‹ Des bractéates d'allemagne: considérations générales et classification des types principauxChapitre 18 sur 53 · PRINCIPAUTÉS DE SCHWARZBOURG · texte numérisé non relu

PRINCIPAUTÉS DE SCHWARZBOURG

a. Comtes et ville de Schwarzbourg . — Les seigneurs de Schwarzbourg comptèrent, depuis le milieu du douzième siècle, parmi les plus puissants barons de Thuringe.

On connaît de Henri, comte de Schwarzbourg, qui régna de 1160 à 118i, deux bractéates frappées probablement à Blankenbourg, sur lesquelles ce seigneur figure chevauchant avec la bannière et le bouclier. Une d'entre elles, dont nous reparlerons à Farticle Blankenbourg, est la célèbre bractéate objet des discussions de Schlegel et de Tabbé Schmîdt.

En 1229, l'atelier monétaire impérial de Saalfeld passa aux comtes de Schwarzbourg; on ^attribue au comte Gonthier de ce nom, qui régnait vers la fin du treizième siècle, de grandes bractéates trouvées aux environs de Saalfeld, et sur lesquelles figure le comte assis et couronné , tenant une épée et un bouclier, chargé du lion de Schwarzbourg.

Outre ces pièces provenant de Blankenbourg et de Saalfeld, les comtes de Schwarzbourg ont encore frappé de nombreuses bractéates dans leurs ateliers de Kônigsee et de Remda. Toutes sont de la fin du treizième siècle ou de la première moitié du quatorzième. (Voyez à ces noms pour la description de ces diverses bractéates.)

Beaucoup d'autres bractéates muettes, au type uniforme d'un seigneur avec ou sans couronne , assis ou debout, tenant divers emblèmes, paraissent avoir été frappées à la même époque, c'est-à-dire vers la fin du treizième siècle et le commencement du quatorzième, par les comtes de Schwarzbourg, dans leurs ateliers de Blankenbourg, de Schwarzbou rg ou de Saalfeld; sur d'autres, paraissant plus spécialement appartenir à Blankenbourg , et également muettes ou marquées des initiales V. V.V . V . {venerabilis?)^ le seigneur figure chevauchant et portant un bouclier, chargé du lion de Schwarzbourg.

Au quatorzième siècle, les mêmes seigneurs de Schwarzbourg ont encore Trappe, à Arnstadl, dont ils achetèrent l'atelier monétaire en 1332, et dans d'autres villes, de petites bractéates analogues à celles émises à la même époque par beaucoup d'ateliers thuringiens, et sur lesquelles on

lit, tantôt le nom d'Arnstadt, tantôt celui de Schwarzbourg. ( Voy. les villes d'Arnstadt et de Schwarzbourg.) Ces petites bractéates portent soit une aigledouble, soit deux têtes d'aigle, soit un lion couronné ou non, soit seulement la partie supérieure ou même la tête du lion.

b. Ville dAmstadt. — Une des plus vieilles cités de Thuringe; depuis le milieu du dixième siècle, jusqu'au milieu du treizième, elle appartint au riche couvent de Hersfeld. Vers la même époque, les comtes de Kefernburg, primitivement baillis à Arnstadi, puis possesseurs d'une moitié de la ville, y installèrent un atelier monétaire à côté de l'atelier abbatial. Cet atelier des comtes de Kefernburg passa aux comtes de Schwarzbourg, au commencement du quatorzième siècle. Enfin, en 1332, l'abbé de Hersfeld, Louis, vendit à ces derniers sa part du droit monétaire d'Arnstadt, dont ils restèrent seuls possesseurs.

Les abbés de Hersfeld eurent donc, à Arnstadt, un atelier monétaire en activité dès le douzième siècle : il est probable que la majeure partie de leurs bracléates y furent frappées ; leur ressemblance avec celles d'Erfurt est si grande, qu'elles sont très-probablement dues à la main d'un seul et même graveur.

Pour la description des bractéates abbatiales d'Arnstadt, dont très-peu du reste portent le nom de cette ville, voyez Hersfeld.

Parmi les monnaies du même atelier, qu'on peut attribuer aux comtes de Schwarzbourg, ou remarque de petites bractéates du quatoi*zième siècle, sur lesquelles le nom d'ARNSTET figure avec Taigle à deux têtes, le lion dressé de Schwarzbourg, . le lion couronné issant, la tête de lion de face ou de profil, avec ou sans couronne, les deux têtes d'aigle, etc. D'autres bractéates plus anciennes, frappées au type de Saint-Martin d'Erfurt, et représentant un seigneur

et un prélat, avec le nom d'Arnsladt comme légende , doivent être attribuées plutôt aux comtes de Kefernburg, comme baillis des abbés.

c. Fille de Greussen. — Ancienne possession des comtes de Hohnstein, devint, en 1356, celle des comtes de Schwarzbourg.

Bractéates frappées dans cette ville par les comtes de Hohnstein, à l'imitation de celles au type de Saint-Martin d'Erfurt. Lie comte y figure de face, assis ou vu à mi-corps, tenant divers attributs. La légende est : GRVZEH(H pour N).

Sur de petites bractéates plus modernes, frappées vers 1 350, figure l'écu échiqueté de Hohnstein avec la même légende.

d. Blankenbourg {Blankenburg). — Possession des comtes de Schwarzbourg-BIankenbourg; au douzième siècle, ils y ont frappé de grandes bractéates, sur lesquelles figure le comte chevauchant, avec le bouclier et la bannière. La légende est : COMES HEICRICVS DE BLANCENBE(RG). (Voyez Schwarzbourg.) Cette bracléate a donné lieu , au commencement du siècle dernier, à une vive discussion entre Schmidt et Schlegel : Schlegel soutenait avec raison qu'elle appartenait, par sa fabrique évidemment thuringienne, aux comtes de Schwarzbourg, tandis que, pour Schmidt, elle devait être attribuée plutôt aux comtes de Blankenbourg-Reinstein, dans le Harz. (V. Blankenbouï^- Reinstein.)

e. Comtes de Kefemburg. — Dès H40 ces seigneurs s'intitulent comtes de Kefernburg et Schwarzbourg. En 11 60 Sizzo 111 laisse deux fils : Henri, chef de la maison de Schwarzbourg, et Gonthier, chef de la ligne de Kefernburg, qui fixa sa résidence au château de ce nom. Le dernier de

ces comtes mourut en 1385, et Kefernburg passa aux landgraves de Thuringe, puis en 1446, à Schwarzbourg.

Les comtes de Kefernburg possédèrent, au treizième siècle, la moitié d'Arnstadt, et y eurent un atelier monétaire en même temps que les abbés de Hersfeld. (Y. Arnstadt.) Malheureusement on ne connaît aucune bractéate portant leur nom, et celles qui leur sont attribuées ne le sont que d'après de simples probabilités. Ils possédaient aussi l'atelier monétaire d'ilra ou Stadtilm. (Voyez à ce nom les bractéates qui y furent frappées à Timitation des pfennigs de Saint- Martin d'Erfurt.)

Il est fort possible que des bractéates analogues, frappées à Timitation des mêmes pfennigs^ avec Teffigie d'un prélat et le nom d'Arnstadt comme légende, aient été également émises dans cette ville par les comtes de Kefernburg, et non, comme pourrait le faire croire le type ecclésiastique, par les abbés de Hersfeld. Ceux-ci, en effet, ne frappaient plus monnaie à Arnstadt, à l'époque à laquelle remontent ces pièces. Il existe, dans l'histoire des bractéates allemandes, trop de ces perpétuelles et volontaires confusions, trop d'exemples de types ecclésiastiques adoptés par des seigneurs séculiers, dans le but de procurer à leurs monnaies les chances d'une circulation plus étendue, pour qu'on puisse rejeter d'emblée une pareille assertion; surtout dans ce cas particulier, où il s'agissait, pour les comtes de Kefernburg, d'imiter le type ordinaire des bractéates d'Erfurt, type si répandu et si connu en Thuringe.

Sur deux des quatre belles bractéates, publiées par Becker et attribuées à fort par lui à l'archevêché de Brème, sont figurés deux seigneurs armés d'épées et de boucliers. Les caractères de ces bractéates, surtout l'ornementation particulière de la circonférence, quatre croix à branches globuleuses alternant avec quatre besants, doivent les faire rapporter à la Thuringe. Ces deux seigneurs sont probablement deux

comtes de Kefernburg, et, malgré l'absence de légendes, on peut les attribuer avec quelque certitude aux deux frères Gonthier VI et Albert I", qui régnèrent en commun jus: que vers 1230.

f. Ville de Kônigsee. — Un des plus anciens fiefs de la maison de Schwarzbourg, qui y possédait un atelier monétaire.

Bractéates frappées dans cette ville, sous les comtes de Schwarzbourg, à l'imitation des bractéates d'Erfurt, au type de Saint-Martin, dont elles ne diffèrent absolument que par la légende : S KVNNISS€ pour KVNNl(Gl)SS€. — La légende est écrite à rebours ; 1*5 est destiné à augmenter la ressemblance et à simuler le % de Sanctus Martinus.

g. Comtes de Schlotheim. — Ces seigneurs possédaient, outre la ville de Schlotheim, dans la principauté de Schwarzbourg, d'importants domaines au cœur de la Thuringe,aux environs de Mulhausen, et c'est pour ces possessions qu'ils ont probablement fait frapper, dans leur atelier de Schlotheim, de grandes bractéates qu'on leur attribue, et qui sont une imitation servile des bractéates au type du cavalier impérial de Mulhausen. Nous avons déjà parlé de ces monnaies à l'article MUlhausen. Elles ne se distinguaient des bractéates de Tatelier impérial par aucune espèce de signe particulier, comme le témoignent des textes anciens, relatant les plaintes adressées, en 1290, par les bourgeois de Miilhausen à l'empereur. Au lieu de désigner leurs bractéates en y plaçant leurs armes, les comtes de Schlotheim y faisaient effrontément iigurer, tantôt l'aigle portant la couronne impériale, tantôt l'anille de Mttlhausen. Ils furent, dans la suite, condamnés à marquer toutes leurs bractéates de deux cercles perlés concentriques, comme ceux qui figurent sur celles de Nordhausen ; mais, d'après l'examen des petites

bractéates suivantes^ il ne parait pas qu^ils aient toujours soigneusement observé cette ordonnance.

Sur ces petites bractéates (pi. IV, 44), qui doivent avoir été frappées en quantités énormes par les comtes de Schlotheim, et qui ne sont aussi que des imitations de l'éternel type de Saint-Martin d'Erfurl, le seigneur de Schlotlieim, assis de face, souvent couronné, porte à la main les armes de sa famille, une ou deux paires de forces de tondeur en pal. Sur de grandes bractéates, représentant le cavalier thuringien, les forces de Schlotheim reparaissent dans le champ à côté du cavalier. 11 en existe aussi de beaucoup plus petites , au même type, et toujours avec les forces dans le champ de la pièce.

h. Ville de Stadtilm ou Ilm. — Cette ville appartint aux comtes de Kefernburg-Schwarzbourg, et plus particulièreinent à la branche de Kefernburg, qui y eut un atelier monétaire au treizième siècle.

Bractéates frappées sous la domination de ces comtes, vers la lin du treizième siècle, à l'imitation de celles au type de Saint-Martin d'Erfurt, dont elles ne diffèrent que par les légendes suivantes, destinées elles-mêmes à compléter l'illusion :e ILMENE ou«NICOLAVS (Saint-Nicolas, patron d'IIm).

PRINCIPAUTES DE REUSS.

a. Princes de Reuss. — Cette famille princière se divisa, vers la (in du douzième siècle , en quatre branches : celles des baillis (advocaêi) de Weida, de Plauen, de Grciz et de liera. On possède des bractéates des baillis de Géra et I^lauen. (Voyez ces deux noms.)

b. Ville de Géra. — Les bracléatcs de Géra sont décrites et figurées dans l'ouvrage de M. Posern-Klett.

Les abbesses de Quedlinbourg, après avoir possédé pendant trois siècles la^ville de Géra, la donnèrent en fief, en 1306, avec le droit d'y frapper monnaie, aux baillis de Géra de la famille de Reuss.

Les nombreuses bractéates presque toujours muettes, frappées principalement au treizième siècle, à Géra, par les abbesses de Quediinbourg, se distinguent par des caractères et un aspect absolument différents des bractéates frappées par les abbesses à Quediinbourg même. (V. à l'article Quediinbourg la description de ces bractéates.)

On attribue aux baillis de Géra, ou peut-être à ceux de la ligne collatérale de Weida, quelques bractéates muettes, de caractères absolument analogues, mais sur lesquelles on n'aperçoit pas le voile autour de la tête du personnage principal, ce qui autorise à prendre cette effigie pour celle d'un bailli plutôt que pour celle d'une abbesse toujours reconnaissable à son voile sur les bractéates allemandes.

c. Ville de Schleiz [Slowiz^ Sleuwiz). — Cette ville appartenait y au treizième siècle, aux seigneurs de Lobdebourg- Ârnstadt; elle passa en 1289 aux baillis de Géra. On connaît de nombreuses monnaies frappées à Schleiz, sous les comtes de Lobdebourg, pendant le premier quart du treizième siècle. (PI. VI, 65, 66.) Ce sont de belles et grandes bractéates, attribuées à tort aux ateliers de Basse-Lusace, frappées au type uniforme du bœuf, soit qu'il soit représenté passant, soit que la tête du bœuf seule paraisse au-dessus ou au-dessous de la porte de la ville, ou bien encore seule dans le champ de la pièce^ou dans la main du comte assis de face. Ces bractéates sont muettes. Le champ est séparé du bord large et plat par des cercles diversement ornés. Le poisson volant, qui parait sur quelques-unes d'entre elles, rappelle les armes de Ber-

gau, que les seigneurs de Lobdebourg ajoutaient à leurs armes particulières qui étaient une bande. Il existe de nombreuses variétés de ces bractéates de Schleiz, au type du bœuf, et principalement du bœuf passant.

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