HANOVRE
a. Ville de Hanovre (Hannover). — L*atelier monétaire de cette ville, vers 1200, a servi à la fois à fabriquer des bractéates, pour les comtes de Lauenrode (v. Lauenrode) et pour le seigneur même du pays, le comte palatin Henri le Long, 1197-1225, possesseur d'une partie de la ville, où il exerçait le droit de monnayage. Sur ses bractéates que nous avons déjà décrites (v. ducs de Brunswick), et qui sont trèsanalogues à celles de la ville même, une grande croix, cantonnée ou non de deux feuilles de trèfle et de deux têtes de lion, est environnée de la légende MON ETA IN HONOVERE. H. DVCIS.
Des bractéates au même type, avec la légende MON ETA DOMINI IMPERATORIS, et des couronnes au lieu de feuilles
de trèfle, onl été frappées à Hanovre, par Tempereur OU on, frère de Henri le Long, H98-1218. (V. bractéates des Empereurs.)
On attribue à la ville même de Hanovre, quelques rares et belles bractéates du milieu du treizième siècle, portant la même grande croix potencée , cantonnée de deux feuilles de trèfle et de deux têtes de lion, avec la légende MON ETA IN HA IN HONOVERE. Pour nous, il s'agit bien probablement encore là de bractéates seigneuriales.
A la fm du treizième siècle, apparaissent de grandes bractéates frappées à Hanovre, portant trois feuilles de trèfle, et sur leur bord large et plat, les grandes initiales V. l. V. N.
Bien plus tard furent frappés, de petits Hohlpfennige au type de la feuille de trèfle.
b. Seigneurs^ iniis comtes de Diepkoh. — On attribue à Rodolphe II I de Diepholz, 1300-1350, de petites bractéates muettes portant deux cornes de cerf en pal , chacune de trois andouillers.
c. Ville d'Eimbeck. — Petites pièces bractéatiforraes [Hohlpfennige) de très-bas titre, marquées d'un A gothique, initiale d'Eimbeck. (Plusieurs variétés du quatorzième ou plus probablement du quinzième siècle).
d. Ville de Gôttingen. — Petites pièces bractéatiformes de la même famille et de la même époque que celles d'Eimbeck, marquées d'un G gothique.
e. Ville de Goslar. — (PI. VII, 72, 73, 74. j
Les bractéates de Goslar ont été décrites par Gappe, dans son ouvrage sur les monnaies de Goslar, publié en 1860.
Cette vieille cité impériale était entourée de mines d'argent, dont la découverte, vers 970, contribua à développer sa
prospérité. Ce fut une des plus florissantes villes de TEmpire; elle resta toujoui*s la possession des empereurs, et devint, dans la suite, ville libre impériale. Les empereurs confiaient généralement la dignité de bailli à Goslar, à quelque puissant seigneur des environs. Ces baillis avaient la surintendance de l'atelier monétaire, et pouvaient frapper monnaie à leur propre nom .
Les Saints-Simon-et-Jude apparaissent constamment avec la légende S/S SIMON IVDA, sur les monnaies de Goslar, et bien souvent aussi sur celles des seigneurs environnants, qui, témoins de la popularité du type goslarien, s'efTorcèrent de Timiter sur leurs espèces y dans l'espoir de donner le change au public. Aussi est-ce une grande erreur d'attribuer à Goslar toutes les bractéates portant les deux chefs ou la légende des Saints-Simon-et-Jude. Ce type se perpétua jusqu'au commencement du quatorzième siècle.
Sous Henri V, H06-H25, empereur en Hll, apparaissent à Goslar de très-nombreuses demi-bractéates. C'est à cette époque, en efiTet, qu'eut lieu le passage des deniers anciens aux demi-bractéates. Celles de Goslar sont généralement très-minces. Sur la minorité d'entre elles, les deux faces sont plus ou moins reconnaissables ; la grande majorité n'offre au contraire de visible que le revers, c'està-dire les chefs des deux Saints. Toujours cependant sur la face principale se distinguent des traces d'empreinte, ce qui empêche de prendre ces monnaies pour des bractéates vraies. Sur cette face principale si peu distincte, si abîmée par l'empreinte du revers, figure le souverain chevauchant et tenant un sceptre fleurdelisé, ou bien couronné, de face, et vu à mi-corps.
La légende de la face principale est le plus ordinairement HEIN RI REX, quelquefois HENERNRIPRX. [Heinricus imperator rex)\ presque toujours elle est très-effacée et incomplète. Celle de la face opposée, bien plus visible,
souvent même la seule visible, est constamment S/S SIMON IVDA. Sur une très-curieuse variété, on lit distinctement, au-dessus des deux chefs de Saints, le mot LEX ; plus rarement ces deux chefs sont remplacés par une grande croix.
Les variétés de ces demi-bractéates sont du reste fort nombreuses. Leur âge peut être déterminé avec certitude. Henri V détrôna son père le 31 décembre H05, fut nommé empereur en 1 1 1 1 , et mourut en 1125. Ses monnaies portant le titre rex ont donc été frappées entre 1106 et 1111, et, comme on retrouve ce titre sur des deniers épais au type du cavalier et sur des demi-bractéates au même type, on en conclut que le passage des premiers aux secondes doit avoir eu lieu à cette époque ; comme on possède en outre des deniers épais du même prince, au type plus ancien de la tête de face, ces mêmes deniers au cavalier doivent appartenir aux dernières de ces six années; le passage des deniers aux demi-bractéates peut donc être fixé avec une certaine précision aux années qui précédèrent immédiatement Tan 1111. D'autres variétés de demi-bractéates de la même époque portent, d'un côté, un personnage vu h mi-corps, peut-être nimbé, fort indistinct, et de l'autre, un édifice à deux ou trois tourelles, avec un portail surmontant parfois la tête du roi de profil; même légende S/S SIMON IVDA. Un certain nombre de ces demi-bractéates demeurent incertaines entre Henri I" et son successeur, Lothaire II (comme roi de Germanie), 1125-1137. On connaît en outre de nombreuses demi-bractéates aux mêmes types, qui appartiennent sans conteste à ce dernier prince et ont été frappées à Goslar. On y voit, d'un côté, un buste couronné* de face, fort indistinct, portant le globe impérial et le sceptre avec REX LOTHARIVS, de l'autre, les deux chefs de Saints, surmontés, en général, d'une dextre bénissante, et toujours avec la légende S/S SIMON IVDA.
— 3ir) —
(^es demi-bractéates ont été frappées avant que Lolhaire ait pris le titre d'Empereur.
Il faut ranger encore dans le premier quart ou dans le premier tiers du douzième siècle, une foule de demi-bractéates, toujours extraordinairemenl minces, de fabrication^ analogue aux précédentes, évidemment frappées à Goslar ou du moins aux environs, par les empereurs ou rois d'Allemagne, ou en leur nom^ par leurs baillis, mais dont toute attribution plus précise est impossible. Voici les principales variétés de ces demi-bractéates, si nombreuses et si obscures.
a. Sous un édifice, tête bouclée du bailli, SC SIMON IVDA (légende presque toujours effacée ou incomplète.) Revers. Édifice à trois ou quatre tourelles pointues ou terminées par des coupoles. Parfois l'aigle planant, ou bien une main céleste, figurent au-dessus de la tAte du bailli; parfois l'édifice est remplacé par un personnage nimbé, vu à mi-corps et fort indistinct, et bien plus souvent par une large croix cantonnée d'étoiles et de besants; sur une de ces demibractéates, on lit : ADELBERTVS. (Albert, bailli à Goslar.)
b. Les deux chefs de Saints avec la légende accoutumée. Revers. Aigle regardant à gauche.
c. Grande croix cantonnée d'objets divers, croisetles, boucles, griffes, étoiles, rosettes ; la face opposée, qui est l'avers véritable, est absolument indistincte.
Dans l'ouvrage de Gappe sont en outre décrites, sous les n**M04à 121, une foule de demi-bractéates très-minces, formant une série des plus homogènes que cet auteur attribue fort à tort à divers empereurs et à leurs baillis à Goslar. L'opinion nouvelle, soutenue en particulier par M. Leitzmann et basée sur des considérations très-sérieuses, tend à les enlever complètement h Goslar, pour y voir plutôt des monnaies frappées par les prélats de Mayence, dans leur atelier d'AschafTenburp, et non point dans celui d'Heili-
genstadt, comme le croyait M, de Posorn-Klett. Nous ren- \oyonSy pour plus de détails, aux divers articles publiés sur ces curieuses monnaies, par M. Leitzmann, dans sa Revue numismatique.
, Nous renvoyons également aux articles : Amstein et Falkenstein de notre ouvrage, pour la description des splendides bractéates attribuées par les uns à ces deux familles seigneuriales, par les autres à des baillis impériaux de Goslar. Voyez encore, aux margraves de Brandeboui^, la description des superbes bractéates» frappées par Albert TOurs et Olton T', très-probablement comme baillis à Goslar, sous le règne de Frédéric I", 1152-1196, par conséquent vers la seconde moitié du douzième siècle.
On regarde comme frappées à Goslar, sous le règne de Henri VI, 1190-1197, une série de bractéates muettes, ou avec la légende ordinaire des deux Saints de Goslar et représentant leurs deux bustes nimbés. Tantôt ceux-ci surmontent un troisième buste couronné, tantôt ils sont seuls, mais très-diversement modifiés, et souvent alors placés sous une même couronne de grandes dimensions (la couronne du martyre) avec la légende S, SIMON. ET. S. IVDAS. AP ou APOST.
Gappe classe ici comme monnaies du treizième siècle, frappées à Goslar , mais sans qu'il soit possible de leur donner une attribution plus précise , une foule de bractéates, représentant tantôt un bailli assis, tantôt une porte de ville de formes très-variées, ou une aigle au repos sous la voûte d'un édifice.' Ces types, que leurs caractères et la légende S/S SIMON IVDA, dont on retrouve toujours des traces plus ou moins barbares, font attribuer à Goslar, peuveut tout aussi bien appartenir aux ateliers monétaires environnants, situés dans le Harz (peut-être en partie aux abbayes de Nienburg ou de Gernrode). Bien plus souvent, on retrouve sur les bractéates de cette catégorie l'éternel
type des deux tètes de Saints, figurées dans une foule de variantes, et le plus souvent couronnées. Toutes ces bractéates appartiennent plus spécialement à la fin du treizième siècle; mais les mêmes deux têtes reparaissent sur des bractéates que leur apparence plus moderne ou des caractères particuliers font attribuer à Tépoque qui s*étend de 1290 à 1310. Sous les têtes, on aperçoit Taigle éployée, le lion de Brunswick (indiquant peut-être Albert de Brunswick comme bailli à Goslar), la lettre A une ou deux fois figurée (désignant l'empereur Adolphe, ou son successeur Albert?), une épée, etc., etc.
Parmi les monnaies municipales de Goslar, beaucoup plus modernes que toutes celles que nous venons de décrire, il existe de petites bractéates de fabrique très-grossière , de grandeur assez variée, mais toujours de petites dimensions^ d'un titre très-bas, d'autant plus mauvais, qu'elles sont plus jeunes, et enfin presque complètement composées de cuivre. Elles sont frappées au type de Saint-Mathias, vu à mi-corps, nimbé, tenant la hache sur l'épaule droite, et serrant de la main gauche un livre orné de cinq clous. Les nombreuses variétés de cette vilaine petite monnaie, appelée par le peuple Mathiaspfennige, appartiennent principalement aux quinzième et seizième siècles (pi. VII, 75).
Sur d'autres monnaies de même apparence figurent une tête d'aigle ou un G gothique.
f. Ville de Hnmeln. — Petites pièces bractéaliformes des quinzième et seizième ûhc\e%{Hohlpfennige)^ marquées aux armes de la ville : une anille dont la forme rappelle la lettre H.
g. Evêché de Hildeskeim. — Les évêques de Hildesheim ont frappé de nombreuses bractéates dont la description a été faite par Gappe ; elles ont été émises jusque vers le
milieu du treizième siècle, et comptent parmi les plus belles et les plus élégautes de toute l'Allemagne. Malheureusement il existe un grand nombre de coins faux, fabriqués par Seelânder.
Voici la liste des évéques, dont on possède des brac-* téates.
Bernard, 1131-1153, bractéate probablement fausse fabriquée par Seelânder.
Brunon, 1153-1163.
Hermann, f 1 169, bractéate douteuse de Seelânder.
Adelog, 1169-1190, bractéate douteuse de Seelânder.
Bernon, H 90-1193.
Conrad, 1 193-1198.
On ne possède qu'une seule ou parfois deux variétés de bractéates de ces six premiers évêques. Ce sont des bracléates de la belle époque; les légendes sont assez correctes et se lisent avec facilité. L*évêque est assis de face, tenant presque toujours la crosse et le livre des évangiles.
Héribert ou Hartbert, 1198-1216 (pi. VI, 67). Légende : HERIBERTVS DEJ. GRA. HILD€N€S€M€N. €PISCOPVS; l'é-
véque à mi-corps, au-dessous de la vierge Marie, tenant Tenfant Jésus (belle et grande bractéate, du reste fort douteuse, publiée par Seelânder). Nombreuses autres bractéates quelquefois muettes, représentant Tévéque assis, avec la crosse et la croix. Beaucoup de ces bractéates sont difficiles à distinguer de celles de Helmstâdt , et pourraient bien appartenir à un des abbés Héribert de cette dernière localité.
Siegfried 1", 1216-1227. Légende: HILD€S€N€M€NSIS SVN. €. SIFR. etc. ; Tévêque assis, tenant la crosse et le livre des évangiles; légende parfois indéchiffrable. Les bractéates de ce prélat sont plates et encore fort belles.
Conrad II, 1227-1249. L'évêque assis; belle légende fort complète: quelquefois seulement les lettres C. O. N. R. ou C.V. N. R. ; plusieurs bractéates muettes.
Henri VI, 1249-1 257, L'évéque assis; légende complète ; quelquefois seulement H-€-N-R ou HEN-RIC. Jean, 1257- 1261. L'évéque assis ; légendes complètes, mais alors douteuses, et probablement fabriquées par Seelânder; parfois pseudo-légendes. Le style soigné des bractéates d*Hildesheim se prolonge fort avant dans le treizième siècle. Sur une superbe bractéate du même évêque, ou peut-être de révoque Berno, publiée par Seelânder, comme du reste presque toutes les bractéates à légendes complètes de ces évêques, figure un grand portail recouvert de dômes et de tourelles, sous lesquels apparai^^sent les bustes de deux évêques et de quatre autres personnages, avec la curieuse légende : O HILD€N€S€M€NSIS. H€ROVM. SANCTORVM. CHORVS.
Otton r, tl279. Légende : €P-0-HlS. ou OTTO ou OTO €PI, etc. Bractéates souvent muettes, de dimensions moindres, portant Tévêque assis ou vu à mi-corps. Le travail de ces monnaies est déjà très-inférieur ; il devient de plus en plus difficile de les distinguer des bractéates des évêques d'Helmstâdt, d'autant plus qu'elles sont dorénavant presque toujours muettes.
Siegfried II, 1279-1310. L'évéque assis, figure sans bras, -de chaque côté un grand S. (Attribution très-douteuse.)
Henri de Woldenberg, 1310-1318. Aucune monnaie connue.
Otton II de Woldenberg, 1319-1331. Légende : OT-TO, l'évéque assis, parfois figuré sans bras ; reliefs plus accusés, bord extérieur plus recourbé; légèreté plus grande. Il est probable cependant que ces bractéates appartiennent plutôt à Otton 1", car elles sont d'un travail encore trop soigné pour l'époque.
Trois bractéates d'un type tout différent de celles d'Hildesheim portent la légende HILD€N€S€M€NSIS.SVM. CPISCSC, et une grande croix^ dans les cantons de laquelle
deux O et deux croix (peut-être des fleurs de lis) semblent destinées à former le mot OTTO.
Henri III de Brunswick, 1331-1362, et Jean II de Schadelaml, 1362-1365.
Cappe attribue à ces évêques, et principalement au second, des bractéales d'un travail grossier, muettes, sur lesquelles figure le buste d'un évêque, le plus souvent sans bras, et placé alors entre deux croix, deux roses, etc., ou bien tenant, de chaque main, un rencontre de bœuf, un couteau, un livre, une bannière, etc., etc. Il est probable que ces bractéates sont beaucoup plus anciennes.
Dès le règne d'Héribert, vers 1200, il devient, nous l'avons vu, fort difficile de distinguer les bractéates de Hildesheim de celles de Helmstâdt. Plusieurs bractéates de ces deux principautés ecclésiastiques paraissent même avoir été fabriquées par un seul et même graveur.
11 est aussi à remarquer qu'aucune localité, plus que Tévêché de Hildesheim, n'a été dotée par Seelànder et d'autres faussaires, d'une aussi grande quantité de bractéates généralement fort belles, retouchées ou complètement imaginaires, du douzième au quatorzième siècle.
La ville de Hildesheim a fait Happer, vers le quatorzième siècle, de petites bractéates aux armes du chapitre, et plus* tard, au quinzième siècle, des monnaies unifaces, bractéatiformes {Hohlpfennige)^ aux armes mêmes de la ville, qui sont écartelées de gueules et d'or, ou bien portant un grand H couronné.
Cappe a tenté de classer^ comme bractéates municipales, frappées au quatorzième siècle par la ville de Hildesheim, des bractéates évidemment plus anciennes, d'un type trèsuniforme, presque toujours muettes, d'un travail grossier, représentant un prélat assis ou debout, souvent entre deux tourelles, et tenant à la main divers emblèmes. Des étoiles, des points, des besants, etc., placés dans le champ, indi-
quent les diverses émissions annuelles; parfois, enfin , on y lit les expressions peu communes sur les monnaies de cette époque, de PAT.1MOST, et PAX. VOB. Ces bractéates ne sont point municipales, et non-seulement il est impossible d'attribuer à tel ou tel évêque de Hildesheim ces pièces d*un travail si barbare; mais il est bien difficile même d'affirmer qu'elles ne puissent pas appartenir tout aussi bien à Helmstâdt, et peut-être même à Halberstadt, malgré Féloignement plus considérable de ce dernier évêché.
h. Comtes de Hohnstein (seigneurs jusqu'en 1200). — Ces princes possédaient de grands biens dans le Harz, et ont frappé de nombreuses bractéates, souvent imitées des types en usage dans les ateliers voisins. On peut se convaincre de ce fait, par la lecture des textes anciens, où s'étalent entre autres les plaintes incessantes des évêques de Halberstadt, et par l'examen de certaines grandes bractéates au type des deux personnages couronnés de Nordhausen, dont nous avons déjà parlé à l'article concernant cette ville. (PI. V, 54.) Ces bractéates ne se distinguent , en effet , de celles de Nordhausen , que par la présence sur leur circonférence de l'écu échiqueté de Hohnstein, ou du cerf de Clettenberg, dont les comtes de Hohnstein héritèrent en 1279. Il est juste de dire que les comtes de Hohnstein prirent plusieurs fois à bail l'atelier monétaire de Nordhausen, et que ces bractéates peuvent peut-être même avoir été simplement frappées par eux, au nom des empereurs, comme baillis impériaux.
La plupart des autres bractéates de ces seigneurs ont été frappées par eux dans leur atelier monétaire d'Ellrich. Outre les petits pfennigs, portant un massacre de cerf et le nom de cette ville (v. EUrich), on connaît encore de très-curieuses bractéates des comtes de Hohstein^ marquées au type du
cerf de Clettenberg, passant à gauche ou à droite, parfois bondissant (nombreuses variétés) .
i. Comtes de Hoye. — Leurs ateliers monétaires étaient Nienburg, Hoya et Bassum; leurs armes, deux pattes d'ours de sable, sur champ d'or.
Leurs rares et petites bractéates, frappées au commencement du quatorzième siècle, portent les deux pattes d'ours. Sur un exemplaire unique, on lit HOGGNSIS. Sur une autre bractéate du commencement du quinzième siècle, en dedans d'un bord rayonné, deux tours supportent un large pignon, surmonté lui-même d'une croix et surmontant un écu aux armes de Hoye, posé obliquement.
j. Comtes de Lauenrode. — On attribue à ces seigneurs des bractéates frappées par eux à Hanovre, ville sur laquelle ils avaient des droits souverains (v. Hanovre). Ces bractéates de la fin du douzième siècle et du commencement du treizième portent un lion couronné avec les
légendes : MONETA COMITIS IN HON ou MONETA. I-N.
HONOVER OU HANOVER. Pour Bode, elles appartiendraient plutôt au comte palatin Henri le Long, 1197-1225, dont on possède déjà des bractéates, frappées à Hanovre, avec une légende toute pareille.
Quelques autres bractéates municipales de Hanovre (v. ce nom) pourraient bien aussi, nous l'avons vu, avoir été frappées par des comtes de Lauenrode.
k. Ville de Lunebourg. — Les plus anciennes bractéates de la ville de Lunebourg sont marquées d'un simple lion passant, comme celles de Brunswick, et ne peuvent en être distinguées.
Petites bractéates des quatorzième et quinzième siècles^ à
bord tantôt uni; tantôt rayonné, frappées au type du lion dressé , figuré tantôt dans un écu de forme espagnole , tantôt sur la porte de la ville, tantôt enfin à côté de deux tourelles représentant une portion des armes de Hambourg (indice d'un monnayage commun des deux villes).
1. Abbaye de Nordheim. — Cette ' abbaye, fondée en 1051 , sous la règle de Saint-Benoit, obtint en 1 1 41 , pendant le règne de Tabbé Wizelinus ou Witelin, le droit de frapper monnaie. On ne connaît que deux bractéates de ses abbés; une seule peut être attribuée avec quelque certitude à ce même abbé Wizelin. Sur cette bractéate, assez commune (pi. VII, 75), Tabbé, coiffé d'une mitre conique, élevant la crosse d'une main, et bénissant de l'autre, figure assis sur une voûte. Dans le champ sont distribués deux astres ou étoiles^ et de nombreux signes : points, anneaux, besants, croisettes et rosettes. La légende est DNQRSTOi- VISLLVICIAS {Visllinus abbas Northeimensis).
m. Ville de Nordheim. — Petites pièces bractéati formes du quinzième siècle, marquées d'un grand N gothique. (Voyez Gôttingen^ Eimbeck, etc.)
n. Ville dOsterode. — Pièces bractéati formes de la même époque^ marquées d'un (douteuses).
0. Ville de Peine. — (Ancienne possession dés évéques de Hildesheim); mêmes pièces bractéatiformes marquées d'un P. (y O'^ez Nordheim et Os ter ode.)
Sperling a, le premier, décrit une bractéate de moyenne grandeur, de la fin du treizième siècle, représentant un lion, et non un loup, comme il l'avait cru, figuré sans couronne Bipassant à gauche, avec la légende MON€TA D€ P€lNe. L'original de cette curieuse bractéate n'a pas été retrouvé^
mais les affirmations de Sperling méritent confiance, il l'attribuait à de prétendus comtes de Peine, qui n'ont jamais existé. Elle appartient bien plutôt aux sires de Wolfenbûtlel, auxquels les évoques de Hildesheira avaient donné l'investiture d'une portion de la ville de Peine; ils en étaient peut-être même baillis, et s'intitulent souvent seigneurs (Herren) de Reine.
p. Évêché de Verden. — Petites bractéates épiscopales muettes du quatorzième siècle ; tête nimbée de la Vierge, patronne de la cathédrale, tête de femme voilée, etc. Ces bractéates sont attribuées par M. Grote, à Verden, et à l'évêque Jean, 1332-1340; mais on ne peut accepter cette opinion qu'avec un point de doute.
q. Comtes de Wôlpe {Welipe, Wilipd). — Cette famille seigneuriale paraît s'être éteinte vers le commencement du quatorzième siècle. On possède quelques très-rares bractéates portant leurs armes bizarres : un os frontal de bœuf surmonté de deux cornes toutes droites et dressées tout près l'une de l'autre, le tout sous une porte de ville flanquée de tours, au-dessus de laquelle bondit un lion.