‹ Des Brûlures Étendues Récentes: Conception actuelle de leur pathogénie et de leur traitement. Essai sur l’organisation d’un Service de « Brûlés »Chapitre 22 sur 26 · TRAITEMENT LOCAL POST TOXHÉMIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT LOCAL POST TOXHÉMIQUE

Localement, 3 éventualités sont possibles :

10) La croûte tannique commence ‘à se ramollir.… La suppuration sous-jacente est à craindre. Une application de violet de gentiane, (badigeonnage ou pulvé-

risation), puis une douche d’air chaud 2 fois par jour . sont un bon moyen pour sécher et durcir la croûte. Dans d’autres cas, la fièvre persiste. Sous la croûte épaisse et rigide se forment des cloques suppurées dont la fluctuation est parfois difficile à percevoir. Il faut inciser sans retard pour éviter les fusées purulentes.

Lorsqu’elles sont reconnues assez tôt, on peut se con-

tenter d’inciser le couvercle de coagulum, d’évacuer le pus, de déterger la surface bourgeonnante de la poche, de la désinfecter et de la coaguler à nouveau avec le ‘violet de gentiane de préférence au tannin.

20) Dans les brûlures du 2° degré, la croûte se détache spontanément et finit par tomber d'elle-même.

3°) Dans les brûlures du 3° degré, la séparation de la croûte tannique doit être facilitée par l'application, pendant 24 heures, d’un pansement humide au sérum

salé où au Dakin; parfois même 1l faudra l'enlever .

chirurgicalement aux ciseaux, au moins partiellement par lambeaux successifs. Dans les atteintes profondes, il faudra traiter les surfaces de granulation qui persistent après la croûte. S'il reste des îlots épithéliaux d'origine glandulaire, il suffira de hâter l’épidermisation par des pansements rares à base d’huïle de foie de morue, en immobilisant le mieux possible le membre brûlé. Dans les cas contraires, et pour des brûlures

très étendues, après ot de jours de préparation (désinfection au Dakin, application de rayons U. Niaÿe il faudra le plus tôt possible recouvrir la plaie avec des greffes en pastilles.

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Organisation d'un service de brülés

La création d’un service de brûlés voit sa justification, d’une part dans l’évolution de la machine industrielle avec ses accidents chaque jour plus nombreux, et d'autre part dans les circonstances de guerre présentes avec les bombardements aériens directement ou indirectement incendiaires.

Dans la guerre de matériel qui se livre depuis 4e longs mois, l’effort aérien ennemi se porte principalement sur les usines. Les risques de brûlures — accidents du travail — et des brûlures — accidents de guerre — se trouvent, si l’on peut dire, centralisés dans les cités industrielles. Il'sera donc logique de vouloir organiser des services de brûlés à proximité des cités industrielles. Les considérations pécuniaires ne doivent pas jouer quand il s’agit de sauver des vies humaines, et encore moins si l’on $e place sur un terrain plus réaliste : quand il s’agit de protéger les populations laborieuses dont les atteintes sont autant de coups portés à la vitalité du pays.

Ce Service devra fonctionner d’une façon autonome. Cependant, 11 serait naturel de l’annexer à un Service

-de Chirurgie.

Locaux. — Les locaux comprendront :

10) Une salle de réception, où se fera le triage entre petits brûlés et grands brülés. ,

2°) Une salle de soins pour ra brûlés out l’état général et l’état local ne nécessitent pas une thérapeutique anti-choc et anti-toxique spéciale.

3°) Une salle de bains permettant au besoin le déshabillage dans l’eau et le nettoyage de la plaie de brülure.

4°) Une salle anti- choc, avec poste de transfusion ; le maintien d’une température aux environs de 280 se fera, en ‘cas de fluctuation du chauffage central, grâce à des radiateurs électriques.

5°) Une salle d'opérations.

60) Un poste de stérilisation, Il importe que la stérilisation se fasse à gros débit et réguberement : se libérer des servitudes du gaz et n'utiliser qu'un mode ‘de chauffage autonome, au bois par exemple. La remorque-stérilisation du Service de Santé réalise la stérilisation dans les meilleures conditions.

70) Une ou deux chambres d'isolement ayant une baignoire permettant d’alterner bains chauds décapant et exposition à l'air.

8) Les chambres seront, si possible, d’un petit nombre de lits. Outre les bienfaits de l'isolement dans l’état de choc, les risques d'infection sont à craindre. CLARK et CRUICKHANK ont observé à GLASGOW que les surfaces de brûlures, non infectées à l'entrée, se contaminaient en streptocoques. hémolytiques par l’intermédiaire de l’air et des poussières de la salle où sont réunis de nombreux brûlés. ë

Aux fenêtres, un grillage métallique empêchera l’en-

mer 63 —

- trée des mouches qui, en été, constituent le grand en-

nui du traitement à découvert Les chambres seront réparties en deux ailes : l’une

réservée aux brûlés aseptiques, l’autre aux brûlés __ septiques.

Une température aux environs de 25° devra régner dans les locaux. |

+Matériel. — Le matériel chauffant comprendra des tentes électriques et des cerceaux chauffants.

Les pulvérisations se feront à l’aide de pulvérisateurs à soufflerie de verre et parties métalliques chro-

mées. Le type à préconiser est le « syntholectric »

Quelques appareïls à air chaud (révolver électrique), des lampes à rayons U. V. seront utiles à la période de cicatrisation. |

Un stock important de draps et champs stériles sera maintenu d’une façon constante’,

Outre les toni-cardiaques, les sérums salé et glucosé, iso ou hypertoniques stockés en grandes quantités, on disposera d'un matériel séro-thérapique (antitétanique, antistreptococcique…) et tannant important :

acide tannique sous forme de poudre de tannin :

mercurochrome en solution à 2 % ; |

nitrate d'argent en solution à 5 et à 10 % ;

violet de gentiane en solution à 1 °/ ;

. | violet de gentiane à 1 % ;

les trois De AA à 10: en parties égales.

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Personnel technique. — Le chef de Service sera un chirurgien, éventuellement le chirurgien du Service Chirurgical voisin, un infirmier l’assistera ainsi que des infirmières chirurgicales. Nous n'avons pas

besoin de dire avec quel soin particulier, il faudra choisir et éduquer ce personnel. De la qualité des manipulations de ce personnel dépendra, en effet, pour une part importante, l’évolution des phénomènes généraux et des phénomènes locaux des grands brûlés, Outre les connaissances spéciales tenant aux brûlures, des infirmières au courant de la stérilisation et des anesthésies sont indispensables au Service.

Laboratoire. — Un laboratoire est prévu pour toutes les analyses de sang et d’urines (urée, chlorurémie, réserve alcaline, polypeptidémie, glycémie,

dosage de l’hémoglobine, numération globulaire,

recherche des groupements sanguins). Un certain nombre de donneurs universels — ou mieux des brûlés con-

valescents — seront tenus constamment à la disposition du Service.

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