‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 103 sur 110 · Tome IL Suppl · texte numérisé non relu

Tome IL Suppl

4a CANAUX NAVIGABLES

lagcs bien moins dispendieux et bien plus importans qui doivent résulter du perfectionnement de la grande* ligne navigable déjà existante entre le nord et le niidt de la France (1). •

NOTE B

Sur les quantités d' c'ait nécessaires pour alimenter la navigation des Canaux à . point de partage , et sur les filtrations .

Nous avons eu souvent lieu d'observer que, malgré l'expérience déjii acquise ’a cet égard , l illusion sur les quantités d’eau nécessaires pour alimenter un Canal était en quelque sorte habituelle , et ona vu combien elle était regcettable , tant pour la perte des capitaux quelle rendait improductifs, que pour le découragement qui en résultait pour d’autres entreprises qui eussent été utiles.

■ Sous croyons devoir réunir ici quelques observation»!! l'appui de ce que nous» ■ avons déjà exposé k ce sujet. * ■

On a vu , page a3j , dans une note , k la suite du Canal de Briare , quelle était la dépense d'eau qu'exigeaient les éeluséesou remplissages successifs des .écluses, pour opérer la montée des bateaux jusqu'au point de partage , et ensuite leur descente.

Nous ne rappellerons point les calculs -et les formules de M. de Prony , qui composent cette note, et par lesquels il a, le premier, établi des résultats positifs en comprenant dans ces calculs tous les élémens qui pouvaient les composer.

Nous citerons seulement l’application qu’il en a faite au passage des sept sas de 1 écluse de Rogny, pour lequel il a reconnu qu’il fallait perdre i,oqf> mètres cubes d'eau pour la descente, cl 4, 397 mètres cubes pour la montée, dans le cas où il passe six bateaux de suite.

{0 Un moyen certain et peu dispendieux de tirrrparti de h rivière d'Essonne , ponr une petite navigation ntiJc au pays riverain , aérait d'établir, près les chutes des nombreuses usines qui s*y trouvent , de» écluses latérale* !» simples poutrelles mobiles , J» l'exemple de celle* en usage sur le Lot, dont ou voit le plan et U coupe planche XIII , figuré a.

On a vu , page 481, que ce* écluses tiendraient lieu de vannage de décharge , qu’on est toujours obligé dYtt- Uir dans les chaussées qui retiennent l’eau pour la diriger sur la roue qui fait mouvoir l'usine. Comme la bitgsnr de l'écluse serait d'environ 6 pieds, et que celle des vannage» ordinaires est moindre, les eaux s'écouleraient pli» aisément dans les crurs et il en résulterait encore l'avantage de prévenir le* inondations qui |>c nient si souvent les récoltes des terres et des prairies qu'elle» couvrent.

On a vu aussi que ces écluses de petite dimension n'exigeraient pas tooofr. en sus de ce que coûtent le* •impie» vannages.

Cette observation est applicable à toutes les rivières chargées d'usines, et nous én traiterons plu* amplement ai leors. * . »

Ces mêmes calculs établissant que In dépense serait dans une proportion beaucoup plus forte , pour un moindre nombre de bateaux de suite.

Mais nous allons considérer une cause de perte d'eau bien autrement importante, celle qui provient des filtrations.

L'illusion que l’on se fait h cet egard est d'autant plus étonnante que l’etfel des filtrations est général ; onaloit même les considérer comme le résultat d'une des lois les plus actives de la nature, puisque c'est lt elles seules que l'on doit les sources de tous les fleuves et rivières.

En dirigeant dans un Canal les eaux nécessaires pour l'alimenter , comment peut-on croire que ces eaux cesseront de suivre le principe constant des filtrations en prenant une flircction artificielle contraire aux lois de la nature, où elle n'a rien préparé pour leurconscrvalion?

. Comment ne pas reconnaître que ces eaux, dans une telle direction , doivent filtrer entre les porcs , les interstices ou les fissures des diverses couches de terre, jusqu'il ce qu’elles en rencontrent d’imperméables ?

D'ailleurs, on reconnaît par liant l’action des filtrations. C'cstainsi que les cavités ou les puits voisins des grands cours d'eau et même des Canaux, suivent pour leur •niveau celui que détermine l'élévation ou la baisse de ces cours d'eau.

Par exemple , dans les villes traversées par des rivières , leurs hautes eaux par* viennent souvent , par leurs filtrations, dans des caves éloignées lorsqu'elles leur sont inférieures.

Les filtrations des eaux pluviales Sont partout plus ou moins remarquables ; elles imbibent la (erre ii sa surface ; elles y'pénètrcnt souvent à une grande profondeur , comme on le voit dans les mines , dans les houillères, où elles nécessitent des trav'aux d'épuisement énergiques, toujours agissant gprl'cflcl d'appareils de la plus grande puissance , tels que des pompes ù feu.

Musclieinbrock a observé qu'en Misnie les caux'dc la pluie filtrent jusqu'à une piofondcur de i,5oo pieds dans une mine qu’il désigue.

On sait que l'on emploie à filtrer les eaux , des pierres qui, quoique poreuses , présentent beaucoup do densité.

L’eau traverse, par scs filtrations? même des bancs de pierre calcaire d'une très grande épaisseur. Par exemple , aux Catacombes de Paris , on remarque dans les immenses galeries souterraines formées par l'extraction des masses de pierres employées aux coristructions , que l'eau filtre , lors des temps de pluies, aux endroits noir revêtus de pavés U la surface, notamment sous les jardins du Val* de-Gràce, quoique le banc de pierre calcaire y ait une épaisseur commune de

4 4 pied* (•)•

(*) Je (lui) ccuc observation à mon honorable ami et collègue M. le vicomte Hcricart de Tbory, membre de h

Les filtrations sont quelquefois telles , qu’elles ubsorhent meme des rivières.

On peut sc rappeler Ici ce que nous avons dit , cd parlant du Canal de Saint- Quentin, des hétaïres ou cavités à In surface de la terre*, dans le Cambré&is et l'Artois , qui absorbent les eaux qui s’y dirigent. 1

Il en existe en d'autres contrées et notamment en Normandie.

La Rille commence à se perdre près de Lyre, et depx lieues plus bas disparaît entièrement. t

L’Ylon, qui passe à Evreux , se perd au village de Villalct , après la forêt d’Evreux.

L’Avre ou la rivière de Verneuil se perd près du Chesncbrun ir la Lenbcrgerie.

La rivière du Noyer-Menard se perd à une demi-lieue de sa source ou lieu dit lesFoyards; mais elle réparait à peu*de distance.

Ces quatre petites rivières se perdent dans des bétoircs existons dans un terrain composé de cailloux roulés (Guetlard).

La Drôme réunie à l'Aure, dans le département du Calvados, entre Baycux et la mer, arrivée au pied d’une colline composée de calcaire compact avec térébralulcs , qui parait être de même formation que celui du Jura , s’engouffre entre les bancs de ce calcaire, et disparaît : on dit qu’elle réparait dans la mor matée basse.

En Lorraine , cinq rivières se perdent dons un seul canton de dix à douze lieues; parmi elles on remarque la Meuse encore faible ; elle disparaît à Bazoillcs , mais elle reparaît & Noncourl à deux kilomètres de Neufchâteou : elle n'est plus aussi forte qu’elle était k sa perte ( Héricart de Thyry déjà cité ).

Les autres sont la Fenche, la rivière de Mouzon , celle de Vicby et celle d’Ar. Ce canton est composé de chaire coquillier qui parait appartenir aussi à 1a rnyme formation que îc Jura. ** *

La rivière du Duis , qui reçoit un bras de la rivière du Loiret, se perd dans le parc de la Source à deux lieues d’Orléans.

La rivière d’Hyêres se perd dans plusieurs points, notamment dons la paroisse de Soulairc , entre Sognollcs et Ivry-lc-Chàtcau , et près la ville de Chaume à i o lieues de Paris'

Chambre des Députés , maint drt requêtes , ingénieur en chef de* ruines el inspecteur central de* carrière* du dt pai ttfnrut ije la î)rinc , qui a fait établir dans ccs catacombes Perdre et le* dispositions les plus propres i y rappeler le respect cl les n-nlimcns religieux dus aux dépouilles mortelle* des générations qui ont peuplé I* ■Mpaiilc, depuis Philippe Auguste. Il a eu soin de faire séparer tout cc qui pourait intéresser loslcologic, cl il *'y trouverons re rapport , de* phénomène» remarquables- Avant lui , on ne voyait qu'un amas immense et confus d'ossemens dans ce vaste emplacement où l'on avait j te pêle-mêle ce qnc ontcqaient les divers cimetière» ou lieux de sépulture, lorsque , ver* la (in du régne de bon. s XVI . il fai décide que le* inhumations ne pourraient pin* sc faire dans l'intérieur de Paris.

On compte en Angleterre sept rivières qui se perdent presque toujours dans des terrains sablonneux ou marneux.

L’Aros, drfns les Pyrénées, à peu de distance de Sérancolin, passe sons uns montagne et reparaît de l’autre côté.

En Espagne , la Guadiana , qui prend sa source dafis le Sierra-Moréfld, se perd dans les prairies d'Alcaza qui n’en est éloignée que de 4 lieues, et reparaît 5 lieues plus loin en formant de grands marais, qu’on nomme Ici Yeux de la Guadiana (Pinkerlon).

Beaucoup de rivières du centre de la Perse se perdent dans les sables do cette contrée. Tel est le Zcnderoud , qui s’arrête et disparait à quatre lieues d'Is- - pahan , dans une plaine marécageuse.

En Afrique*, un grand nombre de rivières descendant du côté méridional de l'Atlas ^ vers le grand désert de Sahara, sc perdent dans les sables, ou se terminent par des marécages.

On rapporte la même chose de plusieurs rivières qui descendent des montagnes d'Abissiuie vers la mer Rouge.

Dans le Tucuman , au sud-ouest de Buenos-Àyrcs , on voit beaucoup do rivières qui sc perdent dans les sables ou lagunes. ( Dictionnaire des sciences naturelles. )

Nous terminerons les citations par quelques exemples plus rappochés du système des Canaux , et qui viennent à l’appui de ceux que nous a offerts la description des principaux Canaux dont nous avons parlé.

Lorsque Louis XIV voulut alimenter Versailles de l’eau nécessaire pour l'utilité de la ville et rcmbellisscmeru des jardins , Colbert, d’après les plans et calculs présentés par d'habiles ingénieurs, ordonna de recueillir, pour les conduire a Versailles , les eaux des divers étangs situés dans les plaines de Satory, de Saclay, de Trappe, d’Arcy, etc. ; ces plaines contiguës ont au moins 6 lieues carrées de superficie. On y établit , à cet efTel , 27 rigoles qui ont ensemble plus de 1 jo,ooo mètres de développement -, elles tirent les eaux de douze étangs et de plusieurs retenues, qui forment ensemble environ 700 hectares de superficie et dont le$ chaussées ont à peu près 5, 000 mètres de longueur totale. On construisit 17 aqueducs dont les trajets réunis font environ 35, 000 mètres.

On calculait que les eaux pluviales^, recueillies et emmagasinées sur cette vast» superficie, devaient (en supposant 18 pouces #e hauteur d’eau , que les pluies fournissent, année commune) produire 9,420,000 toises cubes ( ^9»744ï000 mètre» cubes): c’était bien au-delà de ce qu'il fallait) mais on ne recueillit guère que la cent cinquantième partie de ce qu’on espérait, ci on lut obligé de construire à grands frais la machine de Marly , qui fit monter des eaux de la Seine à 5oo pieds de hauteur. * •

On n'a jamais pu parvenir à remplir les fossés qui entourent la ville «le P.Jma- Nova , dans Ica étals vénitiens , en y dérivant toutes les eaux de la Tore, allluent del’Isonzo; ces fossés se vidaient à mesure que les eaux y arrivaient, et on li s voyait sourdre au loin dans les environs.

Les mêmes causes ont rendu inutile le Tnglio-Nnovo , Canal destiné par les Vénitiens à faire communiquer la rivière d'Auza avec la ville de Palmn-Nova.

Lorsque loti fit le Canal de Ncuf-Brissac, pour favoriser les travaux des fortifications de cette ville , l’eau y disparut et fut long-temps alisorliéc -, les filtrations n’y diminuèrent qu'en faisant charrier une grande quantité de troubles, 'dans les hautes eaux.

Les mêmes effets se sont plus ou moins répétés dans presque toutes les entreprises de Canaux , pour des espaces où il a fallu faire des travaux consitlérahlcs ou faire charrier des troubles, dans les grandeseanx, quand on pouvait lesy diriger.

Les faits dont nous venons de parler , ceux du même genre «que nous avions exposés dans la description des principaux Canaux de France et d'Angleterre , prouvent la nécessité de calculer la perte énorme que doit subir en filtrations un Canal dont on forme le projet. L’expérience à cet égard devient maintenant telle , que la persévérance dans une illnsion ruineuse entraînerait le même ridicule que l'incapacité, en établissant , au lieu d'un Canal, un fossé muni d’écluses et dépourvu d’eau.

11 faut donc espérer qu'on ne verra plus se livrer à une erreur si étonnante des ingénieurs qui d'ailleurs apprécieraient lellctnont , dans d'autres occasions , les perles d’eau par les filtrations, que, si on leur demandait un Canal d’irrigatiou , ils compteraient sur l'absorption entière des eaux qu’ils y destineraient, et si on leur demandait d’établir un bassin , ils feraient préparer un encaissement en terre glaise <le plusieurs pieds d'épaisseur, feraient faire ensuite la construction du bassin à chaux et ciment, et revêtiraient le tout avec une chappc ou enduit épais d'un mortier particulier, ce qui n’cmpêcheraft pas toujours l cau.de filtrer par les "fissures «ju'occasionent habituellement les intempéries de l’air et notamment les gelées et dégels alternatifs. .

En résumé, nous conclurons que, par suite de faits qui ne comportent aucune exception, il faut, pour constater In possibilité de la navigation d’un Canal à point fle partage que Ton projette, 1“ ne compter que les quantités d’eau qui entreront dans le Canal, défalcation faft des pertes qu’éprouvent les rigoles qui les conduisent et qne nous avons vues s'élever è plus de moitié des eaux qu’elles contenaient , pour celles du Cnnal de Languedoc , qui sont celles de toutes qui perdenlle moins; et nous pouvons nous rappeler à ce sujet qu'il a fallu abandonner des rigoles dont on faisait grand état , telle que In rigoledc Saint-Julien snrleCanal du Centre, qu’on avait estimée devoir produire i ,700 pouces d’eau , et «qui né versait rien au point de partage dans les sécheresses.

En prenant pour exemple lo Canal de Briarc , ’ le plu» ancien des Canaux à point de partage , qui existe depuis près de deux siècles , et dont les pertes en filtrations doivent être parvenues à leur minimum , il faut qu’il .entre dans le lit d’un Canal une quantité d’eau égale à vingt fois 6on prisme de remplissage (ou capacité lotale.de la ligne navigable) pour suffire aux dépenses d’eau qu’il doit subir, tant pour la navigation par le remplissage des écluses , afin de faire monter les bateaux au p^oinl de partage et les en faire descendre , que pour remplacer ce qu’enlève l’évaporation r et enfin pour réparer les pertes toujours considérables qu’occasionenl les fibrations (1).

3° Il faut encore avoir des prises d'eau et des réservoirs dont la capacité et les orifices soient tels, que le Canal puisse être rempli en peu de jours, non pas tant pour ne point prolonger le chèjnage, qu’à cause de la nécessité d’opérer le remplissage à grande eau , sans quoi on courrait le risque de ne point l'effectuer, ainsi qu’on en a cité un exemple en parlant du Canal de Languedoc, page a^i.

NOTE C

Sur la machine à draguer , au bateau A vapeur dragueur.

Parmi les moyens dont l’application peut accroître les avantages de la navigation intérieure, notamment pour ses débouchés, on doit citer la machine à draguer, ou bateau à vapeur dragueur.

. (1) Voir l'article do Canal de Briarc.

JYott t. Nous u'avons pas pris pour point de comparaison le Canal de Languedoc, parce que nous ayons exposé, page xn3, que s’il perJait moins d’eau que le Canal de Briarc, cela tenait à de» cansesqui lui talent particulières , et qui ne se rencontraisnt point ailleurs; telles tutr'antres que l’admission des 54 connu d’eau qui avaient été diriges dan» le Canal lors de son origine, et que Vaubau en détourna, parce qu'ils comblaient son lit de tontes paru. Encfièt, le charois d'une si grande quantité de troubla a dù occcstaireaeot boucher toutes les. tissure* , et corroyer, pour ainsi dire , tomes les parois du lit «lu Canal.

Nous avons tu des pertes d’eau bien plus considérables que celles du Canal de Briarc, telles que celles du Canal de Narbonne, qui dan» le commencement. perdait U totalité de son remplissage en trois jours (p. 367 J, celles du Canal du Centre , de Saint-Quentin , etc.

Le moyen le plu» utilement cmjdoyé sur le Canal de Briare pour arrêter les Ghrations, lorsqu’elle» sont considérables , est un corroy de glaise recouvert d'une couche de fresil (poussier de charbon de bois) , le tout recouvert d’une forte couche de terre franche. ....

Sur ce même Canal, on bouche les renards ( trous produits parles filtrations) par des sacs m toile grossière remplis de ce fresil et qu’on fait etuier avec force daus les trous & boucher.

Ailleurs on emploie arec succès uu mélange de chaux vÎTcet de terre battue à la demoiselle, et saupoudré de chaux vire. »

En Angleterre , on emploie ra glaise mêlée avec du sable, pour fortnet Jcs corroy*, auxquels on donne troU pied ». dYpaisscur .

Pour donner une idée de leur emploi , nous allons exposer quelques détails sur celui qui rient d'être importé d’Angleterre et qui a manœuvré sur 1a Seine et à 1 embouchure du Canal de Saint-Denis.

Cet appareit a pour moteur une machine à vapeur de la force de 1 5- chevaux , placée sur un fort bateau , et qui fait mouvoir deux chapelets de dragues disposés

de chaque côté du bateau ; chaque chapelet est composé de. . . 3a dragues.

Pour les deux, ci dragues.

Chaque drague contient 33 décimètres cubes ; pour les 64 , ci at ia déci. cub. Les chapelets font j de tour par minute , ci, par minute... 704

Passé S -00

C’est, pour une heure 4> met. cub.

Passé à -, 4o

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