‹ Des bractéates d'allemagne: considérations générales et classification des types principauxChapitre 17 sur 53 · DUCHÉ D'ANHALT · texte numérisé non relu

DUCHÉ D'ANHALT

a. Comtes et seigneurs (TAnhalt. — Les comtes d*Anhalt frappaient monnaie à Aschersieben, Ballenstâdt, Côthen, Zerbst, etc., etc.

Albert de Brandebourg a frappé quelques belles et rares bractéates sur lesquelles il prend le titre de comte d'Anbalt. (V. margraves de Brandebourg.) Bernard, son fils, fondateur de la lignée des princes d'Anhalt, puis duc de Saxe, a frappé, comme comte d'Anhalt, de 1170 à 1180, une nombreuse et belle série de bractéates, pour Tétude desquelles nous renvoyons aux bractéates des princes de Saxe. Mous les avons énumérées à côté de celles que Bernard frappa comme duc de Saxe.

Le fils de Bernard, Henri T*", qui lui succéda comme comte, puis prince d'Anhalt, de 1211 à 1252, a aussi frappé de nombreuses bractéates, malheureusement muettes. On les attribue à ce prince, simplement à cause de leurs caractères qui les désignent comme frappées pendant la période correspondante à son règne. Il est fort difficile d'affirmer que quelques-unes d'entre elles n'appartiennent point aux dernières années de Bernard ou aux premières des successeurs de Henri. On y voit figurer les types ordinaires : le comte de face, debout ou assis, tenant la bannière, le bon-

clier, la lance ou Fépée, le sceptre, ou parfois même placé entre deux écus partis d'une demi-aigle et de deux fasces. Plus souvent le bouclier ainsi chargé se trouve dans la main du prince. Celui-ci est généralement figuré la tête nue, avec une longue chevelure.

 la mort de Henri P', ses fils se partagèrent ses États et frappèrent .chacun monnaie pour son propre compte. Henri II eut Âschersleben, et mourut en 1267. Ses deux fils, Henri III, depuis archevêque de Magdebourg, et Otton P' (1267-1304), régnèrent d'abord en commun. En 1303, Otton II, fils d'Otton P', leur succéda, et mourut en 1315, sans postérité. Bernard P', second fils d'Henri P% eut Bernbourg et Ballenstàdt (1252-1287). Son fils, Bernard II, mourut en 1318; Siegfried, le troisième, eut Côthen et Dessau H 252-1 290); son fils Albert mourut en 1316; il est la tige de la ligne des princes d'Anhalt actuellement régnante.

On possède de l'époque qui s'étend de la mort de Henri 1", en 1252, jusqu'au premier quart du quatorzième siècle, do nombreuses bractéates, généralement de petites dimensions, presque toujours muettes, de types assez uniformes, et représentant le plus souvent un seigneur, debout, nu-tèle avec une longue chevelure, tenant à la main divers attributs. Ces bractéates, connues particulièrement des numismatistes allemands sous le nom d'Ascanische ou Anhaltische Pfennige {pfennigs dAnhalt ou Ascanie, qui est la même chose), sont extrêmement difficiles à répartir entre les divers princes d'Anhalt que nous venons d'énumérer. Il est même le plus souvent impossible de les distinguer des bractéates tout à fait ou presque tout à fait identiques que frappèrent, à la même époque, les divers princes, cousins de ceux d'Anhklt, et en particulier les margraves de Brandebourg de Fa ligne d'Ascanic, et les princes de Saxe de la même maison. Pour ceux qui désiœraient des notions plus

précises sur ces nombreuses petites bractéates muettes, Dous renvoyons aux travaux spéciaux et en particulier à la description détaillée faite par M. Schônemann, d'un certain nombre de ces pfennigs provenant de la trouvaille de Schadeleben (1). Ce numismatiste distingué s'efforce, mais le plus souvent sans résultat, de distribuer ces petites bractéates entre les divers descendants d'Henri P' d'Anhalt, et les princes contemporains de Brandebourg et de Saxe. Nous ne pouvons entrer dans des détails beaucoup trop longs pour un travail aussi général que le nôtre. Nous nous contenterons de donner une dernière fois une idée générale de ces pfennigs. Leur grandeur est assez uniforme, ils sont toutes de petites dimensions. Le comte, avec la longue chevelure bouclée, est assis ou debout, lenant une foule d'attributs divers, et en particulier deux épées, deux bannières ou deux sceptres, fort souvent l'écu avec les armes d'Anhalt ou seulement les fasces deBallenstâdt. Deux comtes, figurés Tun à côté de l'autre, sont les deux frères Henri III et Otlon V\

Sur d'autres variétés très-nombreuses, également décrites en partie dans l'ouvrage de Schônemann, on voit : la tète du comte souvent placée sous une porte de ville ou de château; des écussons portant les armes d'Anhalt, de Ballenstâdt; les fasces seules ou avec un demi-aigle; une foule d'objets ou emblèmes divers : deux oiseaux^ deux clefs, deux tourelles, etc., des édiGces, des tours, des portes de ville, le casque orné de deux cornes de buffle (cimier d'Anhalt), le panache de plumes avec la lettre B {Bernard on Bernbourg). Une foule de ces types sont très-probablement de simples variétés annuelles d'un même règne.

Les pages du journal de Weissensee, Die Numismatische Zeiiung, contiennent encore la description d'une foule de ces

(\) Zur vaterîândiscken Mùnzkunde vom zwôlften bis funfzehnten Jahrhundert, oder Grundzûge der Bracteatenhunde, etc.. Wolfenbùttel, 1852,

petites bractéates seigneuriales; mais ici aussi toutes les tentatives faites pour les attribuer à un prince déterminé delà ligne d'Ânhalt ou des lignes voisines^de Saxe» de Brandebourg, etc., n'ont encore produit que des résultats fort incomplets. Les seules données un peu certaines sont fournies par la connaissance exacte du lieu de la découverte.

b. y ille.de Ballemtàdt ou Ballenstedt. — Atelier monétaire très-ancien des comtes d'Anhalt. Le père d'Albert rOûrs de Brandebourg était Olton d'Ascanie, comte de Ballenstedt. Sur des bractéates de Bernard de Saxe, figure la légende Balgonie; faut-il y voir le nom de Ballenstedt, ou bien une perversion de Saxoniœ?

c. yUIe de Côthen. — Atelier monétaire des princes d'Anhalt. Sur des bractéates du duc Bernard , le nom de Côthen figure dans la légende.

d. Abbaye de Gemrode, — Cette abbaye de femmes, trèsvoisine de celle de Quedlinbourg, fut fondée en Thonneur de Saint-Cyriaque, par le margrave Gero, en 961. II est trèsprobable que les abbesses ont joui du droit de frapper monnaie; mais, malgré de nombreuses recherches, on n'est pas encore fixé sur les bractéates qui pourraient leur appartenir, et il est fort possible qu'on les confonde encore actuellement avec les monnaies plus connues des abbesses de Quedlinbourg. Cependant une bractéate représentant une abbesse assise sous une voûte^ avec la légende renversée et

fort barbare ICASN-TORN-NNIA. A SSIT. BBB CBBA CIVV- DAM, bractéate attribuée par M. de Posern-Klelt à l'abbaye de Nordhausen, pourrait plutôt appartenir à l'abbesse de Gcrnrode, Hcdvigc III, qui mourut vers le milieu du douzième siècle.La légende peut se lire en effet de droite à gauche HADWIC. ABBATISSA. GRNNOTN. SA. Cl. {Sanctus

Cyriacus?) et l'absence de la croix habituelle de Nordhausen est une raison de plus pour enlever cette bracléale aux abbesses de ce nom, et pour la classer, au contraire, à <îernrode; il en est peut-être de môme de celle qu'on attribue avec un point de doute à l'abbesse de Nordhausen, Judith.

e. Abbés de Nienburg ou Kloster-Nienburg. — Ce couvent célèbre, fondé sur la Saale, en 975, obtint en 993, le droit de frapper monnaie. Depuis longtemps on s'efforce de découvrir les bractéates de ces abbés parmi la masse des bractéates ecclésiastiques incertaines. Mais on n'est encore arrivé à aucun riésultat. Il est possible que des demi-bractéates portant sur une face, entre deux tours, le buste d'un abbé à chevelure bouclée, et, sur le revers, un édifice religieux avec des légendes tantôt barbares, tantôt assez correctes pour qu'on y puisse retrouver le nom A' Adalbertus , appartiennent à un abbé Adalbert de Nienburg, Albero ou Adalbero^ mort en 1130, Sur ces monnaies, on lit en outre, sur une des faces, la légende plus ou moins correctement écrite et si connue des bractéates de Goslar : SS. SIMON. IVDA. Ces demi-bractéates sont très-probablement, en effet, des imitations faites par les abbés de Nienburg de ce type si répandu, et il est presque certain que les demi-bractéates de Goslar furent imitées par bien d'autres seigneurs et prélats du voisinage (on le sait déjà des évéques de Halberstadt).

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