‹ Des biens des monastères à ByzanceChapitre 24 sur 41 · VI. Sources diverses · texte numérisé non relu

VI. Sources diverses

Chaque monastère était placé sous le vocable d'un saint : les fidèles pensaient que, plein de bienveillance pour le monastère placé sous son patronage, ce saint écouterait favorablement les prières qu'on lui adresserait dans l'église même du monastère.

En outre, presque tous les monastères possédaient des images miraculeuses, dont le renom s'étendait au loin. De là, des pèlerinages plus ou moins célèbres à

(1) Euslalhe de ïliessnlonique, De emcndanda s'ita monachica, p. 831.

(2) Voir à ce sujet deux odes des patriiirches Samuel I et. Théodose II de l'an 1769. Miklosicli et Muller, YI, pp. 3'i7, 350. — Voir aussi un acte du patriarche Grégoire V de l'an 1797. Miklosich et Muller, YI, p. 372.

tel ou tel monastère. A certaines fêtes surtout, une quantité de pèlerins affluait : les moines leur vendaient de saintes images ou des objets religieux, C'était là une source de revenus pour le monastère. La décision du grand concile réuni en 754 par Constantin Copronyme interdit le culte des images, a Celui qui, contrevenant )) aux décrets, osera fabriquer des images, les adorer, » les placer dans une église ou dans une maison parti- » culière..., s'il est moine, il sera anathématisé ». Aussi les moines furent-ils les adversaires les plus violents des Empereurs Iconoclastes, dont la victoire, entraînant la disparition du culte des images, eût privé les monastères d'une source de revenus.

Les moines ne se bornaient pas à la vente des objets de piété. Si Constantinople était une grande place commerciale au moyen- âge, dans beaucoup de régions de l'Empire, le commerce était absolument nul et la classe des marchands n'y existait pour ainsi dire pas. Aussi les monastères étaient-ils généralement munis des objets dont l'usage est le plus répandu, par exemple des ustensiles de ménage, des étoffes, etc. Les pèlerins qui venaient au monastère faire leurs dévotions, trouvaient aussi à s'y approvisionner d'un grand nombre de produits de la terre nécessaires à l'alimentation, du blé, des fruits, généralement récoltés sur les terres du monastère.

A l'origine, les monastères reçurent souvent les prémices et les dîmes comme les églises, mais cette coutume se perdit bientôt, les conciles ayant déclaré qu'il n'y avait là pour les fidèles aucune obligation.

Il arrivait souvent, qu'on réclamait une certaine

somme aux personnes qui voulaient faire profession dans le monastère. Bien qu'une pareille coutume fût défendue, elle se perpétua.

Nous ne parlerons pas de quelques autres sources des biens des monastères, trop peu importantes pour mériter une mention.

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