‹ Des biens des monastères à ByzanceChapitre 7 sur 41 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LA RESTALRATION DE l'eMPIRE d'oRIENT

Pendant que les Croisés fondaient à Constantinople un Empire latin, les Grecs fondaient de leur côté trois Etats indépendants : en Europe, le despotat dTpire; en Asie, les Empires de Nicée et de Trébizonde, Michel VIII Paléologue, empereur de Nicée en 1260, issu d'une des plus illustres familles de l'Orient, réussit en 1261 à reprendre Constantinople sur l'empereur latin Baudouin II de Courtenay, et y rétablit le siège de l'Empire. Michel VIII, comprenant que le schisme était pour l'Empire d'Orient une cause de faiblesse, s'efforça de le faire cesser, et d'arriver à la réunion des Eglises d'Orient et d'Occident. Il mourut en 1282 sans avoir réussi dans ce projet.

Son fils et successeur Andronic II ne suivit pas, sur ce point, la même politique. Il se mêla avec passion à toutes les controverses religieuses et s'appliqua autant qu'il le put, à combattre les idées de réunion avec l'Eglise romaine qui avaient été soutenues par son père. Il réunit un grand nombre de conciles, de synodes et de conférences où étaient longuement discutées les questions religieuses. 11 fit ainsi un grand nombre de mécontents : les moines, notamment, dont il ne partageait pas toutes les idées, intriguèrent contre lui; ainsi

s'ajoutaient des difficultés intérieures aux nombreuses difficultés extérieures contre lesquelles il avait à lutter.

Andronic II avait associé au trône son fils Michel qui mourut en 1310 laissant lui-même un fils, Andronic le Jeune. L'Empereur voulut exclure du trône son petit fils ; celui-ci prit les armes et força son grand'père à lui demander la paix et à l'accepter comme collègue. Les deux empereurs ne vécurent pas longtemps en bonne intelligence. Andronic le Jeune renversa son grandpère, mais il lui laissa la vie : il fut seulement contraint de signer son abdication (1328) et se réfugia dans un monastère, où il termina sa vie bientôt après en 1332.

Andronic III le jeune montra sur le trône de grandes qualités. Il déploya certains talents militaires et diminua les lourds impôts qui accablaient le peuple. En bon politique, et pour résister aux Turcs qui arrachaient peu à peu à l'Empire toutes ses provinces, il rechercha l'alliance des princes d'Occident, et fit des avances au pape Benoît XII pour la réunion des deux Eglises. La négociation de cette union, devenue une nécessité de la politique byzantine, va désormais faire l'objet des efforts continus des empereurs. La tentative d'Andronic échoua malgré les efforts du négociateur, le moine Barlaam. Le choix d'un moine en pareille matière est digne de remarque : les moines se montrèrent en effet, en toute occasion, les adversaires déclarés de l'union des deux Eglises : ils repoussaient énergiquement toute soumission au pape. Barlaam ne partageait pas les appréhensions et les rancunes de la presque totalité des moines. Andronic III mourut en 1341 laissant pour lui succéder son fils Jean V.

Jean V régna ])endant cinquante ans : son long règne ne fut pour l'Empire qu'une succession de malheurs. Placé d'abord sous la tutelle d'un régent, Jean Cantacuzène,il régna seul en 1355, lorsque Jean Gantacuzène eut abdiqué et se fut retiré dans un monastère. Les progrès des Turcs devenaient de plus en plus considérables. Déjà le sultan Amurat s'était emparé d'Andrinople (1360) et y avait fixé sa résidence. Jean Paléologue, pour conjurer le péril qui menaçait l'Empire, vint lui-même à Rome, et accepta l'union des deux Eglises qui fut solennellement proclamée (1369) après de longues négociations. Mais les promesses faites à l'Empereur ne purent être tenues, et le malheureux Jean V épuisa dans ce voyage ses dernières ressources. Quand il voulut revenir en Orient, il fut retenu à Venise où il allait s'embarquer, par ses créanciers, et son fils Manuel ne put le tirer de prison qu'en envoyant une somme suffisante pour payer ses dettes.

Jean V mourut en 1391; son fils Manuel II lui succéda : sous son règne, Constantinople fut deux fois assiégée par les Turcs, une première fois par Bajazet, une seconde fois par Amurat II. Manuel sollicita vainement le secours de l'Occident. Les souverains restèrent sourds à ses appels ; quelques chevaliers seulement vinrent à son secours et furent complètement défaits par l'armée de Bajazet à Nicopolis en 1396. Manuel II mourut en 1425; il eut pour successeur son fils Jean II Paléologue.

Jean II Paléologue sollicita, lui aussi, l'appui des princes d'Occident. Pour obtenir des secours, il consentit à une nouvelle union des Eglises d'Orient et d'Occi-

dent; cette union fut résolue et proclamée au Concile de Florence en 1439. Mais l'Empereur et la cour furent seuls à l'accepter; le peuple, principalement à l'instigation des moines, refusa de s'y soumettre. Jean mourut en 1448 laissant le trône à son frère Constantin, qui fut le dernier Empereur d'Orient.

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