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VI. Monastères soumis a u\ établissement pieux

Un certain nombre de monastères se trouvaient placés sous la dépendance d'un autre établissement pieux. Ils étaient alors la propriété de cet établissement.

Tout d'abord, il y avait des monastères qui étaient la propriété d'un autre monastère. Le monastère possédé était le metokion du monastère possesseur. Une telle situation n'était point rare. Il arrivait souvent qu'un Empereur (1), un évêque (2), un particulier (3), faisait donation à un monastère d'un autre monastère. Le monastère ainsi soumis à un autre perdait la plus grande partie de son indépendance. Aussi l'impératrice Irène défend -elle avec énergie, dans son Typicon (4), que pareil sort soit jamais réservé au monastère qu'elle fonde.

Une pareille situation engendrait parfois des difficultés. Le monastère metokion prétendait ne pas se

(1) Miklosich et Muller, t. YI, p. 176, 259.

(2) Miklosich et Muller, t. IV, p. 422. — Voir également à ce propos, un acte par lequel le même évêque donne une église au même monastère, Miklosich et Muller, IV, p. 424. — Autre donation par un évêque, Miklosich et Muller, IV, p. 415. — Voir un autre exemple, Miklosich et Muller, IV,. p. 417. Un évêque donne un monastère à iin autre monastère; mais il ne veut pas que sa libéralité puisse profiter au patriarche. Aussi soumel-il sa donation à la condition que le droit de (TTausoTc/jV'-^^' "f- pourra pas être exercé sur le monastère donné.

(3) Voir, par exemple, un acte par lequel Alexis Tesaites donne un monastère au monastère de Lembo, Miklosich et Muller, IV, p. 56. — De même, un acte par lequel un moine donne à un monastère un autre monastère à litre de metokion, Miklosich et Muller, IV, p. 426. Voir aussi Miklosich et Muller, IV, p. 265, 281. •

(4) T)i)icon, cil. II.

soumettre à Fautorité du monastère propriétaire. Le différend était tranché soit par Tévêque (1), soit par le patriarche (2), soit par une autre autorité (3) ; on avait quelquefois recours, en pareil cas, au témoignage des habitants du voisinage : c'est ainsi que nous voyons les habitants de Fîle de Cos certifier qu'un monastère est le metokion d'un autre monastère (4).

D'autres fois, il arrivait que l'union de deux monastères était prononcée (5). On avait recours le plus souvent à ce procédé, lorsque les deux monastères ne jouissaient pas de ressources suffisantes pour leur permettre de vivre, chacun séparément.

Il y avait d'autres monastères qui dépendaient d'une église; à beaucoup d'églises, en effet, étaient attenants des monastères, par exemple le grand monastère dépendant de la grande église de Sainte-Sophie. Ce monastère paraît être contemporain de la construction de Sainte-Sophie, car il en est déjà question dans une Novelle de Justinien (6), Réciproquement il y avait des églises appartenant à des monastères à titre de metokion (7).

D'autres monastères dépendaient d'œuvres d'assis-

(1) Mikiosich et Millier, IV, p. 414.

(2) Mikiosich et Muller, IV, p. 303; VI, p. 291. (3; Mikiosich et Muller, YI, p. 222.

(4) Mikiosich et Muller, lY, p. 184.

(5) Jonction de deux monastères ordonnée par l'Empereur. Mikiosich et Muller, V, 26i. — Autre jonction confirmée par l'Empereur. Mikiosich et Muller, V, 99. — Le roi Etienne Douchan confirme l'union de deux monastèx-es. Mikiosich et Muller, V, 111.

(6) Justinien, nov. 46, c. 3.

(7) Miklosicii et Muller, lY, p. 424.

tance publique. Les hôpitaux, pour les diverses catégories de malades, pour les voyageurs, pour les étrangers, pour les orphelins, etc., étaient administrés par des moines, et il n'y avait pour ainsi dire pas d'hospice auquel ne fût joint un monastère plus ou moins important (1).

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