III. — Pour certains auteurs, la préoccupation do
minante doit être de prévenir et de combattre l’infec-
tion par un antiseptique actif. D'où l’idée de substituer . au tannin un antiseptique actif doué également de propriétés tannantes. C’est ce qui a conduit à à préconiser l'emploi de colorants antiseptiques.
a) C’est surtout le violet de gentiane qu'il convient de retenir. Produit connu depuis longtemps dans les laboratoires pour la destruction sélective des agents microbiens à Gram positif, cet antiseptique est doué, en outre, non seulement d’un pouvoir tannant remarquable mais encore d’un pouvoir analgésique qui fait disparaître la douleur en quelques minutes. Le violet de gentiane entraîne la formation d’une croûte très mince et souple, risquant beaucoup moins qu'avec l'acide tannique de se compliquer de suppurations sous-jacentes. La méthode pourrait même être employée dans les cas de brûlures déjà infectées. On utilise les solutions à 1 % que l’on peut employer par pulvérisations ou plus simplement par tamponnements, en répétant les applications toutes les deux heures, pendant 24 heures. Les jours suivants, on continue les : applications deux fois par jour.
b) Le mercurochrome en solution à 2 %, a également été préconisé. Mais il ne doit pas être conseillé dans les cas de brûlures étendues, en raison de risques d’intoxication.
c) De. nouveau progrès paraît avoir été réalisé avec
la méthode des trois colorants consistant à badigeonner
la région brûlée avec un mélange de trois colorants, mélange constitué par parties égales de trois solutions aqueuses de :
violet de gentiane à 1 % ; vert brillant à 1 % (antiseptique utilisé surtout CHUR US S) . acriflavine neutre à 0,1 %.
A l’action antiseptique sélective à l’égard des germes à Gram positif et à l’action analgésique du violet de gentiane, il joint l’action antiseptique spéciale sur les organismes à Gram négatif du vert brillant et de l’acriflavine. Ce mélange est stable et se conserve indéfiniment. Pouvant toujours être prêt pour l'emploi en badigeonnage, il constitue une méthode idéale pour le traitement d'urgence.
IV. — Récemment (1943), Marcel FÈvRE-CIAUDO et HENROT auraient obtenu avec les sulfamides en poudre des résultats très encourageant sur des brülés de 7 mois à 15 ans.
Le saupoudrage aux sulfamides (1162 F) forme une croûte qui aurait une action bactériostatique sur les germes sous-jacents, la désinfection par one devenant inutile.
Georges Kuss est hostile à cette méthode. Il pense que les sulfamides n’agissent pas sélectivement sur les germes et que la vitalité.des tissus, sans être completement compromise, en est nettement diminuée.
Cette acquisition thérapeutique récente, par son application à un nombre de cas limité et par ses résultats discutés, ne nous permet pas de tirer des conclu-
-— sions | définitives sur ‘fa valeur thérapeutique des sut FA : famides dans les brûlures. en HA Re
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Comment faire un ne parmi ces aie Ne
de tannage ? MourGUE-MOLINES a très judicieusement proposé les indications suivantes, basées sur ‘la
localisation de la brûlure, son étendue, sa profondeur, enfin le traitement antérieurement appliqué
10) D'après la localisation. . Les brûlures! de la face et du cou guérissent très bien par la simple Exposition à l'air libre. Les brûlures des fesses, du périnée, des organes génitaux, qui s’infectent rapidement, doi-
vent subir un tannage accéléré par solution très con-
centrée (20 %). Les brûlures circulaires des extrémités
et de la partie inférieure des avant- bras et des jambes “risquent, par la formation d’une croûte circulaire trop
rigide, « garrotant le membre » de se compliquer de stase circulatoire, d’œdème, de gangrène. On recherchera une coagulation moins massive par le violet de gentiane par exemple. |
20) D'après l'étendue. — Dans les vastes brûlures, il y a intérêt à coaguler les albumines toxiques le plus vite possible. On recourra à la méthode de BETTMAN ou au saupoudrage direct de tannin. Dans les brûlures moins étendues, jusqu'à 15 et 20 %, on utilisera soit le tannin par pulvérisations de solution à 5 % ou par saupoudrage direct, soit le violet de gentiane.
3°) D'après la profondeur. — Les brûlures du 22 degré, qui s’épidermisent vite et bien sous la croûte,
INDICATIONS THÉ RAPEUTIQUES ss
CN Vie he
marquent le triomphe du tannage. Dans les brûlures du 3° degré, le coagulum tannique se détache diffi- cilement et se complique souvent de suppuration sousjacente laissant après sa chute tardive une substance
le cas de brûlures étendues du 3° degré où la vie est
en danger, adopte la balnéation chaude et salée pen-
. dant 2 ou 3 heures, suivie de séchage à l'air chaud et application de violet de gentiane. 5
4°) D’après le traitement antérieurement subi. — En présence d’une brûlure malencontreusement graissée où bien remontant à 2 où 3 jours, il vaut mieux renoncer au traitement tannique. Malgré le dégraissage le plus soigneux, la croûte tannique se forme irrégulièrement et au-dessous d'elle se fait de la suppuration. En pareil cas, le violet de gentiane ou de mercurochrome
devront être préféré à cause de leur pouvoir antisep-
tique et de la coagulation plus lente qu'ils provoquent.
5°) D'après la commodité d'emploi du produit tannant. — Le tannin en solution ne se conserve pas, il soxyde, brunit et se décompose en acide gallique. Il est nécessaire de préparer extemporanément la solution. Mais nous savons que le tannin en poudre peut être directement utilisé. Le tannin est d’un prix tout à fait modique. Le violet de gentiane se conserve .en solution, d’où possibilité de stockage, mais son prix de revient est assez élevé.
granulante infectée longue à se. cicatriser. Il faut préférer l'emploi du violet de gentiane plus antiseptique, formant une croûte mince et souple. RUDLER, dans