FR US
droyante, généralement très rapide, rarement la survie est de quelques Jours. Le cas cité par Barrallier est Curieux, Car nous voyons le malade survivre douze jours à un écrasement presque complet de la rate, grâce à la formation d'adhérences avec tous les organes voisins. Là, comme partout d'ailleurs, la rate est augmentée de volume.
OBSERVATION
(BARRALIER : Contribution a l'étude des ruptures spontanées de la rate. — Archiv. gén. méd., 1888, t. Il).
Le nommé Ringade, ouvrier de l’arsenal de Rochefort, âgé de 54 ans, usé, alcoolique, ayant eu de fréquents accès de fièvre paludéenne, entre à l'hôpital de la marine le 14 janvier 1878; il était tombé de sa hauteur deux jours avant; le côté gauche de la base de la poitrine au niveau du rebord des côtes avait porté sur l’arête d’une chaufferette métallique; il en était résuité une forte contusion suivie d’une très vive douleur. A l’arrivée à Phôpital on constate que la douleur est limitée dans un espace circulaire de 6 à 7 millimètres de diamètre correspondant à la place habituelle de la matité splénique, un peu en avant; iln’yani ecchymose, ni lésions des côtes, ni aucune trace extérieure du coup reçu. La malaxation graduée et prolongée de la région, d’abord très difficilement supportée, éteint momentanément la douleur. Instinctivement le malade maintient le thorax immobile et ne respire que par la partie supérieure du thorax; la douleur est très vive sous laction du plus léger mouvement ; pas de sommeil; anorexie; tremblements alcooliques, hallucinations nocturnes. L'examen de la poitrine décèle l’existence d’un ancien catarrhe; au côté gauche la respiration s'étend jusqu’au niveau de la septième côte dans la ligne axillaire; audessous la matité est complète; le cœur est refoulé à droite ; un peu d’œdème à la base du thorax.
Le 23 janvier, accès de fièvre débutant par des frissons prolongés, douleur très vive pendant l'accès. Température 39° 5. Respiration 48.
Le 24 au matin apyrexie. Température 37° 3. Respiration 45. Le soir, accès plus intense que celui de la veille; la ligne de matité n’a pas changé. Le 25 au matin, apyrexie, oppression très marquée, la douleur est devenue plus vive; 60 respirations; à 9 heures, frissons très prononcés, accès de fièvre plus violent que celui du 24; à 4 heures du soir la matité s’élève jusqu’à l'angle de l’omoplate; l’œdème de la paroi thoracique est très prononcé. Le 26 au matin matité absolue dans tout le côté gauche de la poitrine.
Mouvements respiratoires courts, précipités, pouls filiforme, asphyxie imminente. Ponction. Mort à 3 heures de l’après-midi.
Autopsie. — Le foie est congestionné, légèrement graisseux. La rate, énorme, refoulée en haut, coiffée par le diaphragme auquel elle adhère par les fausses membranes assez résistantes, occupe à la base du thorax un espace considérable où elle est immobilisée par des adhérences avec tous les organes voisins; la capsule est épaissie et enflammée, la rate se déchire avec facilité, un stylet introduit par l'ouverture faite par le trocart arrive, à la partie supérieure externe de cet organe, dans une cavité de la grosseur du poing, causée par une rupture souscapsulaire du tissu splénique, la capsule étant partout continue et très épaissie. La rate a 40 centimètres sur 30 centimètres, du poids de 1000 grammes; son tissu est écrasé, en bouillie, mêlé de gros caillots noirâtres.
Le diaphragme est attaché par des membranes de nouvelle formation à l'extrémité supérieure et à toute la face externe de la rate; le tissu musculaire est altéré. La surface pleurale de ce muscle à gauche a la forme d’une calotte sphérique bombant dans la cavité de la plèvre et refoulant le cœur à droite; le sommet de cette espèce de dôme affleure le plan horizontal du cinquième espace intercostal. La cavité pleurale est pleine d’un liquide citrin, non purulent; le poumon tassé est refoulé dans la gouttière vertébrale; la plèvre diaphragmatique est dépolie, tomenteuse et soudée par un relief circulaire néo-membraneux à la plèvre pariétale, convertissant ainsi la cavité thoracique
4e ee
gauche en deux poches : la supérieure, la plus vaste, remplie par un épanchement récent; l’inférieure, demi-annulaire, constituée par le cul-de-sac pleural, parfaitement intact, sans une goutte de liquide et mesurant 8 centimètres de hauteur. Le péricarde et tout le cœur graisseux, un peu hypertrophiés, sans lésions des orifices ou des valvules.
Il nous faut noter toujours au dire de Bellien, que la présence d’un nombre variable d’hématomes de la rate dus à des traumatismes répétées est une fâcheuse cause prédisposante à la rupture ultérieure de l’organe.
C'est un fait qui ne devra pas échapper au médecin légiste et qu'il lui sera permis de constater comme nous l’avons dit par l’examen microscopique des caillots.
A l'examen du cadavre, on note une rigidité cadavérique précoce, survenant toujours une heure après la mort; un épanchement sanguin toujours très abondant; une putréfaction tardive. |
Enfin le cas suivant, qui a fait le sujet d’une note de M: le D' Coutagne, permet de ranger les ruptures de la rate dans les cas exceptionnels d’infanticide.
OBSERVATION (résumée)
(Couraexe : Note sur un cas de déchirure traumatique de la rate chez un enfant.Lyon Médical 31 decembre 1890)
Enfant du sexe masculin de dix jours environ. Présentait des fractures du crâne, des infiltrations sanguines du cuir chevelu et des méninges. Ecchymose à la surface des poumons, du péricarde et des gros vaisseaux. L’abdomen co tient un épanchement de 150 gr. Le tube digestif nage au milieu de sang liquide entremélé de caillots. La rate est normale, sa face externe est divisée à
Ne
sa partie moyenne par trois déchirures transversales, réunies par une fissure verticale. Deux de ces lésions ont intéressé tout l'organe, la capsule de la face interne étant elle même incomplètement dilacéré. Ecchymose de la dimension d’une lentille dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Intestins
De tous les organes contenus dans la cavité abdominale c'est l’intestin qui est le plus souvent atteint. Ceci ne doit pas nous étonner, si nous considérons la position superficielle de ce viscère qui n’est protégé que par les muscles de l'abdomen, et la place qu’il occupe dans la cavité abdominale. Les différentes portions du tube intestinal ne sont pas atteintes dans les mêmes proportions. Chavane donne dans son travail publié en 1884, et qui portait sur plus de 150 observations, l’ordre de fréquence des parties atteintes, les parties moyenne, supérieure et inférieure de l'intestin grêle, le colon, le duodénum, le cœcum, l'os iliaque. Le degré de gravité des perforations ruptures ou déchirures intestinales, est en raison de la plus ou moins grande proximité de l’estomac. C’est ainsi que les ruptures du duodénum sont rapidement mortelles. Sur septcas rapportés par l’auteur cité plus haut, la survie n’a pas dépassé vingt-quatre heures pour cinq des blessés ; un seul est arrivé au troisième Jour; quant au dernier,il a survécu dix jours, mais il est juste de dire que la perforation était incomplète; pour la partie supérieure de l'intestin grêle la mort est aussi rapide puisque sur 17 cas pas un seul ne dépasse
le troisième jour ; pour la portion moyenne, la survie est d'un à quatre jours ; pour la partie inférieure la survie augmente de durée. Il en est de même pour le gros intestin. Mais ce qui assombrit fatalement le pronostic c'est l'épanchement de matières fécales dans le péritoine. D'ailleurs il est impossible de diagnostiquer cet épanchement fécal puisque tous les cliniciens sont d’accord pour dire qu’il n'existe pas même de signes pouvant permettre de diagnostiquer de bonne heure une perforation intestinale. On est donc dans la nécessité d’attendre afin de faire le départ entre ce qui revient à la réaction péritonéale et à l'infection générale. Mais généralement le choc et les phénomènes qu’il produit sont nuls ou légers dans les blessures de l'intestin. Il est rare qu’il y ait perte de connaissance comme dans les deux observations suivantes, encore dans le cas de Reboul l'homme était-il ivre.
OBSER V ATION
(Resouz ; Marseille médical 1891, t. XX VIIT
Entré à l’Hôtel-Dieu de Marseille à 5 heures du soir, X... venait d’être renversé à 4 heures par une voiture légère. La roue de la voiture a traversé l'abdomen en écharpe, au niveau des fausses côtes et de l’ombilic. Le malade ne peut se relever et perd connaissance. À son arrivée X..., qui d’ailleurs était ivre au moment de l'accident, est dans la stupeur ; vomissements fréquents. Pendant la nuit vomissements fréquents. Le 5 mai au matin, 17 heures après l'accident X...,est dans la somnolence,on ne peut que difficilement le réveiller et obtenir des réponses. Il accuse de vives douleurs à lPombilic, aagmentées par la palpa-