‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 69 sur 110 · Tome JL · texte numérisé non relu

Tome JL

sur leur territoire, d’après l’abonnement dont Us jouissaient à cet égard * et ils demandèrent qu’on fit travailler à ce Canal les régi mens de Monsieur, du Beaujolais et de Beauvoisis, qui leur furent accordés , et formèrent deux camps, l’un à Paray , l’autre à Chagny, Le régiment de Monsieur y travailla pendant deux ans; celui de Beaujolais pendant trois ans; et celui de Beauvoisis pendant un an. Chaque régiment devait fournir environ le tiers dus soldats pour travailler une quinzaine do suite; de sorte qu’il» avaient un mois de repos, mais on permettait do travailler deux quinzaines de suite. , ,•

Le prix des déblais qu’ils firent, monta à a88,4oo francs. On les payait le même prix qu’aux pionniers, mais les faux frais relatifs aux fournitures et aux logemcns des deux tiers qui ne travaillaient pas , rendaient presque double la dépense des travaux qui étaient laits par les troupes.

Ce Canal, commencé en 1784, fut terminé en 1791 , malgré les obstacles du commencement de la révolution en France, tandis que les Etats avaient consommé plus d’un siècle en recherches d'un point de partage suffisamment alimenté d’eau pour le Canal de Bourgogne.

Les circonstances ultérieures justifièrent complètement la préférence qui avait été douuée au Canal du Centre. On se rappelle qu’il avait un point de partage dout la superficie versante était presque double de celle du point de partage du Canal de Bourgogne, et qu’on lui avait assuré comme devant être bien plus que snffisans, 8,783 pouces d'eau (environ' 57,000,000 mètres cubes); car c’était plus que le double de ce qu’on avait cru devoir suffire au Canal de Bourgogne.

Le sol du Canal du Centre et de ses rigoles nourricières paraissait généralement bien moins susceptible de filtrations , d’après sa nature et le grand nombre d’étangs -circon voisins. Ces filtrations n’avaient paru à craindre que dans des endroits peu étendus et rapprochés de la Saône, et ce n’était que parce que le sol y tenait de la nature de celui du Canal de Bourgogne, sur des espaces de plusieurs lieues.

Cependant, les eaux destinées si abondamment à la navigation du Ca-

imI du Centre , se trouvèrent insuffisantes pour l’entretenir convenablement et soutenir sa navigation (t).‘

Des rigoles pltts abondantes et moins étendues qu<? celles qui devaient alimenter le point de partage du Cariai de Bourgogne, Se trouvèrent, par les pertes qu’elles éprouvèrent en infiltrations, presque sans utilité dans les temps où elles auraient été le plus nécessaires. *

Telle fût la rigole de Marignv , qui dérive les eaux de la partie supérieure de ht rivière de Marigny , ef prend les eaux des étangs de Pannereau, Queuc-de-BœufctMarigny , pour les conduite au point départagé cil passant pat l’étang Berthond. Cette Tigole , d’après te jauge qui eiràvait été faite , devait donner 3,546 pouces 'd’eau ; mais, ayant un développement de 10,966 toises ( ai, 353", 65) , et quoique très utile pmi r faire remplir le point de partage, elle ne donne presque plus d’eau à son embouchure, lorsque le temps de la ehsfcor et de la sécheresse est arrivé (a).

Telle fut la rigole de Saint-Julien , qui , quoique n’ayant qu’un développement dë 5,763 toises (n,a3a“,5i), et ayant d’après sa jauge été reconnue devoir dernier 1,733 pouces d’eau, a” été abandonnée par les dépenses qu’exigeait son entretien pour y contenir les eaux , cP le peu d’utilité qui en résultait pour les temps ou la1’ navigation a le plus besoin d’être soutenue. «

Ces deux rigoles réuniès ri’aVaient que 16,719 toises ( 3a, 585“, 96 ) de développement ; elles avalent plus d’un cinquième en sus des eaux que devaient donner celtes que l’oaavait projetées pour le point de partage

(■) On verra plus loin que lorsqu’on mit l’eau pour la première fois dans le Canal , elle ne put dépasser l'écluse de la tranchée de Cliagny, achevant de se perdre entièrement dans la retenue terminée par celte ccluse , qui est encore h près de 8,000 toises au-dessus de Chatons.

(a) A la vérité, une partie des eaux perdues en filtrations par la rigole de Marignv et des afiluens, peut être recueillie dans la rivière de Marigny, qui rentre au Canal au-dessus de Blanry, par la prise d’eau de St.-Gélin , détruite entièrement, et que l’on doit refaire; mais c’est environ 4ooo toises ( 7,790 mètres) et plusieurs écluses au-dessous du bief de distribution. '

du Canal de Bourgogne , qui devait avoir une longueur plus que triple»,,

et cependant leur utilité, dans les temps lesplus urgens, ptait presque

nulle. La totalité des eaux jaugées pour le Canal du Centre,- de la même

manière que celles qui devaient alimenter le seuil de Pouilly, en offraient

plus que le double ; et néanmoins elles se trouvaient ne pouvoir soutenir la sûreté de la navigation. . • . * « ; •

Une expérience irrécusable prouva ainsi qu’il aurait fallu, pour assurer la navigation du Canal de Bourgogne , bien-plus que le quadruple des. 4,o3i pouces d’eau qu’on avait cru d’abord lui suffire, puisque sa longuîu?' et la quantité de ses écluses étaient plus que doubles de celles du Canal duCentre. ’ ■* . » .

Heureusement, comme on l’a vu, la position du point de partage du Canal du Centre était si favorable, qne l’oji pouvaitencore trouver, dans les moyens que Pon n’avait point jugé d’abord nécessaire d’employer,, des ressources supérieures à celles qpc l’on avait cru suffisantes.

On diminua le développement de la rigole de Torcy , qui devait être la plus considérable, e* éprouver, en infiltrations, des- pertes proportionnées. On réduisit sa longueur à 3,470 toises (4, 8i4 mètres), depuis l'étang de Torcy jusqu’# son embouchure au point de partage , au moyen d’une percée souterraine deSàq toises 4 pieds (i,a66",ae); on. établit quatre prises d’eau dans le trajet du point de partage à lu Loire : 1* celle de Monceau, venant de l’étang du Plessis ; a* celle de Saint-Gelin , prenant les eaux de la rivière «Je Marigiiy ; 3” celle de Ciry, venant de l’ètangdu Perrier, et alimentée par plusieurs étangs supérieurs, toutestrois du côté gaucfie opposé à la Bourbince; et 4* celle de Digoin, pren mt les eaux de la Bourbince. Pour le trajet du point de partage à la. Saône , on établit la prise d’eau de Saint-Gilles, qui donne les eaux de la d’Heune, et celle de la petite rivière de Thalie , entre Chagny et Châlons. Il ihllut eu outre former, au-dessus de Torcy, un réservoir qui a environ 81,000 toises (007, 698", a5) carrées de surface, contient plus de i5o,ooo toises (i,iio,583“,5o) cubes d’eau, et peut être rempli plusieurs fois par an, au moyen du grand nombre de petits ruisseaux qu’il reçoit

DE FRANCE. 5 &j

Tl fallut encore acheter six étangs contenant environ 109,000 toises- (4i4,o63",o5) carrées de superficie, pouvant tenir autant de*toises cubes d'eau, et susceptibles en partie de recevoir subséquemment une partie des eaux nécessaires pour remplacer les consommations du Canal.

Outre ces ressources , on peut encore s’en procurer d’autres ; par exemple , la prise d’eau à Saint-Gelin ayant été abandonnée , on en défaire le rétablissement , parce qu’il se charge plus de deux cents bateaux, de charbon de terre à Blanzy, un peu au-dessous de cette prise d’eau, par laquelle on éviterait au point de partage la dépense d'environ ao,ooo toises ( 148,077*, 80) cubes d’eau , qu’il en faut tirer pour subvenir aux écluses necessaires au passage de ces bateaux. Ces 30,000 toises (i48,o77*>88) d’eau pourraient alors servir pour le côté versant à la Saône, qui est celui pour lequel les pertes en filtrations se font le plus sentir , surtout auprès des carrières de Verlampierre , sur un espace de 5 kilomètres en descendant.

Les premiers travaux faits pour les prévenir ayant été mal exécutés par l’entrepreneur , on les a repris par portion d’année en année , suivant que les circonstances l’ont permis; les pertes ont progressivement fort diminué; ona lieu d’espérer qu’elles cesseront entièrement, en continuant les moyens employés, qui sont la reconstruction des murs que l’on fonda sur un corroi , dont on a rempli les derrières de ces murs , ainsi que lo plafond du Canal. • . •

Parmi les nouveaux moyens d’accroître la quantité d’eau nécessaire pour alimenter le Canal et te mettre à même de soutenir constamment l’activité de navigation dont il est susceptible , on doit surtout remarquer la facilité d’un barrage entre deux côteaux, à quelque distance au-dessous de Torcy. Ce barrage pourrait former un étang do plus de 6,000 toises ( 1 1,694*33) de pourtour, avec une profondeur de plus de ao pieds à ses boudes, et il pourrait, d’après les eaux qui l’alimentcraieut, donner au point de partage autant d’eau qu’il en reçoit déjà.

Nous allons établir le détail sommaire des dimensions et des principaux travaux du Canal du Centre.

5ro

TRAJET DU CANAL

TrajcL

Hauteur tic rucraii'tn

tlcladrvcutr.

•Tour faire arriver les bateaux de la Saône à Cliàlons, jusqu'au bief de partage, ils ont à monter

1 3o",yo

Les bateaux traversent ensuite le bief de partage

11 faut ensuite descendre jusqu à Digoin, sur lu

77">fi4

Ainsi , le développement total du Canal est de. . . Et le nombre total des écluses est de

tt4,3aa”,o5

Nombre

«le*

eduw».

La largeur moyenne du Canal est de -*4 pieds (i4*,6a) au niveau de l’eau, et de 3o pieds (açj mètres) au plafond j sa profondeur est de 5 pieds (i",6a).

Sur les deux rives du Canal on a pratique, au niveau de l’eau, une petite berme, sur laquelle on a planté des iris ou autres plantes aquatiques, pour amortir le batillage de l’eau.

On a pratiqué aussi des contre-fossés, leur but général est'd’empêcher d’entrer les eaux sauvages. Quelquefois ils servent à recueillir les eaux des filtrations et les diriger dans les biefs inférieurs.

Les chemins de halagc varient de a",ga de largeur à 6", 5. Dans coder.nier cas ils servent de grande route , ce qui existe sur une très grande partie du trajet , et forme un très bel aspect par les plantations qui bordent ces routes et la rive du Canal , notamment du côté de Paray.

Malgré les critiques dont ce Canal a été l’objet , et dont nous indiquerons les principales causes , on va faire ici quelques observations particulières sur sa construction , en raison des perfeelionnemens qu’il a présentés, et parce que son exécution fut dirigée par un ingénieur d'une

expérience consommée , à qui l’art hydraulique dorait de nouvelles connaissances.

M. Gauthcy, qui fut, comme on l’a vu, l’auteur de ce Canal, fit, en t le construisant, l’application des calculs exacts qu’on lui devait des pertes d’eau résultant pour le passage des écluses, des différences de hauteur de leur chute , ainsi que de l’inconvénient de les accoler.

Il avait démontré, en 1780, dans un excellent mémoire sur la théorie des écluses, et qui est inséré dans scs œuvres, les consommations d’eau résultant de ces inconvéniens , et conformément à son principe et au résultat de ses calculs, il a évité d’accoler les écluses autant qne la pento du terrain pouvait le permettre, et il leur a donné une chute uniforme de 8 pieds (a", 60), excepté pour l’éclifee de Loire, qui n’a que 6 pieds 11 pouces (a“,27), et l’écluse de la Saône, quia 10 pieds 11 pouces (3", 57).

La longueur de ces écluses est de 100 pieds ji pouces (5a", 48) entre les buses; leur largeur est de 16 pieds (5", 20) jusqu’à 5 pieds jo pouces (i",g5) au-dessus du radier, le parement des bajoyers ayant, à partir de cette hauteur , un talus de j. L’épaisseur des murs des bajoyers est de 4 pieds (i",3o) au sommet, et de 8 pieds 4 pouces (a", 72) à la base; leur hauteur au-dessus du radier est de i5 pieds 5 pouces (5",o3), l’eau ne de-- Tant s’élever qu’à 1 pied 5 pouces (49 centimètres) de leur sommet. Ces bajoyers sont prolongés par des murs en aile et retour.

Le radier est formé suivant un arc concave de 8 pouces (o",a4) de flèche; sa moindre épaisseur est de a pieds 2 pouces (0*71). Dans les terres légères et sablonneuses, on lui a donné 5 pieds 3 pouces (i“, 08); dans les mauvais fonds, on a piloté sous les bajoyers , et on a fait le radier en voûte.

Le mur de chute est formé en courbe sur le devant, afin de donner plus de force au buse , dont la saillie est do 4 pieds 4 pouces (i",73).

Pour faire entrer et sortir l’eau des écluses, M. Gauthcy a employé ici un moyen nouveau, dans le but d’éviter les inconvéniens, soit des ventclles aux portes, pour la fatigue qu’elles font éprouver à ces portes, ainsi qu’aux avant-becs des bateaux, et pour les afTouillemens qu’elles tendent

S7J canaux navigables

ii déterminer, soit des aqueducs construits dans les bajoyers, comme on l’a vu pour le Canal de Briarc, qu’il reconnaissait d'ailleurs ( page 86 4 du troisième volume) préférable à l’emploi des ventelles.

M. Gautbcy a fait pratiquer, sous le buse des écluses du Canal du Centre , une voûte dans laquelle aboutissent les Canaux de fuite qui servent à vider et remplir les sas, et dont la section est un cercle de 65 centimètres de diamètre. Ils prennent naissance dans des niches carrées au milieu du renfoncement des portes. Ces Canaux sont fermés avec des clapets.

Le secteur en bois, qui entre dans un châssis dormant en bois, ss manœuvre de dessus le bajoycr par un levier au moyen duquel on lève ou baisse une tige de fer fixée aux bracons du secteur , dont le centre de mouvement n’est pas le même que celui de sa courbure, ce qui lait qu’il joint parfaitement le châssis dormant , quand il faut fermer le passage à l’eau , et il ne finit qu’un seul coup de levier pour rouvrir ce passage (1).

Mais quelque iugenieux que soit ce procédé pour parer aux inconvcniens qu’ou a voulu éviter, il est plus dispendieux à établir et moins prompt dans son effet pour le remplissage de l’écluse que le procédé employé au Canal de Briare, parce que la pression progressive de l’eau qui monte dans l’écluse s’oppose avec uue proportion plus forte à la sortie de l’eau de ces Canaux , qui a lieu eu jaillissant de bas en haut dans l’enfoncement pratiqué à cet effet dans l’cpaisscur des bajoyers.

Les portes d’amonL des écluses ont 6 pieds 5 pouces (aVi), et les portes d’aval i5 pieds n pouces (5",7i) de hauteur; leur largeur est de q pieds il pouces (5”,a5). Les bois dans l’eau ont été goudronnés; hors de l’eau , ils ont reçu trois couches de peinture à l’huile.

Ou a fait partout, dans l’épaisseur des murs et radiers, un béton sur

(i) On avait d’abord simplement fermé l’entrée de ces tambours ou Canaux de fuite, par des bondes ou tampons de bois-, mais lorsque l'écluse était vidée, et l’eau du bief inférieur abaissée, l’air se raréfiant sous le tampon, par l'abaissement de l'eau, la pression atmosphérique supérieure était telle, qu’il devenait jutpossible de l'ouvrir ensuite avec le levier. *

3 pouces (8 centimètres) d'épaisseur, pour prévenir les filtrations. Le derrière (les bajnyers et garde-radiers est garni sur 3 pieds 1 pouce (65 centimètres) d’épaisseur d’un corroi de terre glaise, qui descend au moins de 65 centimètres au-dessous des fondations, et monte jusqu’au niveau de l’eau.

Lorsqu’on eut mis l’eau dans le Canal , il n’arriva aucun accident aux écluses, si ce n’est à deux ou trois , où l’eau s’insinua par la chambre des portes, sons le radier, cl le fit soulever. Cet inconvénient provenait de ce qu'on avait négligé le béton dans celte partie, et on y remédia en faisant une tranchée au-devant des buses, qui fïft remplie de corroi et de béton par dessus.

11 y eut aussi des filtrations aux ■écluses dont le parement était en briques, et même le parement d'une de tes écluses se uéracha'dans une partie. (On fait remarquer ici cet accident ; futree qu’il ticutà la grande difficulté qu’on éprouve à avoir des ouvriers qui 'ne laissent aucun vide entre les briques, ce qui doit toujours faire préférer la pierre, quand elle n’est pas trop éloignée. )

Ce Canal a quarante-trois ponts en pierre, qui ont 24 pieds (7", 8) d’ouverture, avec un chemin de halage au-dessus, et près desquels les glacis du Canal sont revêtus de perrés; il a soixante-seize aqueducs, y compris ceux qui sont sous les murs de chute des écluses. Quatre de ccs aqueducs sont à trois arches de 6 pieds 9 pouces à g pieds (3", 27 à a^ga), et deux à deux arches, de g pieds (jr^a) d’ouverture.

On avait dirigé , autant que cela avait paru possible , les aqueducs sous le mur de chute des écluses, parce que ce niur ollrait alors un pied droit , et que le terrain étant plus élevé dans cet endroit que -dans le reste du bief, l’emplacement pour faqucduc en était d’autant plus avantageux. Mais il a été reconnu que , d’après la grande élévatiou de l’eau dont le mur de chute est chargé quand l’écluse est pleine , il s’établit des filtrations, an travers de ce mur, qui ont déterminé à porter plus loin ceux qu’on a eu à reconstruire.

Il y a deux cncuissemeus principaux dans le développement de ce Tome U. » 48

57i CANAUX NAVIGABLES

Canal : l\m commençant à l'écluse de Génélard; il a six cent soixante-six mètres de longueur, et est pratique en partie dans le rocher; il a 56 pieds (n”,6i}),de hauteur au-dessus du Canal dans le point le plus élevé , et 8 pieds (a",6) aux deux extrémités. Le Canal, dans cet encaissement, n’a que a5 pieds (7", 8) de largeur.

Les talus du déblai , dont la hauteur est égale à la base , sont consolidés par un revêtement qui consiste, pour la partie baignée par h-s eaux; eu un perré de s pieds 6 pouces (81 centimètres) d’épai?seur réduite , maçonné en mortier; et pour la partie supérieure, dans un perré en pierre sèche de a pieds (65»centimètrçs) d'épaisseur à. la -base, et ï pied 6 pouces (4g centimètre») d’épaisseur au sommet. Au-dessus du perré on a laissé une berme de a pieds 5 pouces (o^S) de largeur, au -deiù de laquelle sont placés les remblais.

On a établi le bief ou h. 'te xi n de partage, en formant, dans la queue de l’étang de Montclianin, d’où sort la d’IIcunc , qui versait à lu Loire, et au travers de l’étang de Long-Pendu, d’où sort la Bourbince, qui versait à la Saône, urte forte tranchée de g pieds (a", 60) de profondeur sous l'eau , afin que l’eau du bief de partage put baisser de 5 pieds (g7 centimètres), sans nuire au passage des bateaux. La plus grande profondeur de celte tranchée, depuis le fond du Canal jusqu’au sommet des levées , est de 6 toises 1 1 pouces ( 1 2 mètres). La largeur de la cuvette du Canal y varie de 20 pieds à 3o pieds (6“,5o à g”,75). Cette tranchée de Long-Pendu a environ 5j5 toises (i,aoo mètres).

On a eu pour cet encaissement un exemple remarquable des inconvcniens del’éboulemcnt des terres et des précautions qu’il était indispensable d’employer pour y dévier.

. Le Canal y fut souvent obstrué, les réparations fréquentes, et il a fallu finir par établir à chaux et ciment des parties entières qu’on avait cru d’abord pouvoir construire à pierre sèche, et faire généralement des chaînes à chaux et ciment dans les perrés qui bordent le Canal.

Les terres sont soutenues par des murs de G pieds g pouces (a",a5) de hauteur , sur 5 pieds 9 pouces (1 ”,5 i) d’épaisseur réduite , é vidés par

DF. FR A NC F.. 5?5

derrière thms quelques parties pir de petites arcades de 1 pied 5 pouces (48 centimètres) de profondeur. Au sommet de ce mur est une bemie de i3 pieds (-i",aa)dc fctrg.’tir, après laquelle il y a un second mur absolument pareil au premier, couronne par une benne semblable, à la suite de laquelle s'élèvent les remblais avec un talus d’ttn mètre et demi de base sur un de hauteur «du côté du Canal , et de deux de base du côté des étang». Le'sommet de ces retnbtais sert de chemin ; il a a* pieds ( ?",8o) de larg tir. Dans les parties où le terrain est mauvais, et où les murs n’ont point été évidéSpar derrière, on a posé 1 pied fi pouces (»j",5o) au-dessous de In surface des talus dés remblais, des fascines pour diriger les eaux, et on a laissé, d’espace en espace, des bnrbacnnncs. On a fait aussi , sur les*bertncs au pied des murs ou des talus, des cannivcaux eu pierre pour recevoir les eaux.

On eut encore ici un exemple de la dépense qu’entraînent les Canaux souterrains, et surtout de PHIusitfn qu’établissent presque toujours ceux qui les proposent, en supposant qu'il ne sera pas nécessaire de les voûter.

Les États dé Bourgogne eurent ordre de rendre navigable la rigole de dérivation de Torcy, qui devait conduire au point de partage, les eaux que l’an prenait à la montagne de Mont-Cenis et lieux circon voisins, afin d’établir une communication entre le Canal et les fonderies du Crcuzot , et sous la condition que le Gouvernement en supporterait les frais. Il fallut, pour remplir ce but, donner une largeur de 8 pieds (a”, 6) au percement, qui ne devait avoir que A pieds il polices (i”,6) pour le passage de Pc. .u , à travers le rocher que la rigole traversait.

Ce rocher consistant en masses de grès de médiocre grosseur , qui tombaient dans l’excavation des travaux, il fallut voûter, et pour cet effet élargir encore la percée de a toises 5 pieds (5 mètres), afin d'établir les travaux de maçonnerie, et cette percée souterraine, qui n’a que 64t) toises 4 pieds (i,afifi”,aa) , a occasionné une dépense de plus de 6oo,o:>o francs. (Œuvres de Gauthcy, vol. III, pages 558 et 56i). Elle c -t en voûte à p’ein cintre; elle a 8 pieds 4 pouces (a", 70) de hauteur, sous clef; 8 pieds (a*, 5o) de largeur. Le fond est en cul de four,

37G canaux navigables

ce qui assure la solidité des pieds droits , et cette voûte inferieure a 6 pouces (o",iG) d’intrados, ce qui favorise le tirant d'eau des bateaux. On avait établi, pour la construction de cette rigole, dix puits pour les travaux et faciliter les déblais, Le plus profond avait 1 10 pieds ; on en a conservé quatre revêtus de maçonnerie , pour assurer l’airage et le service de la rigole (1). . • •

En fait d’accidens survenus pour la construction de ce Canal ( ainsi qu’on en éprouve ordinairement pour les Canaux à point de partage ) , on observera que, lorsque au mois de novembre 1 7^ i ou mitTeau dans le Canal du Centre , et que M. Gauthcy , alors inspecteur général des Ponts cl Chaussées, qui l'avait entrepris et terminé, se fut embarqué à l'embouchure en Loire , à Digoiu, avec M. Forey, ingénieur de ce Canal, et autres employés principaux», l’eau ne put dépasser, la tranchée de Chogny, qui donne son nom à la trente et unième écluse, partant du point de partage en descendant vers Chàloqs.

Cet accident provint de ce que l’eau se perdait entièrement dans la retenue qui touche à cette écluse , et qui , sur un développement de douxlieues de longueur , a nécessité plusieurs levéçs pour suspendre le Carûl. L’une de ces levées a tgi toises (q8o mètres) de longueur, sur g pieds 8 pouces (5", 1 1). de hauteur au milieu pour traverser le feetit vaHon de Chamilly.

Les terres de cette levée sont contenues des deux côtés par des mursdout la hauteur sur fondation est de 1 g pieds 8 pouces ( 6“,5o) ; la largeur à la base de g pieds 11 pouces (5",a5),et coutrc lesquels’ sont adossées,, sur moitié de la hauteur, de petites arcades en plein cintre, dont la sailliecstdc 4 pieds (i",3o), le diamètre de g pieds 11 pouces (5",a5), et h largeur des pieds droits de 4 pieds (i“,3o).

Une autre levée traverse le petit vallon de Bousseron. Elle a a5G toises (5oo mètres) de longueur, sur a5 pieds (8", ta) de haut au milieu. On y, » pris des précautions analogues à celles qu’on vient de voir ci-dessus, et.

(c) Voir la note A à la fin de l'article.

dans beaucoup d’autres parlics de ces levées, le Canal est revêtu intérieurement et extérieurement d’uuvragesen mortier.

La tranchée de Cliagny, où l’eau acheva de se perdre à cette époque, a 9a 5 toises (1,800 métrés) de longueur, et sa plus grande profondeur est de 42 pieds 1 1 pouces (1 2", 3**). La largeur du Canal est réduite , dans la presque totalité de cette tranchée, à 1G pieds (5",ao) au plafond. Il y a une gare au milieu de la longueur pour ranger les bateaux allant en sens contraire. • • •

Les talus sont revêtus, presque partout, en murs à pierre sèche, dont les pareraens sont maçonnés sur environ un pied (o",5a) d’épaisseur . Dans quelques-unes de ces parties, les murs de revêtement sont entièrement en maçonnerie , et sont garantis par derrière jusqu’à 8 pieds (2", 85) de hauteur, par trois rangs d’arcades de 10 pieds (3“,25) d’ouverture, dont les pieds droits ont 4 pieds id pouces (à ",5o) de largeur, et 3 pieds (o™, 97) de saillie sur le mur auquel ils sont adossés.

On voit , par les détails dans lesquels nous venons d'entrer , à quel point les précautions d'une expérience éclairée avaient été suivies par M. Gautiiey , cl leur insuffisance dans quelques endroits est une belle leçonpour ceux qui , dans les entreprises de Canaux à point de partage , ne calculent1 les quantités d'eau qu'ils exigent que d’après des probabilités constamnunf démenties par l’expcricnce , et s’exposent ainsi à dés accidens ruineux pour avoir été imprévus.

Les reproches que l’on a faits à ce Canal dès perles d'eau qu'il a éprou-vécs dans son origine, et qu’il éprouve encore, quoique beaucoup moin-dres , ne tiennent qu’à cette illusion trop habituelle! Il ne lui est arrivé, à cet égard , que ce qu’ont éprouvé généralement les autres Canaux à point de partage.

O11 doit cependant observer que M. Gauthey fut souvent gêné dans

l’exécution de scs travaux , et pour la perfection qu’ils devaient avoir, par

l’économie qui lui était rigoureusement imposée par les circonstances,-

car il ne pouvait déliasser les devis originaires qui avaient déterminé les * , % . f % .

emprunts que les Etats de Bourgogne avaient etc autorisés à faire par des-

378 CANAUX NAT7GADT.es

arrêts du conseil. Cette circonstance, et l’imperfection qui en est résultée pour les travaux dans quelques parties, ont Elit l’objet de critiques sévères, pour lesquelles on n’a pas assez considéré les limites auxquelles M. Gauthej se trouvait subordonné pour les dépenses du Canal.

Au surplus, le total de la dépense, pour la construction de ce Canal, monte à environ 1 i;53o,ooo IV. , dans lesquels sout entrés i, 5 *0,000 fr. pour les intérêts des fonds empruntés, en sorte qtic la dépense des travaux ne s’est véritablement élevée, y compris tous les frais, qu’à 9,790,000 fr. , et dans cettc*dernièrc somme sc trouve celle de 1 ,6fio,r»oo 0. pour des dépenses ordonnées postérieurement à la rédaction du projet

et aux devis , savoir : *

Faux frais causés par l’emploi des troupes aux travaux de terrassement, et l’excédant des prix des déblais qu’elle? ont

exécutés » 435,ooo fr.

Le changement du chemin de halagc en graude route sur

.une portion de la longueur du Canal 396,000

Un embranchement au port deChàlons, ordonne parsuite

de la démolition de la citadelle 53, 000

L’obélisque de Châlons iâ,ooo

Le changement de la rigole de Torry en Canal de petite

navigation ' b6o,ooo

Le capital de la rente Elite à MM. de Brandon, les mé-

dailles, la pose delà première pierre, les tournées de commissaire, appoiotemens des juges et des gardes, frais de

poaduitc relatifs , etc 339,000

Torât, i,GGG,ooofr.

Ces considérations d’économie forcée obligèrent M. Gaulhey, entre autres choses, à employer pourquelques écluses des pierres qui se trouvaient à leur proximité, mais qui, en raison de leur peu do densité, se trouvèrent attaquables par la gelée, et nécessitèrent a’ ces écluses des réparations subséquentes. ( Voir page aao. )

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On fait une mention particulière de cet inconvénient, qu’on ne peut contester , parce qu’il est très ordinaire dans la construction première des Canaux à point de partage.

Nous citerons ici un accident extraordinaire, arrive lors de la confection de ce Canal. En novembre 1790, la Loire éprouva. une crue qui dépassa, a Digoiu.'d’un mètre, les plus hautes eaux que l’on se rappelait avoir vues jusqu’alors. Elle fuj telle , qu’elle emporia les ponts de Nevers, de la Charitévct de Tours. F.lle surmonta de 1 pied (5a centimètres) les Ipvées dû Canal entre les deux premières écluses vere la Loire ; elles furent détruites surtout par le passage et le choc des bois de charpente qui étaient déposés sur le port , et des matériaux proveuant des destructions que le ravage de la Loire avait opérées ; les digues furent enlevées, le Canal comblé dans cette partie, le port détruit entièrement. Il ne restait plus qu’une plage basse, et il y avait lieu de craiudrc que la Loire ne prit son principal cours par cet endroit, en laissant de l’autre côté du fleuve la première écluse, qui 11’avait nullement souffert. Mais les craintes furent bientôt calmées par des travaux qui réparèrent ces désastres, et en prévinrent de pareils. On fit de nouvelles levées ou digues, quifiirent plus élevées; on y employa les déblais provenant du creusement d’un nouveau port, de 260 toises (5o7 mètres) de longueur et a5 toises (48“,75) de largeur: il se trouve ainsi assez large pour que les bateauxpuissent y tourner aisément. Ces déblais procurèrent encore le moyen d’avoir, du côté de Digoin, une plate-forme propre à contenir vingt à trente mille pièces de vin au-dessus de toute inondation; la partie de levée, opposée au courant, est garnie en peré, l’autre partie est en pen e assez douce pour que les voilures puissent monter du port sur la plate-forme.

Les dimensions du port dont on vient de parler pourraient donner lieu à des chasses d’eau très énergiques, en y retenant les eaux jusqu’à la hauteur qu’on jugerait désirable pour s’en servir, comme au Canal cle Beaucaire, pour balayer et maintenir ou loin la libre entrée de l’embou-churc du Cuual dans la Loire. 11 serait facile d'employer, à cet elle!, des

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eaux tirées de la Bourbînce, que l’on pourrait dériver au-dessus du

moulin de Ncuzy.

Ce moyen facile deviendrait d’un emploi nécessaire lors de l’établissement du Canal latéral à la Loire pic concours des citasses d’eau énergiques faites aux embouchures correspondantes de ces Canaux devant en assurer la communication.

Après la confection du Canal du Centre, <jn •avait établi, sur, la rive opposée à son embouchure,» une digue en pierre sèche snr une direction curviligne, disposée de manière à diriger le* courant vers l’embou-% eiturc du Canal, en angle fort aigu, avec la rive du fleuve; mais celle digue ne remplissait point complètement son objet, il fallait très souvent draguer à l’embouchure; il en résultait des dépenses et des retards pour la navigation.

Il est à remarquer que lorsqu’on éprouvait ces inconvéniens, on faisait quelquefois passer un bateau en lâchant par les ventclles l’eau contenue dans la dernière écluse; cette petite chasse d’eau suffisait au but que l’on se proposait, mais la nécessité d’économiser les eaux en rendait l’emploi très rare.

Pour obvier aux cnsablcmens de l’embouchure , on se décida , en 181 j , à attacher à la digue déjà construite sur la rive opposée un épis; il a 6 pieds au dessus des basses eaux, et <5 pieds a pouces de large à son couronnement, sa pente est de a pieds par pied; il est construit avec tous les soins qui doivent en assurer la solidité.

Mais cet épis tendait à produire au pied des levées du port des affouillemens qu’on a prévenus par des onrochcmens ; malgré son utilité, il se trouve encore des momens-où l'on est obligé de draguer à l’embouchure , et les chasses d’eau à poutrelles mobiles seraient encore plus économiques.

Ce moyen serait aussi applicable avec avantage à l'embouchure vers la Saône, où le Canal forme un angle droit avec le bord de la rivière, mais dont l’écluse de garde est distante de aoo mètres, ce qui donne lieu à des draguages fréquens à cause des dépôts qui se font dans celte partie*

On pourrait employer pour ces chosses, l’eau qu’on tirerait de la Thalie, en se conformant à ce que prescriraient les localités qui sotil > jusqu’à présent, beaucoup moins avantageuses pour cette disposition que pour l’embouchure en Loire, mais qui, néanmoins, présentent des moyens d’autant plus suffisans,- que la tenue des eaux de la Saône qui est à Chàlons, dans toute sa beauté, favorise toujours le passage de l’embouchure.

L’année commune du produit de ce Canal est d’environ 4oo,ooo francs depuis 1795, époque où il a clé en pleine navigation.

Mais il est loin de rapporter ce qu’il devrait produire, à cause du mauvais état où il se trouve, et nous devons faire, à ce sujet, une remarque importante relativement aux Élpenscs d’entretien des Canaux à point de partage (1).

L’année commune des dépenses d’entretien du Canal du Centre a été d’environ 160,000 francs jusqu’en i8i3; depuis cette époque, l’année la plus forte de scs dépenses a été de i3o,ooo francs. Cependant, si l’on prenait pour comparaison les dépenses que les administrations particulières consacrent à l’entretien des Canaux à point de partage, on remarquerait, à cet égard, une grande insuffisance.

Effectivement, en prenant pour exemple les dépenses d’entretien du Canal de Briare, qui montent à 100,000 francs, tandis qu’il n’a pas la moitié de la longueur du Canal du Centre et qu’il n’a que la moitié de ses écluses, les dépenses du Canal du Centre devraient être de aob,ooo francs. Si l'on établit la comparaison avec le Canal de Languedoc, dont les dépenses d’entretien montent annuellement à environ 556, 000 francs,

(1) Celte observation est faite ici pour satisfaire au but de l'Ouvrage. Il doit paraître superflu d’exposer qu'elle est étrangère à tout esprit de critique envers l’administration actuelle qui , restreinte par le système d’économie auquel nos malheurs cous ont forcés, qe peut réaliser que successivement tes effets de sa constante sollicitude pour remédier au grand nombre de maux que nous avons à réparer.

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