‹ Des Blessures De L'Abdomen Sans Lésion Apparente Des ParoisChapitre 18 sur 25 · L. AUGARDE · texte numérisé non relu

L. AUGARDE

ment ; il se plaint encore de frissons le long de la colonne ver tébrale et de nausées.

Examiné quelques minutes après laccident, on trouve: facies exprimant une vive souffrance; décubitus sur le dos, les jambes dans la flexion et rapprochées du tronc; langue presque froide et sèche, voix un peu voilée, pouls petit, misérable, excessivement fréquent; extrémités froides et un peu cyanosées, peau couverte d’une sueur visqueuse, vomissements de matières verdâtres, suivis et précédés de hoquets; respiration rapide et purement costale, surtout dans les inspirations ; ventre ballonné,tout mouvement et la moindre pression exaspérant la douleur, l'exploration est à peine permise; pas de lésion apparente des parois abdominales, intelligence n’ayant subi aucune modification.Transporté immédiatement à l’hôpital civil de Niort.

Dans la nuit du 28 au 29, il ne se manifeste aucune modification dans la douleur,mais les vomissements sont plus fréquents, la soif plus vive; pas de selles ; la région vésicale est le siège d’une douleur assez violente pour que le maladedemandeavee là plus grande instance d’être sondé ; à six heures du matin, le cathélérisme pratiqué ne donne sortie qu’à quelques gouttes d’une urine épaisse et rougeàtre et ne produit aucun soulagement.

A la visite de huit heures du matin, on constate : voix extrèmement faible, intelligence toujours très nette, pouls à peine sensible, sentiment de froid très grand, cyanose des extrémités, face hippocratique, amaigrissement extraordinaire, hoquet presque continu, respiration pénible et très rapide, vomissements incessants, constipation, soif impérieuse, douleur abdominale légèrement calmée.

Onze heures du matin, mort, dix-neuf heures environ après l'accident.

Autopsie., — L'abdomen étant ouvert avec le plus grand soin on trouve aux flancs et dans le petit bassin une quantité considérable de matières fécales, liquides, mélangées à une sécrétion blanchâtre, purulente et contenant des flocons fibrineux. Le péritoine, dans toute son étendue, a un aspect rougeâtre, mais dans certains points il y a des plaques d’une nuance rouge plus

DA

vive, et dans d’autres se trouvent de fausses membranes jaunâtres se détachant très facilement.

En examinant l'intestin, on voit, au niveau de l’ombilie et à deux centimètres vers le flanc droit, une anse de l’iléon qui présente, sur une longueur de cinq centimètres environ, deux ouvertures, l’une de deux lignes à peu près, l’autre d'environ un centimètre, et qui semble avoir été produite avec un emporte-pièce; il n’y a pas eu d’hémorrhagie. Tous les autres organes ne présentent rien de particulier ; la vessie est vide et sans trace d'inflammation ; les reins, la rate, le pancréas, le diaphragme ne présentent aucune lésion.

Dans l’observation qui suit on est frappé du peu d'importance de la lésion, qui n’en a pas moins emporté en trois jours le blessé.

OBSERVATION

(Javrës: Archives de médecine et de pharmacie militaire, mai 1889)

Le 14 avril 1887, à six heures du matin, S..., reçoit sur l’abdomen une double ruade qui lPenvoie rouler à plusieurs mètres. Immédiatement, vives douleurs abdominales, vomissements, anxiété respiratoire extrême qui dure une heure.La paroi abdominale est intacte. Soupcon de rupture intestinale. A la contrevisite douleurs abdominales vives, exaspérées par une pression légère avec exacerbation de courte durée, se propageant le long de la paroi antérieure du thorax et remontant en arrière entre les deux épaules. Depuis le matin, le blessé n’a vomi qu’une fois ; il urine facilement. A neuf heures du soir, les douleurs ont augmenté, le blessé ne peut rester que demi-assis et soutenu de chaque côté, par deux infirmiers. Constipation : un lavement reste sans effet. Mort le 415 avril à six heures du matin, vingt-quatre heures après l'accident,

Autopsie. — Ventre ballonné, tendu, sonore. À l'ouverture de l'abdomen issue d’une quantité notable de gaz fétides et de sérosité roussâtre, taches ecchymotiques entre le feuillet pariétal et les feuillets aponévrotiques profonds. Infiltration sanguine de la partie supérieure du grand épiploon, du tissu cellulaire placé entre les deux lames du mésentère et dans toute la moitié postérieure de ce dernier, de atmosphère celluleuse du cœcum et du tissu cellulaire qui enveloppe l’aorte et la veine cave depuis le pancréas jusque un peu au delà de la bifurcation des deux vaisseaux. Au niveau de PS iliaque, caillots sanguins libres dans la cavité péritonéale. Le péritoine présente le dépoli caractéristique de la péritonite au début. Les anses intestinales superficielles sont agglutinées par des fausses membranes molles. Là péritonite est étendue à tout l'abdomen sauf au petit bassin. A la partie supérieure de l'intestin grèle, à peu près à l’union du jéjunum et de la troisième portion du duodénum, rupture occupant les deux tiers environ du calibre de l'intestin, à bords tuméfiés et ecchymosés ; les deux bouts de Pintestin ne tiennent plus Pun à l’autre que par une languette de 1 centimètre de largeur à peine et longue de 5 centimètres.

OBSER V ATION (Anpré : Archives de médecine et pharmacie militaire, 1888).

Th... cavalier au 2° chasseurs d’Afrique, est apporté à l’hôpital de Tlemcen le 5 mai 1885, à deux heures et demi de l'après-midi. Assistant à une promenade des chevaux en dehors dela ville, son cheval, emballé, s’est abattu au milieu des rangs. Au même moment, le cheval qui le précédait a rué à une distance telle que la détente des jarrets pouvait produire son maximum (effet; les deux sabots ont atteint le cavalier au milieu du ventre.

Le blessé est pâle, a les traits contractés; le pouls est miséräble; le moindre mouvement arrache des cris de douleur. L'examen de la paroi abdominale ne révèle aucune trace de

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