‹ Des causes conditionnelles et productrices des idées, ou, De l'enchainementChapitre 11 sur 19 · ESSENCE. I I I · texte numérisé non relu

ESSENCE. I I I

est fort différente de celle du carbone y de la cendre j et surtout de Farbre appelé chêne : que deviendra l'essence de celui-ci dans toutes ces métamorphoses?

Le fait est que la chimie moderne a fait subir aux corps tant de transformations et leur a fait si souvent changer de nature, tantôtpar ses décompositions, ses analyses, tantôt par ses combinaisons nouvelles, que toutes ces entités, ne sachant plus que devenir, ont entièrement abandonné le monde savant, pour se réfugier dans le cerveau de quelques métaphysiciens idéalistes, qui ne s'occupent point de sciences physiques, et qui confondent ensemble les essences, les idées générales et les axiomes.

Suivant eux , non-seulement les idées des genres et des espèces , et toutes les autres idées générales (qui, nous en convenons, ont dû exister de toute éternité dans l'entendement divin, à titre d'idées)^ mais surtout celles de ces rapports simples que l'on nomme axiomes et vérités nécessaires, représentent, ou même constituent les essences des choses ; et ces essences, ou les objets de ces idées universelles , quels qu'ils soient, sont des réalités, des êtres qui existent hors de notre entendement. De là le nom de réalistes, qu'on a donné aux partisans de cette doctrine, qui a été celle de plusieurs philosophes, et que M. Cousin trouve en partie vraie, en partie fausse.

« Locke déclare expressément que ce qu'on appelle général et universel est un ouvrage de Fentendement, et que Fessence réelle n'est autre chose que l'essence nominale.

« La force du réalisme réside dans les idées gêné-

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