et où une ère nouvelle a commencé pour cet institut à Um^ éçard^.
m DES AVEUGLES.
L'édifice, qui est d'une fort belle apparence, a été construit par Thabile architecte, M. Pbilippon , sur un terrain entièrement isolé, de forme rectangulaire, et situé sur le boulevard des Invalides, à Tangle de la rue de Sèvres. Son étendue est de 157 mètres de largeur sur 73 mètres 53 centimètres de profondeur; sa superficie totale est de 11 ,800 mètres, dont 2,800 sont occupés par les bâtimens. Ces bâtimens sont au nombre de sept, liés entre eux. Le principal, situé au centre, est destiné aux services généraux. La façade en est ornée d'un beau fronton, dû au ciseau de M. Jouffroy ; Haùy, inspiré par la Charité, préside au milieu d'un groupe d'enfans aveugles de Tun et de Tautre sexe, à ces occupations diverses que son génie bienfaisant créa pour eux. Dans la partie centrale se trouve une vaste salle d'exercices publics^ contiguëàune chapelle ornée de peintures remarquables, dues à M. Lehman ; la salle d'exercice devient ime annexe de la chapelle par l'ouverture de grandes portières qui forment la séparation. Les deux bâtimens des extrémités latérales sont consacrés aux jeunes gens du côté du nord-ouest, et aux jeûnes filles du côté du sud-est. De vastes promenoirs , plantés d'arbres, terminent les deux ailes.
Le nombre des bourses, fondées par TÉtat, a été porté à cent vingt ; ces bourses peuvent être fractionnées au moyen de concessions de demi et de trois quarts de bourses. On comptait au l*"" avril 1849 cent soixante-dix élèves, sur lesquels quarante-quatre, ou un quart environ, appartenaient au sexe féminin (1). L'âge d'admission est de neuf ans à treize ans
(1) Plusieurs départemens ont fondé des bourses, ainsi que radminîstration hospitalière de Paris. Ces bourses sont du prix de 600 fr. par an ; à lacpielle somme il faut ajouter, pour la première année, une somme de 300 fr. à titre de frais de trousseau. Une fondation pieuse a créé huit bourses en faveur des départemens de la Marne et de l'Aisne. Pour les familles qui veulent faire élever un enfant aveugle à rinstilution, le prix de la pension
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accomplis, et la durée régulière de séjour de huit années. Sur les cent soixante-dix élèves, cinq étaient nés dans les colonies oa dans l'étranger ; les cent soixante-cinq autres se trouvaient r^Mirtis, sous le rapport de la naissance, entre cinquante-cinq départemens seulement; vingt-six, par conséquent, n'étaient pas alors représentés à rinstitution. Ces départemens appartenaient tous, à l'exception de deux, à la région méridionale, dont nous établissons la limite au 47™* parallèle , comprenant dans l'une ou l'autre région les départemens, suivant qu'ils s'étendent plus ou moins au-dessus ou au-dessous de cette ligne d'intersection. D'après cette base, sur les cinquante-cinq départemens représentés à l'Institution, trentesix appartenaient à la région septentrionale, et comprenaient cent trente élèves ou près des quatre cinquièmes. On voit ainsi dans quelle faible proportion le midi de la France participe au bienfiEdt qui résulte, pour l'enfant aveugle, de l'admission dans cet établissement.
L'Institution avait été jusqu'à ces derniers temps gérée par un conseil d'administration , composé de personnages pour la plupart fonctionnaires d'un ordre élevé qui, absorbés par leurs devoirs, n'avaient que peu de temps à donner à cette gestion ; en fait elle reposait tout entière sur le directeur, qui n'était pourtant pas responsable. Il résultait de là que la reqmnsabilité se combinait avec l'autorité nominale, et l'irres* ponsabilité avec l'autorité effective; système vicieux, qui doit être banni partout du régime des établissemens de bienfaisance, puisqu'il rend en définitive la responsabilité tout à fait illusoire. Depuis 1841, l'Institution est administrée par un directeur responsable, assisté d'une commission consultative, qui émet simplement son avis sur les actes du
eit de 1,000 fr., et de 800 fr. quand cette pension est payée par un bienfaiteur.
m DBS ÂVBUaLfeS.
directeur, et édalre aifud les dëdsiona du ministre de l'intérieur, dans les attributions duquel est l^étaUiasement (11. Les divers emplojrës sont, avec le tiUreeteur i un inatitateur, ehargé de la conduite des études et travaux ; une faistitutriee préposée à la surveillance spéciale du quartier des jeunes filles (2) ; Un receveur et un économe ; un aumônior (S) et un médecin (4) ; et quarantè-un individus consacrés à la survâilîance et à Tinstruction, ou gens de service. Ces quarante-htiit personnes ont reçu en appointemens ou gages pendant l'ahnée 1S48, une somme de 32,421 fr. 90 cent., à ndson de 675 fr. en chifirés ronds par individu.
Lies recettes se sont âevées dans cette même année 1848, â 168,651 fr. 55c. , sur laquelle somme là subvention du gouvernement compte pour 110,000 fr. ; le produit des pensions et (tais de trousseau, pour environ 40,000 fr. ; celui du fermage des propriétés rurales et des rentes sur l'État appartenant à rinstitution pour environ 17,000 fr.
Les dépenses ont été de 165,295 fr. 12 C, laissant par conséquent sur les recettes un excédant de 3,356 fr. 43 6. Répartie entre les 170 élèves, la dépensé totale présente tin chiffre d'environ 972 fr. par individu, lequel se frouyehût
f $tat I Féii* Passyi ^omollrrqipUrç à la ÇQyr des eomp^ ; IterbgQi mi^Uer à U cour d^appd, et Thîac, notaire.
(S]r l/ lwtftutri ce â, ittdépend aB ii M nt de set iMWliaM d^aniaigiMaMBt àm «m pnr^ 4« rétafalisaem4> ^ àn»n 4*mie «m^ M famillff \ cei #isjis Ipot renplU avec autant de zèle q|ie d*jntelligence paar rinstitutrioe actadle, mademoiselle Cailhe , dont les efforts sont habilement Secondés par mesde- ■oiseliet nnwet, Delausie tl PAté , a n e i enapi éJètia de lliistiUltifa, eltaîaurd'kui consacrées , les deux premières ^ à l'instruction intellectp^le et aox travaux manuels, la troisième à l'ensagnement Aiusical.
(8) Les élèves appartenant aux cultes non catholiques sont admis, et il est pria des mesures pour que l'instruction religieuse leur soit donnée.
(4) L'infirmerie est cmiflé^ à des sooun de la congréfatioii te hMptli Itères, de Saînie-Marie*
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oonflidéraUement réduit si le nombre des élevés était porté, oonune il pmimdt l'être , à 200, les frais d'administration restant les mêmes. La dépense poar'Ia noarritnre des élevés el employés entretenns ans frais de Tétablissem^t , an BomtM moyen de 990 individus , s'est élevée k 65,000 flr., à raisM de prte de 80 centimes par tête et par Jour. Les finis d'entretien et de blanchissage ont absoibé un peu plus de 28,000 fr.; le chaufiage et réclairage , 17,000 fr. ; lés dépenses propres de l'instruction intellectuelle, musicale et indostrieDe, professeurs non compris, n'ont coûté que 11,236 fr. , à raison de 66 fr. environ par élëve I
Le temps des élhres est réparti entre les occupations Averses que comprend chacune des trois sections de l'enseignement. Le lever a lieu à six heures du matin ; de sept & huit, études et travaux; à huit, le déjeuner (1) ; de huit heures et demie à dix et demie, classes ; de dix et demie à midi, études et travaux ; à midi, dîner ; à une heure, lecture par divisions selon les figes ; de une heure et demie jusqu'à sept heures, classés musicales ou autres études et travaux , cet intervalle étant seulement coupé par une collation à trois heures et demie ; à sept heures , souper ; de huit à neuf , études et lectures; à neuf, coucher.
Les matières de renseignement sont ainsi distribuées : Coun iifistruction primaire. Première année, lecture, écriture en points, histoire sainte et solfège ; seconde année, grammaire française, histoire ancienne, géographie, arithmétique, solfège, instrumens à vent ou à corde ; troisième année, grammaire française, histoire romaine, géographie, arithmétique, vocalise et chant, piano et instrumens; quatrième année,
(1) Le régime alimentaire est réglé comme suit : déjeuner, soupe; diner» MMqie et deux plati, dont un de iégunMi; ooUaliouy dîalribiitton de pain ; fCNiper« deu« pûif^ dont «a de deiseri« CUaque re^Ai eil mm d'utta deaii- Itfure de cicréation«
IM t)BS AYBUOLBS.
grammtire, arithmétique , histoire naturelle , histoire de France, vocalise et chant , instnunens. Instruction supérieure. Première et deuxième année , rhétorique, litt^ture , philosophie , géographie politique , histoire générale , géométrie, physique et cosmographie, harmonie et instrumens; troînème et quatrième année, notions de droit public et privé, d'éco* nomie politique, etc.; composition musicale, orgue ou instm-
L'aocord des pianos est adjmnt aux études musicales dans les dernières années , pour ceux d'entre les élèves qui sont destinés à exercer cette profession.
La section industrielle comprend la fiEibrication des chaussons de lisière ou de tresse à la forme ou au métier, le filet, la brosserie, le tour, la menuiserie et Tébénisterie, la vannerie, la tisseranderie , la filature au rouet , et divers travaux tds que bourses, tricot, travaux en paillé,etc. .confectionnés parles jeunes filles. Les ateliersde vannerie, de menuiserie, de brosserie , de filet , sont à Tentreprise, c'est-à-dire livrés à des contre-maîtres qui les exploitent à leurs risques et périls, recevant simplement une indemnité de deux firancs par jour pour rémunération des leçons qu'ils donnent aux apprentis. Les chaussons de tresse sont fabriqués par les jeunes filles pour Tentrepreneur moyennant un prix de façon. Les tra< vaux sortant de ces ateliers sont par conséquent à part ; le produit du travail des autres ateliers que consomme TétaMissèment en grande partie , s'est élevé , en 1848 , à environ 3,400 fr. Dans tous les ateliers, une prime de 25 pour 100 est réservée sur le bénéfice, au profit des élèves à Texpiration des années assignées à l'apprentissage et lorsqu'ils sont réputés ouvriers.
Je signalerai en terminant ce qui concerne cette institution, une fondation intéressante qui lui est propre, c'est cdle d'une caisse de pensions et secours distincte des finances de