L. AUGARDE
paraissent relativement modérées, mais deviennent plus fortes par les mouvements, les efforts, le vomissement. Les extrémités sont froides, la respiration superficielle;le pouls filiforme,difficile à compter. Vomissements modérés bilieux, leur couleur n’a rien de caractéristique.Le cathétérisme avec une sonde molle ne ramène que quelques gouttes de liquide. A huit heures moins un quart, aggravation subite de l’état du malade. Il meurt une heure
après.
Autopsie. — Le 21 au matin, la rigidité cadavérique est très marquée, odeur putride. Péritonite aiguë très intense, avec épanchement jaune louche, parsemé d’exsudats semi-purulents très abondants, un litre et demi environ. Les anses intestinales sont très distendues, refoulent sous les hypocondres lestomac et le colon; elles sont accolées les unes aux autres par des adhérences déja solides. En bas même et à gauche (point d'application du coup) l’intestin grêle recouvrait PS iliaque et la terminaison du côlon. Toutes ces anses superficielles étaient rouges, violemment injectées, recouvertes d’exsudats, adhérentes très solidement les unes aux autres. L’estomac, le côlon ne présentaient qu’une inflammation peu intense. La péritonite intense en avant, était presque nulle sur la séreuse pariétale, postérieure, le foie, l’arrière-cavité des épiploons ; peu marquée dans le petit bassin ; la vessie était à peu près vide. L'injection des anses intestinales superficielles s’atténuait à la face postérieure de ces mêmes anses et disparaissait même sur les anses plus profondément situées. La péritonite semble donc avoir été relativement localisée. Pas de trace d’ecchymose sur la paroi.A 0" 50 à 0° 60 du pylore, perforation à la face inférieure de l’anse, à un travers de doigt de l'insertion mésentérique, large de 25 "/", à bords nets, sans inflammation du voisinage.
OBSERVATION (1
(CHayasse : Archives de médecine et de pharmacie militaire, t. IV, 1884)
P..., âgé de 22 ans, cavalier au 7° régiment de cuirassiers, entre à l’hôpital le 5 décembre 1883, pour des accidents de
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péritonite trèsgraves consécutifs à une contusion abdominale par coup de pied de cheval.
Cet homme, étant de garde d’écurie, a reçu la veille vers trois heures du matin, un coup de pieddecheval dans l’abdomen, et ne s’est fait porter malade qu’au moment où a sonné le réveil. Il est venu seul à la visite, marchant le corps ployé en avant, et raconte que par l'effet du choc, il a été projeté à terre, mais n’a pas perdu connaissance. La face est pâle ; labdomen, tout à fait normal comme aspect et ne présentant aucune trace de contusion, est modérément douloureux à la palpation, principalement autour de l’ombilic; pas d’envies de vomir ni d’aller à la garde-robe. La santé antérieure a toujours été excellente. Il est admis à l’infirmerie et, pendant toute la journée, reste couché sans se plaindre, dormant de temps à autre. Dans la nuit survient un premier vomissement de matières glaireuses sans traces de sang ; une selle peu abondante.
Le lendemain matin, à la visite, l’état de l'abdomen ne s’est nullement modifié comme aspect extérieur; mais la douleur à la palpation est plus vive, le pouls est précipité et petit; le facies est pâle, terreux. Envoyé d'urgence à l'hôpital.
A son arrivée au Val-de-Grâce, on constate la pâleur terreuse du visage qui présente le facies péritonéal : le nez est tiré, les yeux sont excavés et creux, les pupilles dilatées, les lèvres cyanosées, la langue est sèche, la peau froide, le pouls petit et rapide. Absence de vomissements et de selles. L’abdomen est contracté, douloureux surtout à la pression. Etat de collapsus profond avec intelligence conservée.
La mort survient presque subitement 2 heures après, c’est-àdire trente-quatre heures après l'accident.
Autopsie. — L'examen des parois abdominales ne révèle en aucun point des traces de contusion ; le tissu sous-cutané et les muscles sontintacts.
La cavité de l'abdomen renferme environ 2 litres d’une sérorité roussâtre, plus abondante dans la fosse iliaque droite, avec quelques rares matières stercorales en suspension. Péritonite généralisée ; exsudats jaunâtres, mous, reliant les deux feuillets pariétal et viscéral, se prolongeant sur la face convexe du foie,
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et agglutinant les anses intestinales, qui sont peu distendues et présentent un aspect rosé.
Lecôlon transverse apparaît contusionné à sa partie moyenne ; ses parois sont infiltrées de sang dans létendue de 5 cm. environ, sans que les tuniques soient déchirées. En soulevant le côlon, on trouve au-dessous et au même point que la lésion précédente une anse du jejunum complètement coupée et dont les deux surfaces de section ne sont plus reliées entre elles que par le bord du mésentère. La muqueuse intestinale fait sur chaque extrémité rupturée une hernie en manchette d'environ 1 centimètre et demi de hauteur. À cause du resserrement des fibres musculaires, on éprouve une certaine difficulté à introduire le doigt dans les bouts sectionnés. Cette rupture siège à | mètre du pylore.
Au-dessous de cette anse, on rencontre le duodénum, dont la paroi postérieure surtout est ecchymosée, infiltrée de sang et même quelque peu meurtrie. La muqueuse intestinale, à ce niveau, est légèrement déchirée sur trois points; les autres tuniques sont intactes.
En se dirigeant vers la colonne vertébrale, on trouve en arrière et au-dessous de la partie lésée du duodénum, au niveau du trépied de Haller, une infiltration sanguine qui, partie de ce point, suit le pourtour de l’aorte et descend jusque dans le petit bassin; elle est due à la déchirure de vaisseaux de médiocre importance. L’aorte et les vaisseaux qui en naissent au niveau du point frappé n’offrent aucune lésion; seulement on découvre dans l’aorte un caïllot mou, noirâtre, long de 4 centimètres ; la veine cave est normale.
Les parties du mésentère et du grand épiploon situées audessous des lésions décrites plus haut sont infiltrées de sang provenant de la déchirure de petites veines et artérioles mésentériques.
Le segment de l'intestin compris entre la rupture et l'estomac renferme du sang noir, couleur marc de café, mélangé à de la bile, et est distendu par des gaz. Au contraire, la portion inférieure, à partir de la rupture, est aplatie et ne contient que quelques matières stercorales sans traces de sang.
Tous les autres organes abdominaux : reins, rate, foie, vessie, sont absolument sains.
Dans les cas que nous relatons ci-après l'impression de gravité de la lésion, que l’on a conçue à première vue, se trouve réalisée par la finrapide de ceux qui portaient ces blessures Un fait digne de remarque, c'est que parmi ces blessés, dont aucun, sauf celui qui a été opéré (observ. Nélaton), n’a survécu à ses blessures plus de quarante-huit heures, c’est justement celui qui est le porteur de la lésion la plus grave puisque le malade de Chavasse présentait une double section complète du jéjunum, le lambeau d’intestin étant maintenu en place par le mésentère.
OBSERVATION
(ANTOINE : Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaire, t. XLIX, {"° série, 1840).
C. Gustave, chasseur au 11° régiment, reçut, à toute volée, le 2 mai, un coup de pied de cheval dans la région hypogastrique. Un peu après l'accident, la douleur devint telle que le blessé pouvait à peine répondre aux questions qu'on lui adressait. Les parois abdominales ne présentaient aucune trace de contusion, mais le ventre était tendu, douloureux et contracté. Le malade fut porté immédiatement à l'hôpital.
Le soir, le ventre est toujours dur, tendu, douloureux à la pression, sans la moindre rougeur à la peau. Le blessé a uriné difficilement; son pouls est petit et accéléré. Nuit très douloureuse, Le 3, la péritonite a pris de l’extension ; vers dix heures, des vomissements, aqueux d’abord, puis bilieux, se déclarent et continuent durant le jour : le soir sueur visqueuse et froide, face grippée, agonie, mort à dix heures.
Autopsie : 1T heures après la mort. Intumescence du basventre, À Pouverture des parois de l’abdomen, on voit le péri-
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toine enflammé et déjà en suppuration; il en est de même du grand épiploon. Un pus moitié crémeux, moitié condensé en fausses membranes recouvre toute la région hypogastrique; d’autres fausses membranes établissent -dans la fosse iliaque droite des adhérences molles entre lintestin et cette cavité.
Traces d’inflammation aiguë sur différents points de l’intestin grêle. Les intestins sont baignés par une matière pulpeuse d’un gris jaunâtre. En développant les circonvolutions intestinales, on aperçoit sur une portion du jéjunum appliquée contre la colonne vertébrale une déchirure comprenant la moitié de la circonférence de cet intestin et siégeant au milieu d’une plaque violacée et mortifiée; cette rupture avait évidemment donné issue à la matière pulpeuse, résultat de l’acte digestif.
La rupture de l’intestin, l’épanchement péritonéal, et la péritonite consécutive, telles ont été les causes de la mort du blessé.
OBSERVATION
(Bouizzy : Bulletin. Société de chirurgie, 1883, t. IX, 4° série).
Le nommé S... , âgé de 22 ans, recoit le 1! juin dernier vers midi et demi deux coups de pied de cheval sur le ventre un peu au-dessous de l’ombilic. Immédiatement il est pris de douleurs vives, de vomissements et apporté à l’hôpital Beaujon. A la visite du soir, il présente les signes d’une péritonite au début; la paroi abdominale n’offre aucune trace de contusion. Température 37 degrés. Le 12 au matin, les symptômes de péritonite sont beaucoup plus accentués. Depuis le moment de l'entrée le malade a rendu d’une manière presque incessante des vomissements bilieux, vert foncé, absolument caractéristiques. Absence complète d'émission de gaz par anus. Lesurines claires, limpides ont été rendues spontanément en assez grande quantité. La face est pâle, grippée, abdominale, la voix est éteinte et cassée, le pouls petit et fuyant. Température 37° 8. Opération. L'incision de la paroi abdominale, et l'ouverture du péritoine
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laissent sortir un liquide brun noirâtre, abondant, mélangé de parcelles fécaloïdes et en ayant l'odeur. L’intestin grêle est dévidé et à { mètre ou 1",50 on tombe sur une anse très rouge ecchymotique, très contusionnée, présentant un point de sphacèle près du mésentère, celui-ci épaissi, infiltré de sang rouge et noirâtre présente un commencement de gangrène. Mais à 5 ou 6 millimètres plus loin, on trouve une perte de substance de la dimension d’une pièce de 0,50 centimes siégeant sur le bord convexe de lintestin. Tout autour de cette perforation la paroi intestinale est noirâtre ecchymotique douée d’une vitalité très douteuse. Pansement. Le soir le malade est bien remis de opération ; il souffre très peu et n’a eu que quelques vomissements. Température 37° 6. Le pouls est beaucoup plus fort qu'avant l'intervention. Le malade meurt le 21 à la suite d’une péritonite suraiguë produite par lPintroduction de matières fécales liquides à la suite de la formation d’un anus contre nature. Les adhérences de lintestin à la plaie opératoire pariétale étaient molles et faibles.
OBSER V ATION (NéLaToN : Société de chirurgie, 5 octobre 1892)
Le 22 août 1892, à 6 heures du soir, on apporte à lhôpital un homme qui vient de recevoir dans le ventre un violent coup de pied de cheval qui l’a envoyé rouler à 5 mètres. Il est dans un état de stupeur complet; on le couche, on le laisse tranquille. Toute la nuit le blessé vomit et a des douleurs de ventre atroces. Le 23, à neuf heures du matin, la face est anxieuse et couverte de sueur, mais elle est rouge, vultueuse ; ce n’est pas le facies péritonéal. Le ventre n’est pas météorisé. À la palpation il n’est douloureux qu’au point qui a reçu le choc, c’est-à-dire à trois travers de doigt au-dessus de larcade crurale gauche; là, la pression n’est pas tolérée, ell: provoque des souffrances qui font crier le malade. Les vomissements ont cessé à cinq heures du matin et ne se sont pas reproduits, aucun gaz n’a été
rendu par l'anus, la respiration est normale, le pouls est à 102, la température à 36°6. De l’urèthre, il s'écoule du liquide pros tatique, le toucher ne fait rien reconnaître d’anormal du côté de la prostate qui n’est point douloureuse. La sécrétion est régulière. Laparotomie à neuf heures et demie. On ferme une perforation de l’intestin grêle, et le blessé guérit.
OBSERVATION
(BauDens : recueillie par Mature, Gazette des hôpitaux civils et militaires, 1844)
Rossignol, soldat au 18° de ligne, 23 ans, très bonne constitution, conduisait dans la matinée du 24 octobre 1843, au camp de Charenton, avec une grande rapidité, une brouette. Celleei se trouva tout à coup arrêtée par un obstacle. Rossignol ne pouvant maîtriser son impulsion se projette violemment contre une des branches de la brouette, et reçoit dans l’hypogastre un coup tellement fort qu’il est tombé à la renverse quatre pas en arrière. Il en résulta une douleur très vive dans lPabdomen et quelques instants après des vomissements. Transporté le soir au Val-de-Grâce, le 25 au matin, le malade présente un ventre tuméfié, ballonné, tendu, très douloureux à la pression, surtout à gauche, à deux pouces environ au-dessus de la branche horizontale du pubis, et au niveau du bord externe du musele droit de l'abdomen, point heurté par le manche de la brouette. Les douleurs abdominales, qui ne sont point assez intenses pour rendre insupportable le poids des couvertures, arrachent au malade des cris et des plaintes presque incessants. Point de plaies ni d’ecchymoses sur la peau de l'abdomen. Les vomissements moins fréquents continuent, ils contiennent des matières fécaloïdes. Pas de hoquet. La langue pâle, humide, large; la soif est assez vive. Depuis l'accident le malade n’a pas eu de selles, il n’a pas eu d'émission d'urine. La respiration est accélérée. La face est pâle, altérée, couverte de sueurs. Mort le soir.
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Autopsie. — Epanchement sanguin bien cireonscrit dans l’épaisseur des parois abdominales au niveau du bord externe du muscle droitdu côté gauche, à 6 millimètres au-dessus de la branche horizontale du pubis. Il forme un caillot noirâtre, assez consistant, situé en partie entre la face postérieure du musele droit et le péritoine. L'ouverture de la cavité péritonéale donne issue à un gaz fétide très abondant. Les cireonvolutions de l'intestin grèle sont réunies en un seul paquet par des pseudo-membranes. Le péritoine est fortement enflammé ; il est d’un rouge très vif, parcouru par des vaisseaux gorgés de sang, et recouvert en plusieurs points par de fausses membranes jaunâtres. Dans un point de l'intestin grêle, sur une portion de Viléon située dans la fosse iliaque gauche; on découvre une perforation intéressant presque tout le calibre de lintestin. La muqueuse intestinale boursoufflée forme les bords de cette ouverture par laquelle s'échappe une assez forte quanüité de gaz. Pas d’épanchement dans le péritoine. Adhérence en formation autour de la perforation. Derrière l’intestin, ecchymose de la face antérieure du psoas; effet manifeste du contre-. coup.
OBSER V ATION
(Mouzuré : Recueil de mémoires de médecine chirurgicale el pharmaceutique, suite, troisième série 1861)
Vieillot, Eugène, engagé volontaire au 9° chasseurs à cheval, 26 ans, le 28 février 1856, à trois heures du matin, étant un peu en état d'ivresse, reçoit, en faisant le pansage, un coup de pied de cheval à la région abdominale, vers la partie médiane, un peu au-dessous de l'ombilic. Il se plaint presque instantanément d’une douleur extraordinairement vive au point où le corps contondant a frappé et qui gagne toutes les parties de l'abdomen avec une rapidité extrême, augmentant encore sous l'influence des mouvements et des légères pressions que lon fait pour desserrer son pantalon dont la ceinture le gène d’autant plus que le ventre tend à prendre un grand développe-