‹ Des cas de dystocie appartenant au foetusChapitre 15 sur 28 · PRÉSENTATION DU SIÈGE · texte numérisé non relu

PRÉSENTATION DU SIÈGE

La présentation du pelvis ne peut guère être considérée comme une cause de dystocie. Cependant Moreau, dans son Traité d'accouchements (tome II, p. 257 et 260) , prétend que lorsque l’enfant se présente en sacro-sacrée, on est presque toujours obligé d’intervenir; cette affirmation ne semble point chez

lui une vue théorique, car il cite l’observation suivante :

«Nous avons donné des soins à une femme chez laquelle le fœtus se présenta ainsi : il survint des accidents graves, entre autres des eschares de plus de 6 pouces d’étendue, et nous craignîmes pendant longtemps une fistule vésico-vaginalc ; il s’opéra une déchirure non-seulement du périnée, mais encore du rectum.»

11 serait utile de savoir sur combien de cas a porté l’observation de Moreau, et si ce fait malheureux ne l’a point, à son insu, disposé à généraliser un peu trop les dangers de cette position; dans tous les cas, l’accident ne doit point se produire souvent, car les positions sacro-sacrées semblent excessivement rares.

En pareille circonstance, rintervention est assez simple, et l’extraction des pieds modifiera facilement la position. Baudelocque (t. Ier, p. 551) admet que le volume considérable des fesses peut, dans un bassin normal, nécessiter l’intervention. Je crois qu’il faut, pour que ce résultat devienne nécessaire, qu’il y ait de la part de la mère quelques complications, telles qu’étroitesse du bassin ou inertie utérine. En général les fesses se moulent parfaitement sur les parties qu’elles traversent, et, dans des expériences où je simulais des rétrécissements considérables du bassin, j’ai toujours vu les fesses les franchir avec facilité.

Si, ce qui me semble difficile à admettre, le vo-

lume seul de la région pelvienne était un obstacle à l’expulsion , on terminerait l’accouchement, comme l’indique Baudelocque, en allant chercher les pieds.

Positions inclinées du pelvis. — On admet généralement que la région lombaire, les hanches du foetus ou la partie inférieure de l’abdomen, peuvent se présenter au détroit supérieur. Je crois que ces causes légères de dystocie n’ont été acceptées que par un excès de méthode. On a admis des présentations inclinées du pelvis, comme on en a admis pour le sommet; mais les conditions ne sont point les memes dans les deux cas.

On conçoit parfaitement, et les faits l’établissent d’une manière indiscutable, que la tète, qui forme sur le tronc un appendice très-mobile, soit arrêtée sur la marge du détroit supérieur, et qu’elle forme avec l’axe rachidien un angle qui devient d’autant plus aigu que la contraction utérine est plus énergique; mais on ne peut accepter rien de semblable pour la région pelvienne: quel que soit l’effort, le sacrum est trop peu mobile sur la colonne vertébrale, il s’articule avec elle par une trop large base, pour qu’on observe une déviation de nature à arrêter le travail; la puissance de la contraction agira d’une manière directe par l’intermédiaire de l’axe rachidien, la présentation glissera sur la marge du bassin, et l’engagement aura lieu. Il est vrai que parfois le doigt rencontre au détroit supérieur une des régions du pelvis que j’ai signalées tout à l’heure;

mais, dans ces cas, il y a obliquité utérine, ordinairement une antéversion prononcée, et l’obstacle à la terminaison du travail ne tient nullement au fœtus, mais à la mère, et il suffit, pour y mettre fin, de réduire la matrice dans sa direction normale.

Je n’accepte donc pas les positions inclinées du pelvis comme une cause de dystocie appartenant au fœtus. Les anciens l’admettaient, et Baudelocque, sous le nom de présentation des hanches , lui consacre un chapitre que les classiques plus modernes ont conservé; mais les faits ne sont point venus en aide à la théorie du célèbre accoucheur, et je crois qu’il serait bien difficile de l’appuyer de quelque observation concluante. On n’en trouve même pas dans Hohl, qui relève avec tant de soin les cas rares de dystocie.

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