TROISIÈME PARTIE
Conformément à ce qui vient d’être dit dans le résumé des observations que présentent les Canaux d’Angleterre, nous allons faire connaître les Canaux existans en France, en suivant le même plan que celui que l’on a observe pour les Canaux existans en Angleterre; c'est-à-dire qu’on donnera d’abord une description particulière et détaillée de ceux qui font partie des grandes lignes navigables, allant d’une mer à l’autre, et on exposera dans un Tableau synoptique des autres Canaux, leurs dimensions et les observations dont chacun d’eux est susceptible.
On Fera ensuite l’exposé comparatif des observations qu’auront présentées les Canaux navigables des divers peuples, et notamment ceux de l’Angleterre, avec ce qui existe à cet égard en France. On tirera de ces observations comparatives les conclusions applicables à ce royaume; et on reconnaîtra dans la description du petit nombre de nos Canaux, des garans assurés du succès des projets que doivent Jaire réaliser en Irance les exemples que nous a offerts l’Angleterre.
Toutefois, nous allons commencer par la description du Canal de Tom. III. a5
J<p CANAUX NAVIGABLES
Briare, parce qu’il nous présente tout ce que peut faire ressortir ponr la Fiance l’bcurcuse découverte et la belle conception des Canaux à point de partage, et aussi parce qu’il a pu servir d’exemple aux autres , tant pour sa construction qu’on imite sans rien trouver de mieux, que par son administration, dont les premiers règlemens n’ont point varié depuis près de deux siècles , et qui ne négligeant aucune amélioration , offre à cet égard des résultats qu 'aucune société de ce genre n’a encore dépassés.
Nous ferons ensuite la description du Canal de Languedoc , parce qu’il établit la seule grande ligne navigable qui soit jusqua présent en activité en France.
Nous parlerons en même temps des Canaux qui lui font suite, pour le complément ou le perfectionnement de cette ligne navigable, et nous décrirons particulièrement le Canal de Bcaucairc, qui la rattache à la grande ligne navigable du nord au midi.
En rappelant dans l’Introduction de cet Ouvrage ce que nous exposions en 181C à la Chambre des Députés au sujet de celte ligne navigable du nord au midi, jusqu’à présent sans activité dans l’ensemble de son trajet par les obstacles qui s’y rencontrent encore, nous avons annoncé qu’elle fixerait principalement notre attention, et que nous démontrerions les moycus de faire communiquer nos ports sur la Manche avec la Méditerranée avec la même facilité, et comparativement avec la même célérité que nous ont présentée à cet égard les grandes lignes navigaLles d’Angleterre que nous venons de décrire.
Pour satisfaire à ce plan, on décrira les Canaux existons qui font partie de celte ligne navigable (’u nord au midi, dans laquelle se trouve compris le Canal de Briare, que l’on aura décrit le premier, par les raisons que l’on vient de voir.
Eu parlant de chacun de ces Canaux, on reconnaîtra qu’ils remplissent déjà toutes les conditions désirables pour le service d'une grande ligne navigable; et après avoir, conformément à notre plan, fait le résumé des observations comparatives que nous aurons eu à
recueillir, el après avoir reconnu les applications qu’elles présentent à la France, nous nous occuperons du projet d'un canal latéral à la partie rarement navigable de la Loire , qui sépare le Canal de Briare du Canal du centre.
Nous démontrerons la nécessité de ce Canal pour former le complément de la grande ligne navigable du nord au midi, dont nous constaterons alors tous les avantages, et surtout l’influence sur le système de la navigation intérieure de la France, qui, par la variété de ses produits, par la nature de ses fleuves et par sa position géographique, est peutêtre la contrée où les Canaux navigables peuvent avoir le plus d’utilité, et on peut dire le plus d’importance.