MONETA COMITIS IN HON. OU MONETA IN HONOVER
(v. Lauenrode et Hanovre). Les numismatistes allemands hésitent, pour le classement de ces pièces, entre le comle Henri le Long et l'empereur Olton, ou bien encore un . comte de la famille de Lauenrode, famille qui possédait à cette époque une portion de la ville de Hanovre.
On ne connaît pas de bractéales portant le nom de Guillaume de Lunebourg, H95-1213. Quant à sou frère, Tempereur Otton, ses nombreuses et belles bractéates au type du lion de Brunswick portent les titres de roi ou d'empereur, et n'appartiennent pas directement à la série des ducs de Brunswick (v. bractéales des Empereurs).
Olton l'Enfant, 1213.1252, fils de Guillaume, et d'abord placé sous la tutelle de son oncle, le comte palatin Henri le Long, fut appelé Otlon de Lunebourg. A la mort de Henri en 1227, il prit le tilre de duc, et, en 1235, fut reconnu comme tel, par Tempereur, pour le duché de Brunswick et Lunebourg. Sur les bractéates de la première époque de son règne figure le lion couronné, avec la légende : OTTO DE LVNEBVRG. Plus tard, de 1227 à 1235, le duc est figuré à cheval, portant la bannière et le bouclier souvent marqué d'un lion, avec la légende OTTO DVX, etc. Enfin sur de nombreuses bractéates frappées de 1235 à 1252, apparaît le lion de Brunswick, entouré de l'encadrement architectural ordinaire. Ces bractéates sont généralement muettes; parfois on y lit: OTTO DVX BRVNES- YiC^ etc. Des emblèmes très-variés, indiquant l'année de rémission, figurent au-dessus ou au-dessous du lion.
Otton r Enfant, mort en 1252, eut deux fils : Albert le Grand de Brunswick et Jean de Lunebourg; après quatorze ans de règne en commun, ils se partagèrent leurs Étals.
Albert, tige des ducs de Brunswick, mourut en 1279. Ses
bractéates, frappées au type du lion, sont presque toujours muettes; on y voit parfois cependant la légende DVX AL- BERTVS, ou les initiales A. A. A. A.
Schônemann a attribué à Jean de Lunebourg, tige de la ligne de ce nom, et qui mourut en 1277, de petites bractéates probablement plus modernes.
Albert le Grand eut trois fils et Jean un seul, qui héritèrent de leurs domaines. Bien des bractéates muettes au type du lion appartiennent par l'ensemble de leurs caractères à l'époque de ces princes, sans qu'on puisse rien dire de plus précis à leur sujet.
b. Comtes de Blankenbourg dans le Harz (voyez Reinstein ou Regenstein). — Les deux frères Siegfried II et Henri I" fondèrent, en 1 1 86, les deux lignes jumelles de Blankenbourg et de Reinstein. Nous avons donné, à l'article Reinstein, la description des bractéates, devenues fort rares, des deux lignes. Ces bractéates sont presque toujours marquées d'une corne de cerf, armoirie de ces seigneurs. II ne faut pas confondre les comtes de Blankenbourg-et-Reinstein avec les comtes thuringiens de Schwarzbourg-Blankenbourg.
Il paraît, d'après certains textes, que des seigneurs voisins, et parmi ceux-ci les comtes de Hohnstein, firent également frapper leurs monnaies à l'atelier de Blankenbourg.
c. Ville de Brunswick. — Dès le règne de Henri le Lion, les ducs de Brunswick eurent un atelier monétaire dans cette ville. Mais elle n'obtint pour la première fois le droit de battre monnaie pour son propre compte qu'en 1345, et frappa alors des bractéates muettes, de petites dimensions, nommées Pfennige dans les documents du temps et connues des numismatistes allemands sous le nom de pfennigs au lion de la ville de Brunswick {Lôwenp fennige der Stadt Bnnmschweig) (pi. VI, 69). Ces bractéates, fort
nombreuses et d'un type uniforme, représentent le liou passant à gauche ou à droite, la tète de face, avec ou sans couronne; elles n'avaientcours, comme beaucoup d'autres bracléates de cette époque, que durant une an née, pendant laquelle on leur donnait le nom de nouveaux pfennigs [neue Pfennige). A côté du lion, en général très-grossièrement figuré et parfois presque méconnaissable, on remarque une foule de signes différents ou de lettres qui servaient à marquer les émissions annuelles. Ces signes, extrêmement variés, puisque le docteur Schônemann a pu ajouter, en 1852, plus de trente variétés nouvelles aux soixante-dix déjà connues, sont le plus frappant exemple qu'on puisse donner de la manière dont les maîtres de la monnaie différenciaient les bractéates de chaque émission. Sur beaucoup de celles-î-ci, nous l'avons déjà dit, le lion est Irès-grossièrement représenté, souvent même il n'est plus figuré que par quelques gros points ou traits, au-dessus ou audessous desquels persiste toujours la marque dislinclive. Parmi ces signes, nous citerons : un écu triangulaire, deux roses, une clef, une couronne, un poisson, une ou deux croix, une ou deux fleurs de lis^ des étoiles, des points, une porte de ville, un croissant, une feuille de trèfle, une cloche, une foule de lettres, de figures diverses, qu'il faudrait copier pour les faire comprendre.
Plus tard, sur des bractéates d'un travail plus soigné, le lion figure dressé, avec la queue recourbée, et le nom de la ville de Brunswick apparaît sur le pourtour de la pièce.
Il est probable que cette émission de petits pfennigs au lion commença dans l'atelier ducal de Brunswick, plus d'un siècle avant que la ville eût obtenu en 1345 le droit de frapper monnaie. A partir de celte époque, l'atelier municipal continua à en frapper chaque année de nouveaux, jusqu'en 1412, époque à laquelle cessa la coutume de la fonte annuelle, et, par conséquent, l'apparition sur les pfennigs
de la marque distinctive de Tannée. Les pfennigs fmppés depuis, prirent en raison de ce faille nom de pfennigs perpétuels [ewige Pfennige) .
d. Abbesses de Gandersheim. — Ce couvent de bénédictines fui fondé en 854, sous Tinvocalion des Sainls-Anaslase-et- Innocenl. Les abbesses obtinrent le droit de frapper monnaie en 990. On ne connaît encore aucune bracléate qu'on puisse leur attribuer avec certitude. Peut-être s'en trouvet-il quelques-unes parmi celles qu'on attribue généralement aux abbesses de Quedlinbourg, ou qu'on classe faute de mieux parmi les incertaines de l'abbaye de Gernrode.
e. Abbaye de Helmstàdt ou Helmstedt et Werden (pi. VI, 64). — Le couvent de Helmstàdt, dédié à saint Ludger, dépendait de la puissante abbaye de Werden en Westphalie. Les abbés résidaient généralement à Helmstàdt ; c'est là qu'ils ont frappé les bractéates qu'on leur attribue, et non à Werden, où ce genre de monnaie ne fut jamais en usage. Vers 1400, l'atelier monétaire de Helmstàdt paraît avoir été abandonné pour celui de Werden.
Les bractéates des abbés de Helmstàdt commencent vers le milieu du douzième siècle ; la plupart appartiennent aux deux abbés Héribert P' et Héribert II qui se succédèrent de 1183 à 1196 et de 1196 à 1228. Autour de labbé, presque toujours assis de face, plus rarement vu seulement à micorps, figure la légende ordinairement assez correcte et plus ou moins complète HERIBERTVS DEI GRATIA ABBAS. Sur l'une de ces bractéates, on lit distinctement : ABBAS
IN HELMENST.
Les auteurs du siècle dernier avaient fait de ces bractéates, doiit les caractères généraux ne sont nullement thuringiens, des monnaies de prétendus abbés de Heiligenstadt.
Parmi les plus anciennes bractéates connues, nous avons cité, au début de notre ouvrage, une pièce représentant un empereur couronné, vu à mi-corps derrière une balustrade, tenant Tépée et la bannière. La légende est CVNRATVS LAMPERTVS; sur les côtés de la couronne on lit RE-X. Le premier nom est celui du roi des Romains, Conrad 111; le second est celui de Tabbé Lambert, qui régna à Helmstâdt de 1142 à H 52, et y fit probablement frapper cette bractéate à Teffigie de son souverain.
Sur une autre bractéate, déjà publiée par Seelànder, figurent, côte à côte, un abbé et un prince armé de pied en cap; à la droite de ce dernier sont les lettres FRIDIC. La légende circulaire est VILLEHELMVS AABB. L'abbé est Guillaume, abbé de Helmslàdt de 1152 à 1162. Le seigneur est Frédéric II, comte palatin de Sommersebourg, 1155- 1162, qui fut à cette époque avoué (advocatus) du couvent de Helmstâdt. Cette attribution paraît plus certaine que celle de Schônemann qui en fait une bractéate d'un bailli d'Erfurt. Une autre belle bractéate porte un abbé vu à micorps, avec la simple légende SCS LVVDCRVS ABBAS, sans nom de prélat. Elle est attribuée par M. Dannenberg à Tabbé Wolfram, 1174-1183, ou peut-être à son successeur, Hérîbertr, 1183-1196 ou 1199.
La grande trouvaille de bractéates de Saalsdorf a permis à Schônemann de publier, non-seulement des bractéates de deux abbés de Helmstâdt, Gérard, 1230-1235, et Albert r, f 1257, dont on ne possédait encore aucun monument numismatique, mais aussi d'attribuer à Helmstâdt en général, et parfois directement à Héribert II, i 199-1230, une nombreuse série de bractéates de la même famille, bien que presque toutes soient absolument muettes. Quelquesunes, marquées de pseudo-légendes, par leur extrême beauté et leur analogie parfaite avec celles d'Héribert 1", doivent évidemment lui être attribuées; on y retrouve tou-
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jour^ Tahliù avec sa chevelure bouclée, assis, quelquefois debout ou vu à mi-corps, sous une voûte d'une architecture élégante. Les autres bractéates de cette trouvaille, sauf quelques-unes, où figurent les légendes GER-ARD ou ALB-ERT, sont souvent fort difficiles à distinguer des bractéates contemporaines d'Hersfeld ou même d'Hildesheim. Cependant un certain air de famille, facile à saisir pour T œil un peu habitué à l'examen des bractéates, mais impossible à décrire d'une manière satisfaisante, puis et surtout la connaissance du lieu précis de la découverte , et la comparaison avec celles marquées des noms cités plus haut, permettent souvent d'arriver à des attributions assez précises.
Nous renvoyons pour Tétude de ces bractéates au traité de Schônemann qui en a fait de nombreuses descriptions. L'abbé, presque toujours assis de face, est coiffé d'une mitre basse à deux cornes; généralement il tient à la main des emblèmes divers, palmes, tourelles, croix, fleurs de lis, destinés très-probablement à marquer les émissions annuelles. Trèssouvent il est figuré sans bras, et dans ce cas, deux tourelles ou d'autres ornements latéraux prennent leur place de chaque côté de l'abbé. Parfois celui-ci n'est vu qu'à mi-corps, généralement au-dessus ou au-dessous d'une muraille , d'une voûte, d'une porte de ville ; quelquefois enfin on n'aperçoit que sa tête, toujours coiffée de la mitre basse ; des initiales telles que A (Albertus?) indiquent peut-être le nom d'un abbé.
La plupart de ces monnaies muettes appartiennent aux abbés dont nous avons déjà cité les noms, Héribert II, Gérard et Albert 1", ou même Albert H, 1255-1277. Une partie d'entre elles ont peut-être été frappées par d'autres abbés qui ne se sont pas encore révélés par des bractéates signées de leurs noms. Un certain nombre, par la grossièreté de leur fabrication, témoignent simplement d'un âge plus mo-
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derne et ne peuvent être, pour cette seule raison, attribuées à Hildesheim, comme on a voulu le faire,
Sur une bractéate au type de Helmstâdt, apparaît la tète nimbée de la patronne du couvent, Sainte-Félicité.
Nous croyons devoir rappeler ici ce que nous avons dit tant do fois sur la difficulté extrême que présente l'étude des bractéates muettes ecclésiastiques, surtout au treizième siècle, pour faire mieux comprendre combien ces diverses attributions offrent encore peu de certitude ; nous ne nous lasserons pas de répéter que la véritable pierre de touche est toujours la connaissance exacte du lieu de la découverte du trésor.
f . Comté de Supplinbourg ( Supplinburg ) . — Des bractéates attribuées à Tempereur Lothaire de Supplinbourg, et sur lesquelles ce nom se retrouve plus ou moins complètement et correctement gravé, sont Tœuvre de faussaires modernes.