‹ Des Blessures du Cristallin Sans CataracteChapitre 6 sur 20 · LS PARUS · texte numérisé non relu

LS PARUS

à Kars pour examiner les recrues, en trouva 59 qui devaient être dispensés pour maladie des yeux et sur ceux-ci il y en a eu 31 qui avaient une cataracte volontaire de l'œil droit. 11 s'agissait dans tous les cas, dit-il, de recrues israélites et Reich découvrit que ces cataractes avaient été provoquées par une blessure avec une aiguille, la pointe d'un canif acéré ou l'application de sangsues sur la cornée.

Les blessures accidentelles de l'œil furent de tout temps fréquentes. Mais le développement énorme de l'industrie métallurgique, dans les années qui précédèrent immédiatement la guerre, avait fait augmenter dans de fortes proportions le nombre des blessés des yeux par corps étrangers métalliques. Les cataractes traumatiques produites dans ces conditions avaient en conséquence, suivi proportionneliement cet accroissement. ;

La guerre ne vint qu'accroître le chiffre des cataractes et considérable fut le nombre des blessures de l'œil et en particulier du cristallin par éclats de grenade, de torpille, d'obus, voire même de balle, et notre camarade Testas,.qui a compulsé les 4695 rapports d'expertises pour lésions oculaires faites sous la direction de Monsieur le professeur Rollet, constate :

639 cas de cataractes dont 590 de traumatiques, soit :

1° Cataractes traumatiques opérées 243, soit : cataractes simples 238, cataractes opérées compliquées de décollement 5 ;

2° Cataractes totales simples 181, compliquées de subluxation 11, d’irido cyclite 11, de luxation 4, de décollement rétinien 2;

3° Cataractes partielles périphériques 69, capsulaires 22, adhérentes 5, centrale 1, ponctuée 1, zonulaire 1, laiteuse 1;

4 Cataractes traumatiques résorbées spontanément :38.

Dans un rapport présenté à la Société d'Ophtalmologie de Paris le 11 juillet 1916, Monsieur le professeur Rollet et le docteur Velter, chef de clinique de l'Hôtel Dieu de Paris, ont montré les indications opératoires de cette cataracte traumatique chez les blessés de guerre.

C'était ces blessés qui se présentaient le plus souvent: avec la face absoiument criblée d'éclats et de poussière, les paupières ecchymotiques et œdématiées. L'infection et la contusion prédominaient, le chémosis conjonctival rare, mais parfois énorme, masquait la plaie d’entrée.

La douleur et l'hypotension de l'œil étaient la règle.

On reconnaissait quelquefois la porte d'entrée du projectile le plus souvent au niveau de la cornée, quelquefois au niveau de la sclérotique qui laissait apercevoir par sa brèche la choroïde noire. Dans le quart des cas, la plaie d'entrée passait inaperçue.

Les blessures de l'iris, à moins que l'éclat n'ait pénétré par la pupille, ce qui était rare, ou n’ait franchi le plan osseux de l'orbite et atteint le cristallin en traversant la sclérotique en arrière du plan irien, étaient très fréquentes et siégeaient soit sur sa circonférence d'insertion, soit sur son bord libre, soit au milieu même de la substance.

Le cristallin était toujours cataracté s’il avait été touché par l'éclat. La cataracte apparaissait en général très précocement dans les jours qui suivaient la blessure. Le fondd'æilétait inéclairable à l'examen ophtalmoscopique.

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