‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 51 sur 110 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

, Jf

fil

Si

Capacitf

en

toi*» cubes.

al

DÉSIGNATION DES RÉSERVOIRS-

Çf

Capacité

en

toises cubes.

On mrkit dirigé dans le même bief, par la rigole dite de Bretean , 1°. les eaux de l'étang Champoulet ,

contenant

a”. Les eaux de l'étang de la Tuilerie qoi , par lclévation qu’on a donnée depuis à sa chaussée , contient Et reçoit les eaux de l’étang Pcncbaut , qui contient. . . Celles de letang de la Métairio neuve , qui contient . ... La rigole de Breteau reçoit encore les eaux de l’étang

Botter, qui a . . . . • j

Ainsi que les eaux de l'étang de la Caliaudcric, qui

contient.

On Cl construire, environ 20 ans après, le réservoir des Beaurrois, dont on dériva les eaux au bief de partage par la rigole dite des Beaurrois , et qui

contient

On fil venir ensuite , par la rigole dite des Chèvres et en traversant l’étang des Beaurrois , les eaux de l’é-

tang du Bouza , qui contient.

Et les eaux de letang Lélu ou Fourneau-des-Bois , qui

contient

Une partie de rigole de construction récente contourne l’étang des Beaurrois , lorsqu'il est plein , et dirige alors, dans la partie inférieure de la rigole des Beaurrois, les eaux des étangs du Bouza et de Lélu, qui se remplissent plusieurs fois l’année.

On avait cneore dirigé au point de partage les eaux de l'étang dit de la Grande-Rue, qui en était à peu de distance, et qui ne contenait alors que 10 arpens. La position de cet étang décida, en 1^3 tj , à en faire le réservoir principal de la distribution des eaux du canal de Briare, en lui donnant une étendue beaucoup plus grande pour satisfaire aux besoins de la navigation qui rendaient insuffisantes les mesures dont ou tient de rendre compte -, on l’entoura de

ta

4 1 fi, 666

1 2,5oo

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ta

DÉSIGNATION DES RÉSERVOIRS

trois cilles d’une chamade qui a 1 46o toises de développement , 36 pieds de large a son couronnement, et 90 pieds de large à sa base; cet ouvrage fut fait en 1739, 174° et >74* > il coûta environ 5oo,ooofr., y compris l'achat des terres ; il est très Remarquable

par l'effet qu’il produit en portant à

un réservoir qui, originairement, n'avait que 10 arpens.

C'est encore un des exemples donnés par le Canal de Briare, et son application peut être d'une grande importance dans des localités analogues (1).

(Ce fut a la même époque que fut exécuté le rehaussement de la chaussée de l'étang de la Tuilerie.) Malgré des ressources aussi étendues, la prévoyance qui les avait fait successivement établir, suggéra l'idée de les accroître pour subvenir à la progression qu’éprouvait encore la navigation. .

La prise d'eau, dans la rivière de Loing, ne donnait point au bief de distribution tont ce qu'on en avait attendu , lorsque les eaux baissaient dans la partie supérieure de cette rivière; pour y suppléer, M. le marquis de Brion , père de M. de Brion , que nous avons cité comme un des députés actuels de la Compagnie, détermina l’acquisition de l'étang do Moutier, situé sur celte rivière, environ 9,000 toises au-dessus de la prise d’eau ; on forma à cet étang un barrage tel, que ses eaux pussent être tenues en réserve pour suppléer à celles de la rivière de Loing, quand celles-ci baisseraient.

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TÜ

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Capacii*

toi»e* cnb*i.

(1) Ce bel ouvrage fut dû à M. le comte de Buron, alors député de la Compagnie , et qui détermina pour le Canal d’autres améliorations importantes, telles que le rehaussement de la chaussée de barrage de l’étang de la Tui erit

DESIGNATION DES RÉSERVOIRS

On fait couler Ica eaux de cet étang dans le lit naturel de la rivière qui, par un trajet de 9,000 toises, les dirige à renipellcmrnt de la prise d'eau de la rigole de St. -Privé, par laquelle ces eaux arrivent ainsi au point de partage.

Vais il est essentiel de remarquer que par sa position , qui a détermine à l'acquérir, ce réservoir, situé entre des versans rapides et très étendus’, se remplit cinq à six foi6 par an, et qu'on l’a vu se remplir en moins de vingt-quatre heures.

Les dimensions de ce beau réservoir sont

Capacité

en

toise» cuber.

Total en superficie

Total en capacité (1). . .

Les deux remplissages en plus de l'étang de la Tuilerie, dont on parlera ci-près, donnent

Les quatre remplissages en plus de l'étang du Moutier,

dont on vient de parler, donnent.

Total des eaux disponibles (sans compter la prise d'eau de St. -Privé)

a, 00 y, Gai 833,33a 1,133,33a

Qui font 29,43i,58o mètres cubes.

De plus, en 1808 la Compagnie fit établir la rigole de Dammarie qui fait arriver dans l’élang de la Tuilerie les eaux qui, par les étangs de Dammarie , tombaient précédemment vers la Loire.

(1) Il était pour ainsi dire impraticable d'établir, pour la capacité de ces réservoirs, nn calcul régulièrement exart, daprès les variations que présentaient , pour leur profil, les lignes de fond de chacun d'eux.

Pour ob’enir un résultat approximatif sur leur capacité , on a opéré comme si rbaciin de ces étangs eût présenté , pour son profil, un rectangle ; ce résultat est nécessairement moindre que celui qu'ou aurait obtenu en opérant d'une manière plus régulière, mais, comme on vient de le dire , presque impraticable ; 00 a évité ainsi toute idée d' exagération.

Cclfc rigole, en déterminant ainsi les affluons d’un versant différent, a beaucoup augmenté les eaux disponibles pour le bief de partage , et pour l’étang de la Tuilerie qui peut se remplir trois fois l’année.

Enfin, la Compagnie vient encore de faire établir la rigole dite de la Serre du Seigle, qui dirige dans l’étang des Beaurrois les eaux de 1 étang du Four , dont la chaussée de barrage a 4o toises de longueur et g pieds de hauteur, et celles du ruisseau de ce nom.

Ces eaux vont ensuite, par la rigole des Beaurrois qui tient bien les eaux , se rendre dans l’étang de la Grande-Rue, principal réservoir dont le remplissage est toujours un but important de la manœuvre des eaux.

Quoique ce nouvel affluent soit considérable, on n’en fera mention ici que pour mémoire , et comme coopérant au remplissage des étangs des Beaurrois et de la Grande-Rue.

On voit ainsi que le Canal de Briare s’est procuré, pour alimenter son point de partage, 18 réservoirs, présentant une superficie de 1,177 ar pens à 30 pieds pour perche (environ 48o hectares ) , indépendamment des eaux dérivées de la rivière de Loing par la rigole de Saint-Privé, et que les eaux ainsi réunies pour alimenter le point départagé du Canal de Briare, peuvent être évaluées plus de 5, 000, 000 de toises cubes, ce qui fhit plus de ao fois la capacité ou prisme de remplissage de la ligne navi-gable du Canal en elle-même.

Les eaux qui arrivent au bief de distribution d'après les dispositions que l’on vient d'exposer, y sont dirigées par des rigoles qui offrent, dans leur ensemble , un développement qui surpasse la longueur totale du Canal en comptant les gooo toisas du trajet des eaux de l'étang du Mouticr pour arriver à la prise d’eau de la rigole de Saint- Privé.

Effectivement, la rigole de Saint-Privé a 10,676' toises.

La rigole de Breteau 3,660

La rigole des Beaurrois 4,000

La rigole de Dammarie 1 ,800

ao»

Report rr.T 19,136 toises.

La rigole de la Cahaudcric. 783

La rigole des Chèvres j,3oo

La nouvelle rigole dite de la Serre du Seigle 4oo

Le trajet des eaux de l’étang du Moutier à la prise d’eau de Saint-Privé * 9,000

Total 30,619 toises.

La principale de ces rigoles, qui est celle de Saint-Privé, est peut être de toutes les rigoles nourricières connues, celle dont la jauge com paralive de ce qu’elle reçoit d’eau et de ce qu’elle en rend, présente le plus d’intérêt , tant à cause de Son ancienneté , de la longueur de son développement cl des soins dispendieux que l’on a pris pour la conservation de. ses eaux , que parce qu’elle ne rencontre dans son cours aucun autre affluent d’eau qu’un très petit étang , dont la capacité fait en quelque sorte partie de la sienne.

Celte considération a déterminé à la jauger en différens temps, et voici le résultat des expériences faites à ce sujet.

La section habituelle du cours d’eau à Pempcllemcnt de la prise d’eau est de deux pieds de hauteur cl de cinq de largeur; l’ciupellement de décharge de cette rigole dans le bief de distribution de la section habi- •tuellc du cours d’eau n’est plus que d’environ 7 pouces de hauteur sur une largeur de 3 pieds 4 pouces.

La contraction de la veine fluide paraît d’au moins un cinquième à chacun des empellcmcns.

L’eau éprouve, à chaque empellemcnt, une vitesse de chute; mais celte vitesse, à une distance d’environ aoo toises en aval de la prise d’eau et environ 200 toises en amont de la décharge , s’est réduite progressivement à la vitesse de 10 pouces par seconde, qu’on peut considérer comme vitesse moyenne de la rigole, dont la capacité commune est d’environ j 2 pieds à la ligne d’eau, 9 au plafond, et 3 pieds de

DE FRANCE. io3

profondeur, sur une pente générale de fond de 5 pieds pour 19,000 toises^ et à peu près un quart de plus à la surface.

Ainsi la rigole de Saint-Privé perd dans son développement plus des trois quarts du volume d’eau qu’elle reçoit. D'après les détails donnés ci-dessus, la portée moyenne de cette rigole peat être évaluée à plus de 2,000 pouces d’eau (1).

Lorsque le chômage ordinaire du Canal pour le temps annuellement nécessaire aux travaux est terminé, on lève l’empellemenl de la prise d’eau de la rigole de Saint-Privé pour en dériver l’eau dans le bief de distribution ; il se passe au moins deux jours avant que l’eau coule par l’empellcment de décharge.

Cependant, dans les parties où les pertes d’eau étaient le plus sensibles, celte rigole a été murailjée à chaux et à ciment, et lorsque ce moyen a encore été reconnu insuffisant, on a encaissé le lit de la rigole dans un corroy de glaise de deux pieds d'épaisseur sur lequel on a placé un pied d’épaisseur de frésil (poussière de charbon de bois), et on a recouvert le tout d’une couche de terre franche de deux pieds d’épaisseur.

Le lit de lu rigole dans les lieux où elle est ainsi encaissée, n’a plus qu’environ 4 pieds de large au plafond.

La rigole de Breleau a donné lieu à des travaux semblables à cause des grandes pertes d’eau qu’elle épyouve, et qu’on attribue à sa positipn sur le haut d’un coteau qui borde la vallée du Trézé. Elle a été muraillée à chaux et ciment dans une partie de 5oo toises de long , et dans plusieurs endroits il a encore fallu y pratiquer des encaisscmcns pareils à ceux que

(1) On citera pour exemple extraordinaire que', le 3o juillet 181.'} , par la plus grande sécheresse, la hauteur d'eau à l'empellement de prise d'eau de St. -Privé étant de a pieds, et les deux pelles, qui ont chacune a pieds G pouces de large, étant levées de 18 pouces, l’eau n'avait plus que 3 pouces de hauteur sur 4» de large à l'empellement de décharge, dont la chute était alors de 3 pieds. On.verradcs pertes analogues pour les rigoles nourricières des autres Canaux, dont on parlera.

(Dans les évaluations que l'on a faites des quantités d'eau , on est resté beaucoup au-dessous de l’exactitude des calculs, afin de rendrè le résultat plus incontestable.)

aot CANAUX NAVIGABLES

l’on vient de décrire pour la rigole de Saiut-Priyé. Il est cependant à observer que les grandes pertes que cette rigole éprouvait par les filtrations tombaient en grande partie dans le lit naturel de la rivière du Tréié, où le canal a une prise d’eau à quelque distance et quelques écluses plus bas.

La rigole des Bcaurrois, qui met en communication plusieurs étangs éloignés, mais situés sur le même plateau , n’éprouve, pour ainsi dire, aucune perte, ce qui donna l’idée d’y faire verser les eaux dirigées jusqu’à présent par la rigole de Breteau, en coupant dans une partie peu élevée, l’espèce de seuil qui se trouve entre ces deux rigoles.

On voit par quels moyens on s’est progressivement procuré la certitude de verser à volonté, et suivant les besoins de la navigation , les eaux nécessaires pour remplir les écluses lorsqu’il faut monter et descendre , soit vers la Seine, soit vers .la Loire, pour opérer le trajet du Canal dont voici le détail.

TRAJET DU CANAL

Nombre

«in

«cluses.

Hauteur de l'ascension ou

de 1a descente.

Trajet.

Pour faire arriver les bateaux de la Loire au bief de distribution , ils ont à monter, au-dessus du ni-

jieds. pour.

toise», pieds.

Sur un trajet de

Les bateaux traversent ensuite le bief de distribution sur une longueur de. . . . 3

Mais ce bief, auquel on a donné 4 pieds de profondeur sur ce développement, afin d'en faire une sorte de réservoir, se trouve, dans les basses eaux , réduit à 6 pieds de profondeur, et alors il rend nulle la chute de l’écluse du Rondeau, qui a une longueur de 3o 3

TRAJET DU CAKAL

El il se trouve alors ne faire plus qu'un avec le bief de la montagne, qui a 1

Ce qui donne, pour la longueur totale du bief, dans les basses eaux 3oGi 5

aller de là en Seine

Par 28 écluses dont plusieurs sont accolées...

Sur un trajet de

Ainsi , le développement total du Canal est de. El le nombre total des écluses est de

Nombre

des

éduM*».

Hauteur de l 'ascension ou

tic Udncenu.

Trajet.

pieds, pouc.

toises, pieds.

Les dimensions du Canal dans ce développement sont d’environ 4o pieds à la ligne d’eau , s4 au plafond , et 4 pieds de profondeur d’eau.

L’acte de concession de i658 donne droit au Canal de prendre , en indemnisant les propriétaires, deux perches de chaque côté de son lit pour ses francsb

La longueur moyenne des écluses est de près de 100 pieds, leur largeur est de 17 pieds entre les bajoyers qui sont rectilignes, leur largeur entre les portes varie de i5 pieds 10 pouces à 14 pieds 10 pouces.

La hauteur de leur chute varie depuis 6 pieds jusqu’à 1 3 pieds.

Il n’y a que les écluses de Baraban, de la Gazonne et du Rondeau, qui soient construites pour contenir plusieus bateaux ; celle de Baraban en tient deux, celle du Rondeau et celle de la Gazonne eu lienneut trois chacune ; ces trois écluses sont revêtues de bajoyers en pierres comme les autres.

Ou a vu que la chute de l’écluse du Rondeau devenait nulle lorsque les eaux du Bief de distribution se trouvaient réduites à 6 pieds de profondeur.

L’écluse de Baraban qui forme une des deux embouchures en Loire est d’une construction récente, et avait d’abord été établie sans bajoyers Tome IL a?

ao6 CANAUX NAVIGABLES

ayant à leur place des talus que leur fréquens éboulcroens ont fuit supprimer, on les a revêtus de bajoyers comme les autres. Cette écluse est la seule qui s’emplisse et se vide par des vcntclles aux portes; pour toutes les autres il y a des tambours de fuite qu’on décrira plus amplement.

Il est essentiel d’observer ici que d’une part , vers la Seine , au bas des sept écluses accolées descendant à Rogny,’on trouve une prise d’eau dans le lit naturel de la rivière de Loing, alors grossie de quantité d’affluens dans les détours qu'elle éprouve depuis la prise d’eau fuite par la rigole de St.-Privé. Huit autres prises d’eau subséquentes dans celte rivière, fournissent une quantité d’eau suffisante pour alimenter la navigation du Canal, au moyeu des écluses pratiquées depuis Rogny jusqu’à Montargis; d’autre part,. vers la Loire, à une distance de 900 toises environ du bief de distribution, et après avoir descendu quatre écluses, rachetant 4i pieds 8 pouces de pente, le Canal a une prise d’eau dans la rivière du Trézé, dans le bief du Moulin-Neuf, au bas de l’écluse des Fées, au-dessus de ce moulin, qui tourne presque toute l’année avec le trop plein du bief après la prise d’eau. 11 y a encore successivement, jusqu’à l’embouchure en Loire, deux autres prises d’eau, dont une dans la rivière de Pont-Chevron, lesquelles prises d’eau sont encore suffisantes pour faire tourner par le trop plein des biefs qu’elles effectuent, autant de moulins qui appartiennent à la Compagnie, et qui reversent dans les biefs inférieurs du Canal les eaux qui ont servi à les faire tourner.

A la vérité, dans les grandes sécheresses , les petites rivières de Trézé et de Pont-Chevron conservent peu d’eau; mais, excepté des cas extraordiuaircs, il résulte de ce que l’on vient d’exposer, que les eaux recherchées et emmagasinées avec tant de soin pour être versées à volouté au biefde distribution, n’alimentent que, i\ le bief de distribution, qui, comme nous l’avons dit, a, dans les basses eaux, 3, 061 toises 5 pieds.

a*. Les sept sas d’écluse accolés, qui descendent à Rogny où l’on trouve lu prise d’eau abondante du Loing.

3*. Les 900 toises environ qui sont à parcourir depuis l’autre extrémité du biefde distribution jusqu’à la prise d’eau dans le Trczé.

DE FRANCE. ao7

Et si l’on veut s'appuyer sur ce que cette prise d’eau serait insuffisante, ainsi que celle faite dans la rivière de Pont-Chevron , pour alimenter le» biefs inférieurs, dans les temps de sécheresse , il faut cependant calculer ces prises d’eau comme fournissant au moins i ,000 pouces d’eau à l'aliment des biefs; ainsi les eaux accumulées comme nous le disons pour le bief de distribution n’alimentent exclusivement qu’un trajet de Canal d’environ 4,ooo toises et onze écluses rachetant, savoir, celles de Rogny vers la Seine, 71 pieds 7 pouces de chute, et les 4 autres vers la Loire, 4i pieds a pouces.

Cette observation, en taisant apprécier les difficultés que l’on doit calculer eu projetant un Canal à point de partage pour l’alimenter suffisamment d’eau , prouve quelle fut, à cet égard, la prévoyance de l’inventeur, et après lui, celle de l’administration du Canal de Briare.

La quantité d’eau assurée avec tant de soin au service du Canal de Briare est tellement rassurante pour scs besoins, que, lors de la sécheresse extraordinaire de 1 8o4 , il avait encore en réserve à la fin de la navigation plus d’eau qu’il ne lui en eût. fallu pour le nombre d’éclusécs à employer pour une année de navigation.

En i8o5, où tous les réservoirs devaient se ressentir de la sécheresse qu’on éprouva , et qui avait inquiété , comme on le verra , pour la navigation du Canal du Languedoc, le Canal de Briare ne chôma pas même pour scs réparations qu'il fut obligé de suspendre, parce que, par suite d’une erreur dans laquelle on avait induit le ministre de l’intérieur, on ht passer par le Canal de Briare des mâts qui , destinés à descendre la Loire , devaient être dirigés par le Canal d’Orléans.

Cependant la Compagnie du Canal de Briare a constaté la possibilité de divers projets qu’elle a conçus, et qui augmenteraient de plus de i,5oo,ooo toises cubes, ses eaux disponibles, si une plus grande activité les rendait désirables (»).

(1) Ces divers projets consisteraient principalement dans l’établissement de vastes réservoirs aux lieux dits les Graviers, les Molleux, les Vigneaux, an

ao8

Le zèle inséparable d'une telle prévoyance s’est manifesté dans la construction des diverses parties du Canal.

On peut citer entre autres les tambours qui servent pour la conduite des eaux d’uu bief ou sas supérieur dans un bief ou sas inférieur. Us n’ont généralement éprouvé aucune altération depuis la construction du Canal. Peu d’entre eux ont eu besoin de réparations, et un seul a été dans le cas d'être rétabli.

Voici les dimensions ordinaires des ces tambours qui sont construits en pierre de taille dans l’épaisseur des murs des bajoyers et des épaulemcns.

Les issues ont environ 5 pieds de largeur, les voAtes ont 5 pieds 4 pouces de hauteur sous clef dans la partie dont le fond est de niveau avec le radier du sas supérieur. Pour la partie dont le fond est de niveau

moyen (lesquels on recueillerait et emmagasinerait environ les deux tiers des eaux qui aÛluenl vers la rigole aux Chèvres et celles des Bcaurrois, et qui , dans Ica temps de pluies, sont rejetées et perdues comme surabondantes pour le remplissage des réservoirs que ces rigoles fournissent. Le réservoir de Gravier aurait , par un Larragc de 200 toises de long et 4<> pieds de haut, une superficie de aoo arpens sur 18 pieds de profondeur réduite; il contiendrait 5oo,ooo toises cubes.

On pourrait encore déverser , dans le nouveau réservoir du Gravier et dans celui de la Grande-Rue, pour les tenir à leur plein, plus de sept pieds de la superficie du réservoir de la Tuilerie, qui seraient promptement remplacés à cause de l’abondance des eaux qui se dirigent vers cet étang, lequel se remplit, comme on l’a dit, plusieurs fois dans l’année, et qui verse ses eaux à toute hauteur et jusqu’à son fond, au bief de distribution, par 1a rigole de Bretean.

Les eaux des étangs de Sept-Fonds ue servent point jusqu'à présent la navigation, et y seraient affectées en étant conduites jusqu'à la rigole de St.-Privé.

On peut faire d’autres réservoirs au-dessus de celui de Mouticr.

Enfin, 011 aura une idée juste de la réalité et de l’étendue des ressources en eaux de la Compagnie du Canal de Briare, en observant qu elle peut recueillir lea eaux de versans qui vont jusqu’aux sources de Loing , à onze lieues du Cansl, sur une largeur de plus de deux lieues, distance du versant extéricnr de la rigole de Dammarie , au versant extérieur de la rigole de St.-Privé, ce qui fait une superficie triple de celle des versans qui alimentent le fameux bassin de St.-Fcrréol , au Canal de Languedoc.

DE FRANCE. aog

avec le radier du sas inférieur, on voit qu’elles ont de plus la hauteur de la chute de l’écluse qui s'effectue perpendiculairement dans l’intérieur des voûtes sur un massif de pierres d’itne solidité convenable et plafoné, qui est de niveau avec le radier du sas inférieur. ( Voir la planche XIII).

Lors de leur première construction, on avait revêtu ces tambours intérieurement de planches de chêne pour éviter les dégradations des jointoyemens en ciment par la grande agitation de l’eau; mais ce ciment a acquis depuis line telle dureté, qu’il a été reconnu inutile de remettre' des planches où elles ont manqué.

Il n’y a qu’un seul tambour à la porte d’amont et à la porte d’aval de chaque écluse, la manœuvre ordinaire s’en fait au moyen de deux pelles qui se lèvent ou se baissent par un cric muni d’une roue d’engrcnane pour le rendre d’un mouvement plus facile.

On lève d’abord une pelle, et lorsque l’agitation de l’eau qui passe dans le s fi s inférieur diminue, on lève la seconde; si la chute de l’écluse est' plus élevée que d’ordinaire, on ne lève d’abord la première pelle que de moitié; il n’en résulte aucune détérioration, et le bateau n’éprouve qu’une pression contre le bajoycr opposé, par l’effet du bouillonnement des eaux qui sortent de la voûte. Les bateaux sont amarrés à l’avance contre ce bajoycr pour leur éviter des mouvemens nuisibles.

Ce moyen de fuite pour les eaux laisse les portes de l’écluse avec toute leur solidité, tandis que les ventclles, pratiquées dans les autres Canaux altèrent sensiblement cette solidité , ébranlent les portes par la rapidité de l’écoulement qu’elles donnent aux eaux, et fatiguent inévitablement l’avant-bcc des bateaux.

Les tambours de fuite du Canal de Briare sont peut-être le meilleur de • tous les moyens employés jusqu’à ce jour pour faire passer l'eau d’un bief ou sas dans un autre.

On peut remarquer sous le rapport économique que les portes d’écluses du Canal de Briare ont une durée commune qui dépasse 20 années, et que les portes d’écluses du Canal de Languedoc, d’une construction pareille, mais qui ont des ventclles pour le passage des eaux, n’ont qu'une durées

CANAUX NAVIGABLES commune de t5 années; c’est donc une économie d’à peu près i dans les frais d’entretien des portes d’écluses.

L’écluse de Notre-Dame ayant une chute de i3 pieds, qui est la plus élevée de ce Canal, on y a observé, la montre à la main, plusieurs passages de bateaux de vin ayant chacun une charge d’environ 80 milliers; la manœuvre pour le remplissage de l'écluse, en ne levant d’abord que la moitié de la première pelle, à cause de sa hauteur, durait 10 minutes et quelques secondes.

Il est essentiel d’observer que cette précaution de ne lever qu’une ventclle et meme de commencer par ne h lever que de moitié de sa hauteur, tient au peu de solidité des bateaux construits habituellement en bois blanc et destinés à être dépèces après leur arrivée à Paris.

Plusieurs mariniers sur diiTérens points du Canal , et notamment à l’écluse Notre Dame, m’ont dit que, lorsque le bateau était construit en chêne et destiné par sa solidité à faire plusieurs voyages, on demandait à l’éclusier d’ouvrir à la fois les deux pelles des tambours, et qu’alors le passage du bateau ne prenait pas la moitié du temps qu’il fallait lorsqu’on ne levait les pelles que successivement, comme on vient de le diré, pour la manœuvre habituelle.

L’embouchure du Canal en Loire fut originairement placée à l’écluse dite du Martinet, en aval de laquelle on avait pratiqué de chaque côté, dans les musoirs de cette écluse, deux niches circulaires destinées à recevoir, savoir: les deux de droite, les bustes de Henri IV et de Sully, comme ayant eu les premiers l’idée de joindre la Loire à la Seine, et à gauche les deux bustes dcBoutbcroue et de Guyon, comme créateurs du Canal de Briare (1).

Cette écluse d’embouchure faisait un angle aigu avec le cours du fleuve. Elle fut obstruée progressivement par les sables et graviers que charie la Loire, à un tel point, qu’elle est remplacée maintenant par une nouvelle embouchure dite de Rivottc, placée à 444 toises en aval de celle du Mar-

(i) Rien n 'annonce que cei bustes aient jamais été posés.

tincf, en ayant prolongé sur cet espace le bief qui finissait originairement à l’écluse du Martinet et dans une direction à peu près parallèle à celle qu’avait cette écluse.

L’écluse de Rivotte présentant souvent des difficultés pour l’entrée du Canal dans les basses eaux, à couse des ensablemens qui s’y font et qui nécessitent des draguages annuels, il a été construit à 900 toises en amont , et vers Briarc, une nouvelle embouchure dite de Baraban, qui est perpendiculaire au cours du fleuve et dont le seuil est. au-dessous des plus basses eaux.

Cette écluse est de la manœuvre la plus favorable pour l’entrée des bateaux dans les eaux basses et moyennes. Lorsque les eaux deviennent plus fortes, l’écluse de Rivotte se trouve être d’une commodité préférable : toutes deux cependant doivent concourir à la fois au service dans les momens où la navigation a le plus d’activité.

La partie de rive de la Loire qui se trouve entre ces deux embouchures est dans sa presque totalité revêtue d’un perré pour régulariser autant que possible le régime du fleuve dans cette partie.

11 est à remarquer qu’il n’y a eu d'imperfection dans la construction originaire de ce premier Canal à point de partage, que la différence de la hauteur ou chute des diverses écluses, et de leur largeur entre les portes.

Mais la Compagnie trouverait son propre intérêt à obvier progressivement à cet inconvénient si la grande activité d’une ligne navigable du nord au midi de la France rendait nécessaire pour répondre à celte activité, de donner aux écluses qui se trouveraient placées sur cette ligne, une largeur entre les portes dont on pourrait fixer le minimum à 1 G pieds comme formant la largeur des deux souterrains du Canal de Saiut-Quentin entre les banquettes de halagc.

L’inconvénient de la différence des chutes d’écluses a été commun àtous les Canaux établis en France jusqu’à la construction du Canal du Centre par M. Gauthcy, qui, le premier, constata et fit apprécier cet inconvénient ainsi que celui des sas accolés, comme donnant lieu à la dépense d’une plus grande quantité d’eau.

DE FRANCE. ai5

des sas accolés de l’écluse de Rogny, soit dis sas ou réservoirs latéraux pour économiser la dépense d’eau de ces sas, ainsi qu’on l’a pratiqué pour diverses écluses à sas accolés de Canaux d’Angleterre, dont nous avons parlé, notamment pour celles de Norwood au Canal de Grande Jonction, à l’instar de la belle écluse de Bousingue près Ypres en Flandre, dont on a donné la description. Il est d’autant moins douteux que la Compagnie du Canal de Briare opérerait promptement cette amélioration , qu’elle n’a pas attendu la connaissance de la pratique de ce procédé en Angleterre pour faire des dispositions de cette nature à l'écluse de Notre Dame, dont le bajoyer de gauche en montant a reçu les embrasures et les préparatifs convenables, pour l’établissement de deux réservoirs latéral: du genre do ceux dont nous parlons, afin d’économiser, en cas d’une navigation plus active, la moitié des eaux que dépense cette écluse.

On pourrait même, d’après le zèle de la Compagnie, compter sur l’application du procédé nouvellement employé sur le Canal du Régent, si l’activité de la navigation et l’expérience de ce procédé le rendaient préférable à celui dont nous venons de parler. On se rappelle qu’il s’agit de la construction de deux écluses latéralement accolées , dont l’une reçoit en réserve la moitié de l’eau qui a servi à remplir l’autre pour le passage d’un bateau lorsqu’il faut baisser le niveau de cclle-çi. (Page 18G et planche XII.)

Ainsi rien ne dut atténuer l’espèce d’admiration (1) qu’on éprouva en • voyant les eaux de la rivière de Loing dérivées par la rigole de Saint- Prtvé, sur un développement de 10,676 toises au bief de distribution, faire descendre ou monter à volonté les bateaux par une échelle en quelque sorte verticale de 71 pieds 7 pouces d’élévation rachetés par les 7

(1) Si nous employons ici le root d’admiration, c’est qu’on s'est servi (le la mime expression , en parlant des huit sas accolés de l’écluse de Fonserannc au Canal de Languedoc, qui ne furent faits que *4 «nuées après , et ne rachètent que 64 pieds 5 pouces de chute; et encore parce qu'on a décoré du titre pompeux d’Escnlicr de Neptune les huit sas accolés (dits Neptune's Stainaur ) au Canal Caledoniau en Ecosse, quoiqu’ils ne rachètent que 0.J pieds 8 pouces anglais (6‘t pieds de France)/

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