IV RAPPORT
qu'il annonce, on reconnaît, non pas les rêves d*un homme de bien, mais l'expérience d'un maître habile et les plans praticables d'un .bon citoyen, qui, en demandant quelques sacrifices nouveaux à l'État, lui montre à côté de l'utilité morale, un profit de travail et de temps. Je ne sais cependant , messieurs, si les vues de l'auteur ne seront pas lentes et difficiles à réaliser. Mais qu'il est beau d'entrer dans cette voie et de continuer ainsi l'œuvre de Yalentin Haûy, ce premier instituteur des aveugles , qui rappelle un nom cher à l'Institut ! Qu'il est beau de projeter le bien , lors même qu'on ne peut l'accomplir encore !
« Il y a quatre siècles, en France, à Paris, devant la cour, la destination qu'on donnait aux aveugles, c'était d'en mettre quelques-uns aux prises, couverts de fer et armés de longs bâtons, pour ^ayer les spectateurs par la maladresse des coups qu'ils se portaient De cette barbarie, on est venu aux inventions, aux soins, aux délicatesses ingénieuses de la charité moderne; et maintenant un esprit généreux propose, pour cette classe d'homnotes, nombreuse parmi les pauvres, un système complet d'asiles , d'enseignemens et d'avenir social Le public y prend intérêt, les académies en parlent, et l'État ne peut manquer d'être attentif au nouveau bienfait qu'on lui demande.
« En décernant à M. Dufau, à Tauteur de Y Essai sur l'état physique, moral et intellectuel des aveugles-nés, un prix de 6,000 francs, l'Académie ne prétend pas payer son zèle, mais signaler de nouveau son nom et son projet La vraie récompense de ce généreux citoyen commencera lorsqu'une de nos villes industrieuses et riches aura fondé, d'après ses conseils, un établissement de plus pour les infortunés dont il a si bien plaidé la cause. »
IJNTRODUCTIOIN.