‹ Des Blessures De L'Abdomen Sans Lésion Apparente Des ParoisChapitre 24 sur 25 · ONE · texte numérisé non relu

ONE

OBSERVATION

(CLousar. — Archives de médecine et de pharmacie militaire, t. XIV, 1889).

Le 5 octobre, vers 8 heures du matin, le cavalier P... faisait de la voltige à cheval ; il reçut dans le mouvement dit « à terre et à cheval » au galop, un violent coup de rein, perdit l’équilibre, et en tombant reçut dans le côté gauche de l’abdomen le choc violent des jarrets de sa monture. La partie du membre qui constituait ici le corps vulnérant et qui a été sans aucun doute la pointe des jarrets, permettait de penser que la blessure serait relativement peu grave, qu’il n’y aurait pas notamment de rupture intestinale; et c’est, en effet, ce que la marche ultérieure des symptômes a démontré. Néanmoins les phénomènes immédiats ont été sérieux. Il se produisit une syncope passagère; le blessé, promptement ranimé, resta déprimé, on s’empressa de l’envelopper chaudement et de le transporter à Phôpital, non en voiture mais en brancard. La sensibilité du ventre était très vive; le météorisme alla en se développant toute la journée ; le facies était grippé; le moral affaissé. J'avais quitté le blessé à 11 heures; quand je Le revis à 3 heures je fus surpris de constater un tympanisme aussi marqué, le ventre était distendu comme une outre, alors qu’il n’y avait eu aucun vomissement, que le pouls était calme et régulier, la physionomie assez bonne quoique inquiète. Le malade déclara qu’il n’avait pas uriné depuis l’accident, je lui affirmai qu'il pouvait uriner s’il le voulait, et presque immédiatement il vida sa vessie, qui contenait environ 300 grammes d’urine normale. Dans les heures qui suivirent, les autres muscles lisses reprirent peu à peu leur tonicité, le ventre ballonné s’affaissa graduellement, la sensibilité à la pression s’atténua, et, à la visite du lendemain, l’état local, comme l’état général, justifiait notre pronostic favorable.

OBSERVATION

(CHAVASSE : Archives de médecine et de pharmacie militaire, à t. IV, 1884.)

Auvray (Victor), 23 ans, cavalier au 7° cuirassiers, entre à l'hôpital du Val-de-Grâce le 11 décembre 1883. Aucun antécédent morbide. Cet homme a reçu le matin même un coup de pied de cheval à l’épigastre, pendant sa garde d’écurie ; il a été projeté à terre et a perdu connaissance. Après la cessation de la syncope, qui a été de courte durée, il est transporté à l’infirmerie, où l’on constate seulement de l’angoisse respiratoire et une vive douleur spontanée et à la pression, siègeant au point frappé. Il arrive à l’hôpital deux heures après l’accident et présente les symptômes suivants : douleur très intense, exaspérée par la pression, localisée à la région sus-ombhilicale; pas de vomissements, mais un peu d'état nauséeux; pas de ballonnement abdominal; gène respiratoire assez marquée; pouls plein, peu rapide; température à 38°. En outre, ce malade est moralement très déprimé, et cela surtout parce qu’il appartient au même peloton que son camarade victime d’un accident semblable, dont il a été question dans l'observation précédente.

Le soir, la température est encore à 38°; même état général que le matin.

Le lendemain, aucune aggravation des symptômes précédents ; dans l'après-midi, le malade se plaint de n’avoir pas uriné depuis son accident ; on retire par le cathétérisme environ trois quarts de litre d’urine légèrement colorée. Température, 38° le matin, 37°5 le soir.

Le surlendemain, les phénomènes s’amendent d’une manière très sensible et en quelques jours la guérison est complète.

Le 21 décembre, le cavalier sort pour reprendre son service.

L’incident suivant est à noter : l’avant-veille de son départ, il eut une selle accompagnée d’une légère perte sanguine, qui était due à la déchirure d’hémorrhoïdes externes.

L,. AUGARDE, 12

Le 0j

OBSER V ATION (ResouL : Manuel médical, 1891)

Le nommé B.. Henri, âgé de 28 ans, ferblantier, entre à l'hôpital Lariboisière, service de M. le D' Périer le 14 octobre 1888. Dans l’après-midi, B... a été renversé par une voiture légère dont une roue a pris en écharpe l’abdomen dans les régions du flanc gauche et de l’ombilic. Léger collapsus, douleurs vives, ballonnement du ventre, hoquet. Le 15, même état, pas de vomissements, pas de douleurs vives, la stupeur diminue. Le 17, une selle normale, pas de sang. Le malade ne se plaint plus que d’une douleur dans le flanc gauche. Le 20, le malade s’alimente. Sort le 27.

Ou bien l’on peut voir cet état persister et entraîner la mort au bout de deux ou trois jours.

OBSER VATION (Archives du Comité technique de santé.)

Dans la nuit du 16 au 17 janvier 1892, vers onze heures et demie, le cavalier L... reçoit un coup de pied de cheval dans la région abdominale inférieure. Projeté sur le sol, il peut se relever au bout de dix minutes et se recoucher sur la litière de l'écurie. Vers minuit, un camarade le trouve et le conduit dans sa chambre, où il est pris de vomissements. Vers sept heures du matin, le 17, on constate chez le blessé un facies nettement abdominal, une légère hébétude, un pouls petit, et du côté de l’abdomen, un léger. ballonnement et une extrême sensibilité dans toute son étendue. À onze heures, le facies est grippé, le teint plombé, le nez effilé, le pouls petit, fréquent.

Il se plaint de douleurs atroces, généralisées à tout le ventre. Vomissements incessants de liquides verdâtres, ventre météorisé, extrêmement sensible au toucher. Température 38°4. Le 18,température 37°8 ; les douleurs et les vomissements continuent; le météorisme a augmenté ; urines normales, pas de selle, faiblesse générale considérable. Le 19, vomissements plus rares que dans la journée d’hier, une selle considérable mais normale. La faiblesse est extrême. Mort dans la nuit du 19 au 20. Pas d’autopsie.

Parfois même, mais beaucoup plus rarement, la mort peut être immédiate.

C’est le cas de cet apprenti relieur de 1$ ans qui, jusque-là bien portant, reçut dans une querelle un coup de poing dans l'estomac. Le jeune homme s’affaisse et meurt au bout de quelques minutes.

A l’autopsie, on trouva une rigidité cadavérique très marquée ; tous les viscères étaient sains.

Muscka avait cité, il y a quelques années, un fait analogue concernant un robuste charretier qui succomba en quelques minutes à un coup de pelle sur l’épigastre. L’autopsie ne révéla qu’une ecchymose de la dimension d’un thaler sur le grand épiploon.

Ces phénomènes, qui se rapportent à la commotion nerveuse, se traduisent par la perte de connaissance, la pâleur de la face, uh pouls petit, dépressible et fréquent, une respiration superficielle, un état nauséeux et le refroidissement des extrémités.

La série des accidents nous montre qu’une partie du système nerveux central, aussi bien que le système nerveux sympathique, sont intéressés. Ceci n’a rien qui doive nous étonner, car nous savons que le plexus solaire, en particulier, est formé par des anastomoses

du nerf pneumogastrique dont l’action se manifeste assez nettement par les troubles cardiaques, les nausées, les hoquets et les vomissements, et par des branches du sympathique. Ce qui au premier abord semble singulier, c’est que les effets de cet ébranlement nerveux sont beaucoup plus redoutables pour les individus vigoureux et d’une bonne santé générale. Il est probable que la fonction de neurilité, s’accomplissant mieux et d’une façon plus parfaite, réagit ainsi plus vivement lorsque ses organes viennent à ètre atteints.

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