‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 24 sur 110 · Tome JI. i · texte numérisé non relu

Tome JI. i

8a CANAUX NAVIGABLES

Le minerai se traite dans 5 fourneaux, qui ont a4 à 5o pieds de hauteur ; la fonte se fond ensuite dans 6 fourneaux à réverbères , dans lesquels on passe à la fois jusqu’à ao tonnes. Il s'y fond des objets de la plus grande variété, tels que des caronnades (pièces d'artillerie pour la marine royale, auxquelles cet établissement a donné son nom), des canons, des objets de décoration recherchés. On y voit nne belle forcrie de caDons ; là , comme en France, la pièce de canon tourne sur son axe , et l’instrument d’acier qui sert de foret s’avance horizontalement avec une pression dontPcnergie est proportionnée à l’effet qu’il doit produire; toutle mécanisme estmis en mouvement par une chute d’eau.

Il y a plusieurs fourneaux de fonte pour toutes sortes d’ouvrages ; mais on doit distinguer 5 fourneaux à grandes souffleries, appelés en Angleterre b/ast furnaces. On y convertit la fonte en fer battu.

On fond dans les Caron- ff^orks environ 6, 5oo tonnes par an, et on y emploie a,ooo ouvriers; c’est la rivière de Caron qui fait mouvoir toutes les machines.

11 a été construit un réservoir de 3o acres , pour suppléer à la diminution du volume d’eau de cette rivière, dans les temps de sécheresse.

Ce bel établissement, qui appartient à une compagnie , fournit un cinquième de ce que l’Ecosse est estimée produire en fer et en fonte , cl qu’on évalue par année commune à 33,760 tonnes, ce qui ( à une estimation commune de 7 liv. sterl. la tonne) fait 339,320 liv. stcrl.

C’est surtout pour la ville de Glasgow que les avantages du Canal de Forth et Ciyde se font remarquer. Les différentes communications navigables qu i! a fait acquérir à cette ville , et dont on a rendu compte , lui out assure les moyens les plus favorables de transport, tant pour l'exportation de scs produits que pour les importa tions , soit par l’Océan atlantique, soit par ta mer d’Allemagne où enfin par la mer du Nord; quelques exemples feront apprécier ce que de telles communications ont opéré pour la richesse et la population de cette ville.

Il paraît que la première expédition de commerce maritime que fit Glasgow fut en 1707, par MM. Walter, Geniour et compagnie, qui

expédièrent des harengs en France et firent leur retour en eau-dc-vie. Voici un aperçu de son commerce et de son industrie en 1816.

Le nombre des filatures de coton, situées dans cette ville et aux environs, est de 5a; on a calculé que le nombre des fuseaux était de 5u,aoo. Le capital employé à ces étabiissemens est estimé un million sterling; deux de ces filatures, qui ont été achevées dernièrement, dans Hutchisontown , sont à l'épreuve du feu; elles ont coûté chacune, y compris le terrain et 1a machine, environ 3», 000 liv- sterl.

Dans le voisinage de Glasgow, il y a 18 manufactures pour le tissage, qui contiennent a, 800 métiers et produisent par semaine environ 8,4oo pièces.

Les manufactures d’impression de calicot sont au nombre de 18. On y a appliqué récemment les procédés importés par MM. Henri Montcith, Bogie et compagnie, pour les mouchoirs dits de Bandana .

On compte dans Glasgow 17 maisons pour culendrer , contenant 39 machines à calendre, mises en mouvement par des machines à vapeur, qui produisent quatre fois plus d’effet que lorsqu’on y employait des chevaux (1).

Les fonderies, tant dans la ville que dans ses environs, sont au nombre de 9 ; on évalue leur produit à plus de 5oo,ooo liv. sterl. Celle de Cook, au sud de la ville, a une roue toute en fonte, de j 5 pieds de diamètre, que le flux et le reflux font également agir.

Dans plusieurs autres étabiissemens on se sert de machines à vapeur; il n’en existait aucune avant 1778; mais les améliorations et les perfectionnemens qu’y apporta M. Watt en rendirent l’usage d’un emploi général, et il existe actuellement dans Glasgow et ses environs 76 machines à vapeur de la force de 4 à 60 chevaux.

Une machine à vapeur placée près la rivière , à chaque extrémité

(1) Les observations que l’on a faites en parlant des manufacture* de colon de Manchester, sur l’élévation et 1a régularité de la température qui y était maintenues, sont communes aux manufactures de Glasgow, du même genre.

de la ville, fait monter de l’eau dans de vastes réservoirs , d’où elle est ensuite distribuée dans la ville, moyennant une rétribution. Chacune de ces constructions passe pour avoir coûté environ 100,000 liv. stcrl., et rapporter plu3 de 10 pour 100.

Parmi les établissemens que la facilité des transport a fait créer à Glasgow, on citera encore ici une fabrique de tonneaux, par le moyen de machines, et qui tire le bois de bouleau des montagnes d’Ecosse, et le chêne, de l’Amérique septentrionale.

Tout le bois est coupé dans les longueurs et suivant les épaisseur» convenables, par des scies qu’une machine à vapeur met en mouvement, et dont quelques-unes sont circulaires.

Pour former les fonds et pour les manœuvres qui remplacent celles du rabot , des mécaniques invisibles font mouvoir, comme d’euxmêmes, les bois contre des outils de fer.

Comme la plupart des tonneaux en chêne sont destinés au rhum , les douves sont préparées dans une étuve qui en neutralise le tannin.

Les scies circulaires sont faites avec des bandes d’acier de Sheffield , dans la fabrique même, et l'on y fait aussi des cercles de fer destinés aux tonneaux pour le rhum.

11 se fcit une très grande exportation de ces tonneaux, pour les îles de l’Amérique.

La sciure et les copeaux du bois sont distillés dans une grande retorte; on en retire du vinaigre de bois et du goudron; on tire encore parti du résidu charbonné.

Lorsque la révolution française eut transmis, en 1793, à l’Angleterre, la possession des Indes occidentales et le commerce presque exclusif d’une partie du continent, le commerce de Glasgow acquit nn nouvel essor, et il s’y établit beaucoup de nouvelles maisons de commerce.

On peut s’en faire une idée, par les importations des denrées coloniales qui y ont eu lieu en l’année 181 4, dont voici le relevé.

ligTrrrea^ÿXloogle

Sucre .

Barriques.

Tierces. . .

Tonneaux Caisses. . .

Rhum, j Café.. J

( Poinçons.

Jamaïque . . . . 1 „

( Barriques

Des Iles sous ( Poinçons.

le vent ( Barriques

Tonneaux

Barriques

Balles. ... .'

4o,oo4

7,4io

!De Charlestown et Savanah g,oi4 balles.

De Nouvelle-Orléans a,aa4

De différens ports d’Amérique 3,737

Du Brésil 1,545

De Demerary 8,764

Des Indes occidentales 3,067

Du continent d’Europe 5o4

Des côtes 4,786

Total pour le coton 3i,45i balles.

L’état ci-après, extrait des registres de la douane de Glasgow, confirmera l’idée de l’accroissement qu’a reçu son commerce maritime.

Cet état comprend ce qui est relatif au port de Grecnock, parce qu'il peut être considéré comme un entrepôt pour Glasgow et le Canal de Fort!» et Clyde; les inconvéniens que présente la Clyde, notamment vers Bowling-Bay , ne permettant pas le trajet de cette rivière aux bâtimens marchands d’un fort tonnage , c’est ce qui occasionne en grande partie l’activité de la navigation entre Greenock et Glasgow, que nous avons cité en parlant des bateaux à vapeur.

TOTAL des vaisseaux , leur charge, nombre d’hommes, droits de douane ,

année commençant le 5 janvier i8i4.

Y AISSEAUX.

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