‹ Des aveugles: considérations sur leur état physique, moral et intellectuel, avec un exposéChapitre 8 sur 67 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

lise. Des institutions du genre de celles dont je parle sont à la vérité le propre de notre civilisation chrétienne ; elles n'appartiennent pas aux peuples chez lesquels règne l'esclavage. Que sont en effet les misères corporelles, dans une société où les masses sont presque ramenées à l'état de la brute? L'enfant qui naissait aveugle, parmi les milliers d'esclaves d'un opulent Romain, devenait quelquefois sans doute comme une sorte de souffre-douleur, en butte aux caprices du maître et aux jeux barbares de ses compagnons dégradés ; plus souvent peut-être faisait-on périr au berceau cet être regardé comme une pro-» priété simplement onéreuse 2 on peut à bon droit le conjecturer, en remarquant que nulle part un aveugle tf est signalé parmi ces affranchis qu'un talent quelconque avait fait arriver à la liberté. Gomment^ par etemple, le^ aveugler, si on les eût laissé vitre, ki'^uÂSent^-ils pas manifesté comme de nos jours, celte aptitude si générale et si constante pour la thusique, qui forme un des traits distinctifs de leur organisation ? comtnent ne se fut^^il pas trouvé parmi eut. quelque habile joueur de flûte ou de cithare, recommandé par sa situation même à l'attention des écrivains? Supposer au reste la destruction avouée des entans affligés d'un vice organique important , ce n'est pas càlotkinier l'antiquité : à Sparte ils étaient précipités dans l'Eurotas, et l'on sait qu'aujourd'hui même, ches quelques peuples de l'OHent, les nou-

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