‹ Des causes actuelles de guerre en Europe et de l'arbitrageChapitre 19 sur 67 · ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE

Lorsqu'on veut démôler en Allemagne les influences favorables à la paix et celles qui portent à la guerre, on trouve une situation tout aussi complexe qu'en France. Les Allemands, comme tous les peuples civilisés à notre époque, s'appliquent de plus en plus à l'industrie. Us cherchent à accroître leur bien-être par le travail. Ils créent des banques, construisent des chemins de fer, améliorent leur agriculture, fondent des sociétés financières et industrielles de tout genre. Voués, comme on dit, aux intérêts matériels, ils doivent chérir la paix.

Le germain des anciens temps avait sans doute l'instinct de la « combativité » ; mais les événements l'avaient assoupi. Longtemps divisée en un grand nombre de petits États qui jouaient un rôle très effacé, l'Allemagne ne s'est pas habituée à s'occuper des affaires extérieures, ai à étendre son influence au dehors. L'ancien empire germanique n'a pas eu une carrière militaire assez brillante pour créer dans la nation la soif de la gloire des armes. L'organisation de ses armées était si imparfaite , ses mouve-

ments si lents, la direction si inerte qu'il n'est parvenu à se défendre, ni contre la France ni même contre la Suède. Les souvenirs de l'histoire ne doivent donc point porter les Allemands à la guerre, et les lauriers à cueillir sur le champ de bataille ne les remplissent pas d'enthousiasme. Toutefois la domination violente de Napoléon avait laissé dans les âmes un ressentiment profond, et l'idée seule que des jours d'humiliation pareils pussent revenir soulevait l'Allemagne entière. C'est ce sentiment qui a produit l'unanimité du mouvement dans la dernière guerre. Les Français avaient oublié tout ce que le premier Napoléon avait fait souffiîr à l'Allemagne, mais les Allemands y pensaient avec une furieuse amertume. Rien de plus naturel : Les maux de la guerre laissent une trace plus durable dans la mémoire des vaincus que dans celle des vainqueurs.

Le mode de formation des armées en Allemagne constitue aussi un certain obstacle à la guerre. La nation ne l'entreprendra jamais à la légère et sans une grande appréhension. Qu'on se rappelle quelle opposition a rencontrée d'abord la guerre contre l'Autriche en 1866. La mobilisation de l'armée appelle tant d'hommes sous les drapeaux, que la vie de la nation s'en trouve pour ainsi dire suspendue. L'industrie manque de bras ; les usines se ferment ; les femmes et les vieillards doivent faire la récolte : c'est une désorganisation sociale. La guerre, quoique portée en pays ennemi, cause des pertes énormes. Comme le recrutement atteint toutes les familles, même celles qui sont riches et influentes , les mères, les épouses dans toutes les classes sont

hostiles à la guerre. La landwehr et l'armée active renferment un très grand nombre d'hommes mariés ; aussi, môme après les étonnants succès de 1866 et de 1870, les soldats naspiraient-ils qu'à rentrer dans leurs foyers. On disait qu'une armée, formée comme celle de la Prusse, était incapable de soutenir une guerre aggressive ; l'expérience a prouvé le contraire ; mais ce qui est vrai, c'est quelaguerre, avec une semblable armée, jette un trouble immense dans l'ordre économique et de grandes souffî*ances dans toutes les âmes. Tout cela, je le sais, ne sufSit pas pour empêcher les gouvernants de lancer le pays, malgré lui, dans la guerre; on l'a vu en 1866 : dans aucun pays du continent, l'opinion publique n'est assez puissante pour arrêter un ministre ou un souverain très décidé à agir. Néanmoins l'organisation de l'armée doit avoir pour effet d'empêcher le goût des expéditions et des conquêtes de se répandre dans la nation.

Mais à côté de ces circonstances qui agissent dans le sens de la paix, il en est d'autres qui vont dans un sens tout opposé; ce sont les traditions historiques de la Prusse, la théorie des races et l'imperfection du régime représentatif. La Prusse a grandi par l'épée et par un dur labeur appliqué à la culture d'un sol stérile. Apre, stoïque et belliqueuse, on l'a justement appelée la Sparte de l'Allemagne. La plupart de ses souverains ont aimé avec passion la guerre ou tout au moins les choses militaires. Son héros est Frédéric II, homme de guerre par excellence. Ses traditions la poussaient donc à la conquête. Sa « mission historique » était d'unifier l'Allemagne

sous le sceptre de ses rois et ce but elle vient de Tatteindre, sous nos yeux, par l'élévation du roi Guillaume à la dignité d'empereur allemand. Seulement, la grande Allemagne, le grand empire germanique du moyen-âge n'est pas encore reconstitué, et il est difficile de déterminer jusqu où devraient s'étendre ses frontières.

L'idée du pangermanisme, c'est à dire la réunion en un seul État de tous les rameaux de la race germanique, est incontestablement un rêve qui existe dans Tesprit de la plupart des Allemands, tantôt indécis et flottant, tantôt nettement arrêté et porté à l'action. Constituer au centre de l'Europe un empire compact de soixante millions d'hommes, qui, appuyé sur la mer du Nord et la Baltique, déboucherait sur la Méditerranée par Trieste et étendrait son influence sur tout le bassin du Danube par une intime alliance avec les Hongrois, tel est manifestement le but prochain ou éloigné que poursuivent les patriotes germanisants, et, comme cet idéal ne peut être atteint sans un grand remaniement des divisions territoriales actuelles, il y a là une cause très probable de guerres futures.

Je ne suis pas de ceux qui croient que ces vastes desseins fassent partie du programme actuel des hommes d'Etat qui gouvernent aujourd'hui l'Allemagne. On a dit que le prince de Bismarck aurait proposé à Napoléon III de lui concéder la Belgique à condition qu'il pût prendre la Hollande. Il est avéré que de semblables éventualités ont été agitées entre M. de Bismarck et les représentants de l'Empereur des Français, mais c'était une façon de caresser l'idée favorite de Napoléon : le rétablissement des anciennes frontières de la France. Il est peu proba-

ble que l'Allemagne eût jamais consenti à l'annexion de la Belgique à la France, môme moyennant cession de la Hollande, parce que c'eût été ouvrir le chemin direct de Berlin à revers des forteresses du Rhin. L'occupation de la Hollande, frémissante sous le joug, avec la France sur l'Escaut et sur la Meuse, n'eût pas été tenable.

A en juger d'après les symptômes extérieurs, le dessein du grand Chancelier est plutôt de travailler à l'unification de l'Empire actuel, sans viser à étendre maintenant ses frontières, aux dépens soit de l'Autriche soit de la Hollande ^ Autrement, il n'eût probablement pas entamé cette formidable lutte contre l'ultramontisme qu'on ne peut vaincre ni en une ni en deux campagnes. Si l'Autriche devait succomber un jour, par suite de l'hostilité irréconciliable des nationalités qui s'y entrechoquent, les provinces allemandes se réuniraient tout naturellement à l'Empire d'Allemagne. Aujourd'hui la Prusse a évidemment besoin de l'Autriche pour résister à une alliance possible de la France et de la Russie. Comme

1 On croit en France que M. de Bismarck a provoqué la guerre de 1870 ponr conquérir TAlsace et la Lorraine. Les faits connus ne confirment point cette idée. M. de Bismarck a voulu la guerre de 1866; mais il ne désirait pas la guerre avec la France. M. Thiers Tafflrme nettement dans sa déposition au si:^et du 4 septembre. Si la Prusse avait voulu la guerre, elle n'aurait pas évacué Luxembourg en 1867, alors qu*elle était complètement prête et que la France n'avait pas encore de chassepots, et en 1870 le roiOuillaume n'aurait pas approuvé le retrait de la candidature Hohenzollern, après les menaces insensées de M. deOramont; car cet acte était une humiliation pour lui aux yeux de FEurope et surtout de rAllemagne. Ce qui est vrai c'est que la Prusse s'était préparée À la guerre, parce que, comme tous les gens prévoyants en Europe, elle la considérait comme inévitable. En 1867, le général de Moltke disait : « comme homme je suis heureux que la guerre ait été évitée, comme militaire je dois le regretter. La guerre est inévitable : ~ atgourd^hui que la France n'est pas armée, je conduirais mon armée en trois semaines sous les murs de Paris, tandis que plus tard qui sait ce qui arrivera? »

la Prusse n'est pas prête à se porter héritiàre de toutes les possessions de la maison de Habsbourg, elle devrait abandonner le Bas-Danube à la Russie, ce qui offirirait un bien grand danger pour Tavenir. Il semble donc que le temps des grandes entreprises de ce côté ne soit pas encore venu.

Le régime représentatif est d'introduction si récente en Allemagne « que ce ne sont pas les assemblées délibérantes qui gouvernent réellement. Le roi Guillaume et ses ministres n'ont jamais admis le système parlementaire où, comme en Angleterre, c'est la Chambre, qui en définitive, décide de la marche des affaires.

En Allemagne, par conséquent, conmie dans les pays despotiques, le choix entre la paix ou la guerre est déterminé par les inclinations et les vues du souverain. Il est très humiliant pour l'humanité au xix* siècle que son sort dépende des résolutions de quelques potentats ; mais, le fait étant ainsi, il vaut mieux le reconnaître que le dissimuler. Or, on dit que le prince impérial d'Allemagne est d'humeur très pacifique, malgré ses succès sur les champs de bataille, et qu'il a horreur de la guerre, quoiqu'il ait appris à la bien faire. On peut trouver en ceci une garantie pour la paix dans l'avenir.

Quelques personnes considèrent comme probable un choc prochain entre l'Allemagne et la Russie. On prétend même que M. de Bismarck a voulu attaquer immédiatement la Russie. On ne peut nier que cette éventualité n'occupe des esprits et des journaux sérieux, en Allemagne non moins qu'en Russie. Toutefois on ne peut encore bien discerner ce qui donnerait lieu à la lutte. L'empereur

Guillaume a un attachement sincère pour son neveu de Russie et nul, j'imagine, — M. de Bismarck moins qu'un autre, — n'a pu croire qu'il lui déclarerait la guerre sans raison et sans prétexte. De son côté, l'empereur de Russie ne manque pas une occasion de témoigner hautement sa sympathie pour l'Allemagne et pour l'armée allemande. Il n'y a en ce moment nul sujet de querelle entre les deux empires.

On a parlé des provinces baltiques. Sans doute le gouvernement russe, en persécutant les protestants de ces provinces et en favorisant l'enseignement du russe aux dépens de l'Allemand , blesse le sentiment national en Allemagne et y provoque de temps à autre de vives réclamations. Mais les origines ethnographiques des populations et la situation géographique des provinces baltiques s'opposent à ce qu'elles soient jamais incorporées d'une façon définitive à l'Allemagne. La grande majorité des habitants sont celtes ou finnois et point allemands ^ Ensuite, il suffit de jeter les yeux sur une carte pour se convaincre que la possession d'une longue bande de territoire sur la Baltique, séparant les Russes de Taccès naturel à

1 D'après von Klôden, dans TEsthonie, sur 312,000 habitants, 25,000 seulement sont Allemands, les autres Finnois ; en Livonie, on compte 94,000 Allemands sur 917,300 habitants ; en Courlande, 52,000 Allemands sur 574,425 habitants. Donc dans les trois provinces, sur une population de 1,804,425 âmes 171,000, soit environ 10 p. c, sont d^origlne germanique. Mais il est vrai que la civilisation y est venue d'Allemagne. La grande majorité des habitants, soit 1,475,000, sont protestants. Les villes, surtout les ports de mer comme Riga et Revel, sont allemandes. L'Université de Dorpat est allemande. Les propriétaires fonciers, les maîtres d*école, les commerçants sont de sang allemand. — D'après la Conversations-Leankon de Brockhaus (1872) il y aurait dans les trois provinces baltiques sur 1,910,740 habitants, 64,170 Russes, 131,073 Allemands, 704,650 Esthoniens (Finnois) et 704,650 Lettes et Lithuaniens.

la mer, serait intenable pour rAllemagne et contraire à rintérét des populations tant du littoral que de Tintérieur. Je ne crois donc pas qu'il y ait un homme d'État sérieux en Prusse qui songe à faire cette conquête.

L'objet des luttes à venir, si elles doivent éclater, c'est la Bohême. En Bohême et en Moravie, il y a 5 millions de Tchèques et 2 millions et demi d'Allemands. Les Tchèques veulent constituer un état slave. La minorité allemande résiste, appuyée sur les autres allemands de l'Autriche. Les Tchèques se déclarent opprimés et tournent les yeux vers la Russie. Si jamais la Panslavie devait se constituer à côté de la Pangermanie, les deux colosses se disputeraient la Bohême qui, par ses origines ethnographiques, est plutôt slave et par sa situation géographique, allemande. Les Allemands ne se soumettront que vaincus dans une lutte suprême, à voir passer aux mains d'un empire slave un pays qui est situé au cœur même de l'Allemagne. Ce sont là peut-être des éventualités bien lointaines et qui ne menacent pas encore le présent, mais on ne peut se dissimuler que le principe des grandes agglomérations poussé à bout conduit à ces sombres perspectives.

On attribue aussi à l'Allemagne des projets de conquête 3ur deux petits états maritimes qui lui procureraient une marine et des colonies. L'Allemagne refusant de rendre au Danemark les cantons septentrionaux du Schleswig, habités par des Danois, malgré les traités de Vienne et malgré le principe des nationalités invoqué par les Allemands pour revendiquer les duchés, cette violation.de tous les droits constitue un acte si peu justifiable et une

iniquité si peu utile, qu'on serait porté à y voir, en effet, un moyen d'avoir prise sur le Danemark afin de l'absorber un jour tout entier. Néanmoins on peut espérer que la nation allemande finir^^ par comprendre qu'elle n'a nul intérêt à tenir sous son joug des populations de race étrangère. Cette vérité est évidente pour tout homme que

n'aveuglent pas de fausses idées de grandeur nationale.

Les Allemands aspirent avec une impatience puérile à posséder une flotte, comme si ce n'était pas un double fléau d'avoir à ajouter au budget de la guerre, le budget de la marine. Les États-Unis qui envoient leurs navires de commerce sur toutes les mers du globe, se gardent bien de commettre une semblable folie ; la dernière guerre civile finie, ils ont vendu la plupart de leurs navires.

La France a commis une. grande faute en consacrant à des cuirassés qui ne pouvaient menacer que l'Angleterre des millions qui ont fait défaut ailleurs. Le gouvernement allemand s'est montré en ce point plus sage que la nation allemande. Cette année, il n'a point réclamé d'augmentation importante pour la marine, dont il a limité la mission à la défense des côtes.

Les Allemands ne sont pas guéris , je crois , du désir peu sensé de posséder des colonies et il se peut qu'ils jettent des regards de convoitise sur celles de la Hollande.. Mais il est difficile d'admettre que le gouvernement allemand, qui est en tout très clairvoyant, ne comprenne pas que, môme en prenant la Hollande, il n'aurait pas ses colonies. Car celles-ci pourraient être séquestrées par l'État qui serait maître de la mer, comme on l'a vu à l'époque de Napoléon P^ quand les Anglais se sont em-

parés des colonies hollandaises dont ils n'ont rendu qu'une partie, lors de la paix. Il est donc peu probable que TAllemagne tentera d'accomplir, sans prétexte et sans justification, une conquête odieuse qui ne lui donnerait môme pas ce qu'elle paraît désirer : des colonies. Elle s'efforcera plutôt d'entraîner peu à peu la Hollande dans le cercle des influences germaniques, en multipliant entre les deux pays les relations intellectuelles et commerciales. Seulement les Pays-Bas ont une grande avance sur l'Allemagne sous le rapport politique. Ils ont dans leur histoire trois siècles de pleine et glorieuse liberté sous le régime républicain, tandis que l'AUemagne sort à peine de la servitude monarchique et féodale. Si donc un lien plus étroit devait s'établir entre les deux peuples, ce ne serait que quand la nation allemande aurait conquis le self-government véritable au même degré que la Hollande.

On ne peut se le dissimuler, le vrai danger pour le repos futur de l'Europe provient de l'annexion à l'Allemagne de l'Alsace-Lorraine. Je n'ignore point les raisons que font valoir les stratégistes allemands. Nous étions en tout cas, disent-ils, certains d'avoir à nous défendre contre une guerre de revanche du côté de la France. Maintenant que nous sommes couverts en avant par la ligne des Vosges, par Metz et Strasbourg, et en arrière par le Rhin et ses forteresses, l'invasion de l'Allemagne est devenue presqu'impossible. Nous n'avons fait que prendre le canon dirigé contre nous, pour le retourner contre l'ennemi. — Fort bien, mais l'avantage stratégique, indéniable, n'est-il pas compensé et au delà par ce fait que dans toute com-

plication où l'Allemagne se trouvera engagée , elle devra toujours porter à son passif militaire l'hostilité d'une nation belliqueuse de 38 millions d'hommes qui s'alliera avec n'importe quelle puissance, dans l'espoir de reprendre l'Alsace. L'Allemagne, quelque puissante qu'elle soit, s'est attachée au pied un terrible boulet qui lui enlèvera à l'avenir la liberté de ses mouvements.

Le résultat le plus certain de l'annexion de l'Alsace a été de doubler la force aggressive de la Russie, dans le cas où celle-ci voudrait réaliser les projets d'agrandissement qu'on lui prête. S'il ne répugnait pas d'attribuer des vues machiavéUques à l'éminent ministre d'une grande puissance, on serait tenté de croire que le prince Gortschakof n'a point insisté pour garantir l'intégrité de la France, afin de pouvoir toujours compter sur son concours dans le cas d'une lutte avec l'Allemagne. Un journal russe disait récemment : C est la Russie maintenant qui tient dans ses mains les destinées de l'Europe. Cela est vrai en ce sens que c'est de la Russie principalement que dépend le maintien de la paix ' .

1 Les AUemands se rendent parfaitement compte des dangers de leur

situation. Je citerai seulement les remarquables articles de la Gbgen

WART : Die geograpisch-politiscfie lage Deutchlands, par M. Ednard van

I Hartmann. L'Allemagne, dit cet écrivain, est entourée de trois grands et

i de quatre petits États. Sur ce nombre, trois : la France, les Pays-Bas et le

Danemark, sont des ennemis décidés. L'Autriche, par Tavénement d'un

i cabinet clérical deviendrait également hostile. Quant à la Russie l'amitié

I des souverains des deux pays empêche seule l'antagonisme naturel des

germains et des slaves de conduire à une rupture. La situation politique

de l'Allemagne est donc des plus périlleuses, et pour se défendre elle doit

toigours pouvoir disposer d'une force égale à celle de la France et de

la Russie réunies.

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