‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 78 sur 110 · I.a totalité des dépenses est estimée 3, 437/100 francs · texte numérisé non relu

I.a totalité des dépenses est estimée 3, 437/100 francs

La beauté des •proportions et le bel alignement de ce Canal, dirige sur le clocher même de Saint- Denis, les soins donnés à son exécution, et les belles plantations qui doivent le décorer, en feront, outre son utilité, un des buts de promenade et un des embeilissemens les plus intéressons de la capitale (t).

Ce Cariai prendrait un accroissement d’activité et de produit par la confection du Canal de Saint-Martin , qui lui donnerait en plus le passage de 600 bateaux au moins, qui prendront cette voie pour conduire à Rouen et dans les ports voisins les vins, eaux-de-vie et autres produits de la haute Seine et de scs confluens. Mais cet accroissement serait bien autrement sensible par l’activité que prendrait la grande ligne navigable après sa confection.

La concession du Canal de Saint-Denis a etc faite pour 99 ans, le 6 mai 1818 , comme faisant partie de celle du Canal de l’Ourcq, et à-des conditions qui leur sont communes.

Cette concession résulte d'un traité ratifié entre la ville de Paris , comme propriétaire du Canal de l’Ourcq et de ses dépendances, à MM. le comte de Saint-Didier et Vassal.

Cette concession fut déterminée d’après des calculs qui établissaient que la ville de Paris, après «voir employé environ 14/00,000 francs à la dépense de la seule partie appelée Canal de l’Ourcq , avait encore à y mettre environ 10,000,000 francs, et qu# le résultat du calcul du bénéfice avec l’intérêt à€ pour f des capitaux employés, était une perte annuelle de 1,1 56, 000 francs. On avait reconuu de même, qu’après avoir

(1) On peut remarquer, sous un rapport qui lui est maintenant bien étranger, que lors de l'approche dos armées étrangères de Paris, en 1814, l’espèce de retranchement que présentait l'excavation préparée pour lui servir de lit , leur parut le moyen de défense le plus efficace de tous ceux qu'on avait cherché k employer.

dépensé 4 i5,ooo francs au Can.il de la Villctte à Saint-Denis, dont il s’agit ici , on avait encore à y mettre près de 3, 000,000 francs.

Mais pour celui-ci, on calculait un excédant de 33, 000 francs du bénéfice annuel , en sus du montant des intérêts à 5 pour | des capitaux employés.

La ville de Paris s’obligeait à payer y,5oo,ooo francs aux entrepreneurs, à la charge de confectionner tous les travaux des deux Canaux , dont elle leur abandonnait le produit pendant 9 jjnns.

I! t st stipulé que le Canal de l’Ourcq ne fournira au Canal de Saint- Denis que i,5oo pouces d'eau, le surplus de celles qu’il <Joit amener étant destiné à alimenter les fontaines et distributions d’eau projetées pour Paris, et la navigation du Canal de Saint-Martin, dont los travaux, estimés 7,000,000 francs , dispenseraient d’entreprendre un aqueduc de ceinture dans celte partie du contour de Paris, que l’onévalue a ooo,ooofr.

Parmi les projets relatifs au Canal de Saint-Martin, se trouve celui d’y comprendre une gare à l’arsenal, dans les anciens fossés de la Bastille , qui ne forment aujourd’hui qu’un cloaque infect et hideax entre deuxbelles promenades de Paris. Cette gare recevrait l’embouchure du Canal de Saint-Martin, mais elle coûterait 3, 5oo, 000 francs à confectionner, ce qui a donné lieu à un autre projet pour diriger l’embouchure du Canal de Saint-Martin à la Râpée ou à Bercy. Il aurait alors deux écluses de moins, et on comblerait le* fossés de l’arsenal presque sans frais, en y employant les déblais du Canal. Cett,c partie offrirait alors une promenade qui aurait le grand agrément de faire la jonction des Boulevards avec le Jardin du lloi par le pont du Jardin du Roi.

Le Canal de Saint-Martin ne doit avoir que 3,aoo mètres de longueur; ses autres dimensions sont les mêmes que celles du Canal de Saint-Denis. D’après son peu de longueur, ses produits ne pourraient indemniser une entreprise particulière des interets de ses frais de construction, que nous venons de voir évalués à 7,000,000 francs; mais .l'importance que doit lui donner la confection de la grande ligne navigable du nord au midi , à laquelle il ferait éviter }a traversée de Paris, fixera sûrement l’intérêt

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du Gouvernement, et le déterminera à faire des sacrifices npparens, qui ne peuvent être comparés aux avantages qu’il doit retirer du perfectionnement de cette ligne navigable.

Pour s’en faire une idée, on peut observer sans exagération que, d’après les grandes et belles communications qui doivent s’effectuer entre le nord et le midi de la France, et même de l’Europe par cette ligne, elle doit avoir une toute autre importance que la ligne navigable entre Londres et Livcrpool , dont nous avons donné la description.

Or , on peut se rappeler ce qu’on a vu de l’activité de cette ligne et de l’utilité des belles constructions qu’elle a fi lit établir près de Londres. On peut citer le Canal du Régent, qui a coûté 700,000 liv. st., et qui a été construit par une société particulière, avec l’espérance d’un bénéfice assuré, quoiqu'il n’ait pour but que d’éviter aux bateaux la traversée de .Londres par la Tamise. Ce Canal a ainsi une grande analogie avec le Canal de Saint-Martin , qui opérerait la confection du Canal de la Seine à la Seine.

On .peut citer encore le beau bassin de Limchouse, où s’embouche le Canal du Régent, et qui, quoiqu’avec une destination et des proportions très supérieures, donne encore l’idée des avantages que l’on retirerait de la gare, dans les anciens fossés de lu Basti'Ic, qui aurait 33 cj88 mètres de superficie, et pourrait contenir quatre-vingt grands bateaux en station, çn laissant au milieu l'intervalle nécessaire pour la traversée et le mouvement de la navigation.

Cette gare, à l'embouchure du Canal de lu Seine à la Seine , près Paris, et communiquant à ce fleuve par une écluse , serait d’une véritable importance pour celte ville. Elle serait une des améliorations les plus désirables pour la grande ligue du nord au midi, dont nous allons continuer de nous occuper.

Avant de reprendre la suite des Canaux existaus, nous observerons seulement ici que les motifs que nous venons d’exposer , comme devant déterminer la confection du Canal de Saint-Martin et de la gared’emboudiure dans la Seine, feraient sûrement décider à leur suite la construc-

tion d’un Canal de redressement de la Seine , qui commencerait entre Suint-Denis et Argeutcuil en amont, et aboutirait entre Sartrouville cl la Frette en aval. Ce Canal de dérivation , qui aurait environ 10,000 métrés, éviterait une sinuosité pareille à celle qu’évite le Canal de Saint-Denis.

Cette coupure a été indiquée, comme très désirable et praticable , par M. Fortuit, inspecteur général du génie maritime, dans la relation qu’il a donnée de la navigation qu’il avait effectuée en juin 1 7<j6 , avéc M. Sganzin, par ordre du Gouvernement, depuis le Havre jusqu’à Paris, sur le lougrc le Saumon, bâtiment propre au cabotage; voyage dont nous aurons à parler plus amplement par la suite, eu traitant de la navigation, de Paris au Havre.-

CANAL DE PICARDIE^Oü DE CROZAT.

La jonction de l’Oise avec la Soigne avait été effectuée en 1708, par' un Canal entrepris par M. Croz.it, par suite de lettres-patentes qui lui' en avaient accordé la concussion définitive, en éloignant des concessipn-^ naires antérieurs qui n’avaient point réussi.

Le nom de M. Crozat resta à ce Cungl, qui est un simple Canal de dé-rivation, dont lu prise d’eau est dans la Somme, et qui s’embouche dans l’Oise, à Chauny.

Il a 4,52g mètres de longueur, y compris 751 mètres pour l’embranchement qui va à La Fère.

Il a treize écluses, qui rachètent une pente de 3u”,32 entre la Somme et l'Oise.

Ce Canal, construit sur des dimensions très mesquines, avait une communication si restreinte, d’après le peu de transports qui se faisaient sur la Somme, qu’il devint bientôt à charge à ses propriétaires. En 1766, M. de Choiseul, qui avait épousé la fille de M. Crozat, fit décider l’acquisition de ce Canal par le roi; et ce fut après cette acquisition que l'on s’occupa de la jonction de la Somme à l’Escaut, par le Canal de Saint- Quentin , dont nous allons nous occuper.

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