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LA BELGIQUE ET LA HOLLANDE

Depuis que M. de Lavalette a proclamé, avec le retentissement dont on se souvient, la fameuse théorie des grandes agglomérations ', si bien appliquée depuis, les petits États tremblent pour leur existence. Tant que Napoléon III a régné en France, la Belgique a interrogé rhorizondu côté du sud avec les plus vives inquiétudes, et aujourd'hui la Hollande ne semble pas plus rassurée du côté de l'est. Lacréation du royaume des Pays-Bas, comprenant les pays jadis réunis par la maison de Bourgogne, était certes la meilleure œuvre du congrès de Vienne, et c'a été une grande faute de la défaire en 1830; on le voit clairement aujourd'hui. La Hollande et la Belgique réunies se défendaient contre une annexion à l'Allemagne, par leurs populations latines du sud, et contre

1 M. de LavBletto daos sa circulaire de 1864 disait ; ■> Uoe puiseaDCe irréslBUble pouase los peuples & se réunir en de grandes agglomérat ioni en faisant disparaître Ica États secondaires. Cotte tendance naît da désir d'assurer aux int^ri'ls généraux des garanties plus eOlcaces •. C'était li aux yeax du ministre do Napoléon III une ■ lérïté fi'appsnte •. L'Alleluagnn s'est empressée de ri'-ali?er ce programme.

une annexion à la France par leurs populations germaniques du nord. La Hollande apportait à l'Union sa marine et ses colonies, la Belgique son industrie et ses richesses minérales. Un Etat de dix millions d'habitants, concentrés sur un petit territoire et disposant d'immenses ressources, formait entre la France et l'Allemagne une barrière respectable et une force très sérieuse qu'aucune des deux grandes puissances n'aurait voulu se mettre à dos.

Aujourd'hui que le royaume des Pays-Bas a été coupé en deux tronçons, comme pour en rendre l'absorption plus facile, on peut toujours craindre des combinaisons et des marchés comme ceux que Napoléon III semble avoir offerts à la Prusse. Il serait désirable qu'avec le consentement de l'Europe un lien fédéral pût s'établir entre la Belgique et la Hollande, sans porter atteinte à leur autonomie respective pour les affaires intérieures. Ce serait réduire les chances de guerre de ce côté, en diminuant les tentations de conquête de la part des voisins. L'intérêt de l'Europe est évidemment de fortifier les États comprenant plusieurs nationalités diverses, comme l'Autriche, la Suisse et la Belgique, afin d'éviter autant que posssible le choc universel des races, qui menace de nous ramener aux luttes des Barbares du IV® siècle.

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