‹ Des cas de dystocie appartenant au foetusChapitre 18 sur 28 · VICES DE DIRECTION DES MEMBRES · texte numérisé non relu

VICES DE DIRECTION DES MEMBRES

M. Simpson a observé un cas de dystocie par déviation des membres, qui est fort intéressant à cause de sa rareté. Ordinairement le croisement des bras derrière la nuque se produit dans les présentations du siège; ici c’est dans une présentation du sommet que l’incident s’est produit. Voici l’observation :

Dystocie provenant de la position de l'avant-bras de Venfant en arrière du cou. — « M. le professeur Simpson a communiqué, il y a quelques mois, à la Société obstétricale d’Édimbourg,u n cas de dystocie dont les auteurs ne font pas mention. Il consiste en ce que l’un des bras de l’enfant est placé derrière le cou, ce qui apporte un obstacle infranchissable à la descente de la tête. M. Simpson avait été appelé par un médecin qui assistait une femme; la tête de l’enfant restait, depuis plusieurs heures déjà, immobile au détroit supérieur, malgré d’énergiques contractions de l’utérus. C’étaient les dixièmes couches de cette femme, dont les neuf précédentes avaient été tellement rapides que l’accoucheur, en arrivant, avait toujours trouvé la délivrance opérée. M. Simpson

ayant, comme il le fait toujours en pareille circonstance , soumis la malade à l’influence du chloroforme , s’assura que les détroits avaient l’ampleur suffisante, et que la tête du fœtus ne remplissait même pas entièrement le bassin; puis, portant le doigt plus haut, au delà de l’oreille gauche de l’enfant , il trouva un corps saillant, qu’il reconnut pour le coude, terminant l’avant-bras gauche de l’enfant, qui s’était place' horizontalement derrière la tête. Alors il saisit la main et la porta en bas et en avant, afin d’avoir une pre'sentation de la tête et du bras moins compliquée que la précédente ; mais le travail ne marcha pas beaucoup plus vite pour cela. Cependant les battements du fœtus étaient descendus à 75. M. Simpson se décida à faire la version podalique, qui fut rendue très-facile à l’aide du chloroforme. Il amena un enfant bien vivace, et dont le bras put pendant deux jours être ramené dans la position qu’il occupait dans l’utérus. La mère se rétablit très-bien.» ( Journal des connaissances médicochirurgicales, janvier 1861, page 47. )

Ve CLASSE.

Dystocie pat* iaaclnsion parasitaire.

Il est une cause de dystocie assez rare, qui n’a encore été signalée par aucun auteur, et dont j’ai pu réunir assez d’observations pour me croire en droit d’en faire une classe spéciale.

Elle est constituée par ce que j’appellerai la dystocie fœtale par inclusion parasitaire.

Dans ces cas, un fœtus, développé dans un autre,

forme, par son volume, une tumeur de nature à entraver le travail de raccouchement.

La première des observations cpie je rapporte m’a été communiquée par M. Chédevergue, interne des hôpitaux, et je me borne à la transcrire telle qu’il a bien voulu me la remettre.

Monstruosité par inclusion fœtale ; dystocie. — La nom mée Kieffer entre à l’hôpital Lariboisière le 28 janvier 1861 .

A une heure du matin, je suis appelé' auprès d’elle, l’accouchement ne pouvant se terminer par les seules forces de la nature. Je trouve le tronc engagé — dos en avant — à travers le détroit inférieur et fortement étreint au niveau des cinquième et sixième côtes. L’enfant est bleuâtre, cyanosé, et il a cessé de vivre.

On m’apprend que l’occiput s’est dégagé en première position, que la tête et les membres supérieurs ont franchi la vulve, il y a dix minutes, et que l’enfant a crié et vécu huit ou neuf minutes. Il expirait un instant avant mon arrivée.

Le mouvement de rotation extérieure (cinquième temps) a manqué, puisque le dos regarde directement en avant, et l’accouchement se trouve arrêté à un moment où il ne se rencontre presque jamais de difficulté. Je cherche à me rendre compte de cette marche insolite, et j’exerce immédiatement sur le fœtus de légères tractions pour juger de la résistance : il reste immobile. Je sens alors, par la palpation à travers la paroi abdominale, dans le flanc gauche, une tumeur volumineuse, qui se dessine du reste très-visiblement sous la peau.

Je pense un instant à une grossesse double , mais j’ausculte et je n’entends aucun bruit.

Sans perdre mon temps en explorations inutiles, je fais placer la femme en travers sur le lit, les cuisses écartées, et

n'ayant pas à ménager la vie de l'enfant, je le saisis avec une certaine force pour l’amener au dehors, je gagne peu à peu du terrain, mais ce n’est qu’après plusieurs tentatives, qui durèrent de cinq à huit minutes, que, sous l’influence d’un nouvel effort l’extraction s’opère brusquement.

J’aperçois alors un fœtus d’un étrange aspect : il est du sexe féminin ; toutes les parties supérieures du corps ont une conformation normale, mais on voit se détacher des régions fessières deux tumeurs, chacune du volume d’une tête de fœtus à terme environ, qui pendent, soutenues par un assez large pédicule s’étendant de la région sacrée au périnée, sur lesquelles la peau se continue avec celle des parties voisines ; vues à une certaine distance, elles ont quelque ressemblance avec ces tumeurs volumineuses des bourses qui pendent entre les jambes. Les membres inférieurs, plus grêles que d’habitude, sont un peu déjetés en dehors.

L’une de ces tumeurs est molle et fluctuante et en grande partie remplie de liquide ; l’autre est aussi élastique à la superficie, mais les parties solides y dominent. A la région sacrée postérieure, on sent une petite dépression indiquant que le canal sacré n’est pas fermé en arrière ; il y a un spina bifida.

M. Voillemier, à qui je montre l’enfant, diagnostique une monstruosité par inclusion fœtale. — Cette opinion est complètement vérifiée par l’examen direct, puis par l’examen microscopique, fait avec beaucoup de soin par M. Constantin Paul.

Inclusion fœtale observée par Capuron. — La femme avait 22 ans et était enceinte pour la seconde fois. Les douleurs continuent toute une nuit sans interruption, et le col reste fermé. Dans la matinée cependant, la dilatation commence, et une poche de liquide se présentant est percée et

donne issue à une livre d’eau environ. Néanmoins le travail s’arrête. M. Capuron reconnaît une nouvelle poche rénitenle et attend. A une heure du malin, les douleurs se réveillent, la saillie de la nouvelle poche augmente; perforée, elle laisse s’écouler environ 8 ou 10 pintes de liquide. L’enfant ne tarde pas à sortir, mais se trouve arrêté au niveau des hanches par un obstacle très-résistant. On sent une tumeur plus grosse que la tête d’un fœtus à terme, et adhérant à la partie postérieure et inférieure du tronc. Les parois en sont souples et molles, quoique distendues; on les rompt, et il s’écoule une grande quantité de liquide, qui, en diminuant le volume de la tumeur, rend facile l’extraction complète du fœtus.

Il s’agissait, dans ce cas, d’une tumeur constituée par l'agglomération des débris d’un produit informe de la conception, débris contenus dans un sac cutané périnéal : ce qui fait que M. Ollivier range cette tumeur parmi les monstruosités par inclusion extérieure et cutanée. (Extrait des Archives générales de médecine, t. XV, lrc série, p. 539.)

Inclusio-n fœtale dans la région fessier e et périnéale, observée par Marlin[de Lyon). — Une femme de Lyon accoucha en 1800, dans le mois de mai, d’un enfant mâle qui présentait au périnée une tumeur adhérente, qui avait en grosseur plus de deux fois le volume de la tête de cet enfant. Sa surface était inégale, molle et fluctuante sur plusieurs points, et avait une dureté comme osseuse sur d’autres; sa base, très-large , couvrait l’espace compris entre le scrotum et l’anus , se prolongeant de chaque côté sur les fesses. Cet enfant ayant été apporté à l’hospice de la Charité, j appris de l’accoucheur que cette énorme tumeur avait rendu l’accouchement long et difficile, sans cependant y apporter des obstacles qui nécessitassent l’emploi d’aucun instrument.

Celle tumeur renfermait un fœtus inclus. (Extrait du Bulletin de Férussac, numéro de septembre 1827.)

Cet accouchement long et difficile n’a pas nécessité l’intervention de l’instrument; mais, s’il a été difficile , il est clair cpie la main de l’accoucheur est intervenue. Le fait appartient donc à la dystocie.

Smellie (t.III, p. 428) parle d’une lettre de Huxham, adressée à Mortimer, où il fait la description d’un enfant qui avait une tumeur extraordinaire près de l’anus , laquelle contenait quelques rudiments d’un embryon.

Voici le fait dont Smellie a voulu parler; il a été observé par Wils et se trouve relaté plus complètement dans Pliilosoph . transact ., t. LV, p. 325.

Fœtus inclus dans la région sacrée. — J. Périne, de Charleton, accoucha, le 11 juillet 1746, d’une fille à terme. Delà partie supérieure de la région sacrée, se détachait une énorme tumeur qui comprenait latéralement toute l’étendue des muscles fessiers , occupait le périnée , et pendait entre les cuisses et se prolongeait inférieurement jusqu’au-dessous du niveau des genoux. Son volume était bien plus considérable que le corps entier de l’enfant , sa consistance était molle , il existait dans son centre une masse dure et trèsrésistante. Cette masse dure était constituée par un fœtus inclus.

11 n’existe pas de détails sur l’accouchement; mais il est bien probable que cette tumeur, aussi volumineuse que le fœtus lui-même* soudée à sa région sa-

crée, a du, par sou volume énorme, compliquer le travail.

M. de Lassone communiqua en 1771 , à l’Académie des sciences de Paris, le fait suivant, observé par un chirurgien de Carpentras, nommé Guyon : Un fœtus mort-né, mais venu à terme, portait, à la partie inférieure de la région lombaire, une tumeur plus grosse que la tête d’un enfant bien conformé ; on en fit l’ouverture, et l’on trouva dans son intérieur une tète, les os d’un bassin, un fémur, et plusieurs os difformes, qui semblaient appartenir à un fœtus de 4 mois.

J’emprunte les deux observations qui suivent à un travail publié par M. Constantin Paul dans les Archives générales de médecine (juin 1862).

Observation lre. — • Fille de 2 mois, nommée H..., née en Angleterre, à Bemister, Dorsetshire, 1748. L’enfant était née avec une tumeur qui allait du siège jusqu’aux pieds, était couverte d’une peau mince et contenait du liquide.

Après quelques jours, la peau creva, et on put voirie contenu. Au moment de cette observation, l’enfant se portait bien du reste. On vit dans la tumeur une masse charnue régulière, avec une peau souple. Une partie de cette masse faisait saillie dans le bassin et remontait jusqu’au milieu de l’épine dorsale. A partir du milieu de cette masse, le rectum se dévie, et les excréments sont rendus régulièrement par la région de l’aine gauche.

Dans l’intérieur de cette masse, on pouvait sentir des os, on pouvait voir clairement à sa surface une main et un pied.

A la main, il y avait cinq doigts et un pouce ; au pied, cinq orteils. D’autres parties, par exemple, le sexe, ne pouvaient

se reconnaître. Le narrateur dit que la tête du fœtus faisait saillie sur le contour, et, pour compléter l’irrégularité, était à peu près cachée.

Le fœtus pouvait, s’il était retiré, avoir la grosseur d’un enfant.

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