CLASSIFICATION GÉNÉRALE
DES
DISTRIBUÉES 6Ê0GRÂPHIQUBMENT, AVEC INDICATION DES PRINCIPAUX TYPES DE CHAQUE ATELIER MONETAIRE
Nous avons suivi, pour la description générale des bractéates par seigneuries, par évéchés et par ateliers, la classification géographique adoptée dans l'excellent Résumé de numismatique allemande , publié en 1 869 à Weissensee par M. Leitzmann (1).
Cet ouvrage , auquel nous avons eu constamment recours, ne tient pas compte des anciennes divisions géographiques, et classe les innombrables villes et seigneurs de TAIlemagne au moyen âge, suivant les grandes divisions provinciales actuelles.
Cette méthode présente des inconvénients assez évidents pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister sur ce sujet, mais elle est d'une incontestable clarté, et facilite beaucoup les choses pour Tamateur étranger, peu versé dans la connaissance des divisions géographiques si mobiles et si nombreuses de l'ancienne Allemagne, et qui ne saurait se rappeler au juste si telle petite ville obscure et ignorée appartient à la Thuringe, ou bien, au contraire, à un des petits États voisins.
Nous sommes bien éloignés d'avoir essayé de donner ici un catalogue complet des bractéales allemandes. C'est,
(1) Wegweiser aufdem Gebiete der deutschen Mûnzkmde.
du reste, une entreprise absolument impossible dans l'étal actuel de la science, et qui le sera peut-être toujours, en raison du nombre immense de bractéates muettes et sans caractères distinctifs spéciaux, nombre que viennent augmenter incessamment des découvertes nouvelles. Notre intention a été si différente, que nous n'avons même pas cherché à donner les noms d'une foule d'ateliers monétaires et de familles princières, qui ont très-probable,ment frappé monnaie à l'époque des bractéates, mais auxquels on n'a jusqu'à présent pu rapporter avec quelque probabilité aucune bractéate connue.
Nous avons simplement voulu, dans cette seconde portion de notre travail, énumérer premièrement les principaux seigneurs ecclésiastiques et séculiers, les principaux ateliers impériaux, seigneuriaux ou municipaux, dont on connaît avec certitude des bractéates, ou du moins auxquels on peut en attribuer quelques-unes avec un très-grand degré de probabilité. En second lieu, nous avons cherché à résumer brièvement, à propos de chaque localité, et parfois à propos de chaque personnage, les types principaux les plus connus, les plus authentiques et les plus intéressants. Ce travail sera, nous l'espérons, d'une certaine utilité pour les personnes qui débutent dans l'étude des bractéates. Elles y trouveront quelques-unes des indications les plus indispensables, qui leur permettront de remonter à l'origine de bien des bractéates, et les mettront du moins sur la voie pour le classement d'une foule d'autres.
Nous ne croyons pas avoir omis beaucoup de types, parmi ceux qui sont les plus connus et les plus définitivement classés, mais nous avons préféré être fort sévère pour les attributions douteuses; et lorsque nous n'avons pu nous appuyer sur l'autorité de quelque numismatiste de renom, tel que MM. Leilzmann, Dannenberg, Gappe, Grole, de Kôhne ou Stenzel, nous avons impitoyablement relégué les pièces à
attribution incertaine, parmi la masse si considérable des bractéates encore inconnues.
Disons, à ce sujet, que cette abondance de pièces incertaines ou muettes ne doit pas effrayer et dégoûter les commençants; en effet, la grande majorité de celles-là, comptent parmi les plus petites et les moins intéressantes; et il reste, dans les bractéates d'une attribution certaine , assez de belles et intéressantes séries, pour justifier Tintérêt que cette classe de monnaies a depuis longtemps excité et excite toujours davantage en Allemagne. Nous n'en donnerons pour exemple que les superbes ou curieuses suites des empereurs, des landgraves de Thuringe, des margraves de Misnie et de Brandebourg, des archevêques, évoques et abbés de Mayence, de Hildesheim, de Naumbourg, de Pegau, de Fulde, des abbesses de Quedlinbourg, etc.
Bien que la description des demi-bractéates n'appartienne point directement à notre sujet, nous avons brièvement énuméré leurs types les plus importants ou les plus connus, à cause des nombreux points de contact qu'elles offrent avec les bractéates vraies.
Nous avons autant que possible indiqué, à propos de chaque série de bractéates ou de chaque province, les monographies qui s'y rattachent lorsqu'il en existe , ou bien les ouvrages plus généraux, où les lecteurs pourront trouver, Soit l'énumération des bractéates de telle localité, soit du moins des informations beaucoup plus complètes que celles que le cadre de notre travail nous permet de donner ici.
Pour ce qui est de la si belle et si nombreuse série des bractéates impériales, nous avons donné, au fur et à mesure de notre classification géographique, la description de celles d'entre elles qui se rattachent à un atelier particulier. Â la fin de notre travail, nous avons repris l'énumération de tous les types principaux des bractéates des empereurs, en insistant sur celles dont on ignore le lieu précis d'origine, et en
renvoyant pour toutes les autres aux descriptions déjà faites.
Bien que la Bohème ne fît pas partie intégrante de l'Empire germanique, les bractéates de ses rois présentent une si grande analogie avec les bractéates allemandes, qu'il est impossible de les en séparer; aussi avons-nous donné, à la suite, une brève description de leurs types principaux.
Nous avons donné de nombreux exemples de légendes ; mais, afin de ne pas augmenter inutilement les difficultés de typographie, nous nous sommes borné à donner ces légendes en capitales ordinaires, sans tenir compte des caractères gothiques dont elles, sont parfois entremêlées.
SECONDE PARTIE