‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 48 sur 110 · SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT

à l’article relatif au Canal du Régent (page 48).

N 0U8 avons annonce , en parlant de ce Canal , que son ouverture étant prochaine, elle nous foûrnirait un article pour les détails intéressons que l’entière confection de ce Canal pourrait offrir.

Cette ouverture ou noise en navigation a eu lieu le a août dernier, avec la plus grande solennité, par le lord-maire et grand nombre de personnages des plus distingués des deux sexes, de la ville de Londres. C-o nombreux cortège s’embarqua sur une vingtaine de barques bien décorées, parées de banderoles, et ayant chacune à bord des musiciens.

Celte petite flotte traversa le Canal dans sa longueur , ses souterrains et ses écluses, au bruit des instrumens , et entre des milliers de spectateurs qui garnissaient les deux rives.

Un spectacle non moins intéressant frappait les regards; à sa suite de grands bateaux chargés de marchandises, venant de Manchester par la grande ligne navigable de Liverpool à Londres, suivaient avec rapidité le cortège.

La cérémonie fut terminée par un repasi somptueux donné à cette occasion par le lord-maire.

La confection de ce Canal offre quelques observations essentielles à ajouter à celles que nous avons déjà données.

Les deux machines à vapeur que l’on destinait à y faire monter l’eau de la Tamise, et auxquelles on a préféré un autre moyen, peut-être parce qu’on les a cru insuffisantes, devaient être de la force de 70 chevaux chacune.

11 est alimenté par des eaux tirées du Canal de Paddington et par les réservoirs dont on a déjà parlé. Il a des encaissemcns qui ont jusqu’à Tome U. a*

ifcé CANAUX NAVIGABLES

56 pieds de profondeur , et dans lesquels on a pratiqué des banquettes qui, dans quelques endroits, ont l’aspect de belles terrasses bien plantées. Les parties en pente où l’on pouvait craindre les éboulemens par la nature du sol, ont été revêtues d’une espèce de mortier, appelé huddling, et qu’on croit composé de terre franche.

Les souterrains de ce Canal ayant été construits d’après l’expérience acquise dans l’établissement d’un grand nombre d’autres, nous avons cru qu’il serait bon d’en présenter la coupe que l’on voit planche XII , figure a, en observant qu’on a indiqué par des lignes ponctuées les pièces de charpente qui servent pour leur construction, en établissant leur cintre, et qu’on relire ensuite pour le décintrcmcnt.

Comme nous avons parlé des portes ayant leurs membrures en fer, qu’on a employées pour les écluses du Canal Caledonian , et comme cc sont des portes du même genre qui ferment le beau bassin de Limc- Housc, dans lequel s’embouche de Canal du Régent, et qui communiquant avec la Tamise, reçoit des bâtimens de 3oo tonneaux, nous avons donné, figure 5 de la même planche, les dessins d’une des portes de ce bassin , et la coupe de son poteau-tourillon.

On avait établi sur cc Canal des écluses dites à ta Congrève, du nom de leur ingénieux auteur, dont l’effet devait résulter de la pression combinée de l’air et de l’eau , pour éviter la dépense d’eau ordinaire; mais en rendant justice au mérite de l’invention , ce procédé a été abandonné par les difficultés, les craintes d’accidens et de retards de la navigation dont en l’a cru susceptible pour son usage. On y a suppléé par une écluse double , ou pour mieux dire à deux sas accolés parallèlement et séparéé seulement l’un de Fautre dans leur longueur par un mur, dans la partie inférieure duquel on a pratiqué une communication de l’un à l’autre sas par un empellement qui se ferme ou se lève à volonté; il en résulte que Peau qui a servi à remplir un des sas, peut, lorsqu’on veut baisser son niveau , entrer dans le sas latéral jusqu’à concurrence de sa moitié, et y rester en réserve pour le passage d’un bateau subséquent dans cc sas, qui n’exige plus que la quantité d’eau nécessaire

pour le remplir entièrement , c’est-à-dire la moitié de l’ccluséc ordinaire. Ce moyen simple est, en résultat, aussi économique que celui des réservoirs accoles dont noos avons fait mention, tant en parlant du beau sas de Bœsingue en Flandre, qu’en parlant des la écluses accolées de Norwood sur le Canal de Grande Jonction, ainsi que d’autres qui ont imité le procédé du sas de Bœsingue. Il paroît moins dispendieux , et il a , de plus , le grand a vantage d’accélérer la marche de la navigation.

On voit planche XII, figure 1”, le plan et la coupe d’une de ces doubles écluses, dont l’application paraît susceptible d’uuc grande utilité dans les circonstances qui rendaient les réservoirs latéraux aux écluses désirables.

On voit, par le plan, le mode de construction d’écluse le plus en usage actuellement en Angleterre; les eaux passent de la retenue supérieure dans l’écluse qui doit recevoir le bateau, au moyen de deux tambours de communication, et elles sortent du sas pour passer dans la retenue inférieure par des ventelles pratiquées dans les portes d’aval. Celte différence pour l’entrée et la sortie des eaux , paraît avoir pour but d’éviter la fatigue des bateaux , qui recevraient toute l’eau à leur avant-bec lorsqu’ils sont contenus dans le sas, si l’eau s’y introduisait par des ventelles (1).

Les dépenses de ce Canal ont monté jusqu’à présent à 700,000 liv. slerl.

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