‹ Des causes conditionnelles et productrices des idées, ou, De l'enchainementChapitre 13 sur 19 · SUBSTANCE · texte numérisé non relu

SUBSTANCE

Toutes les choses que nous nous représentons comme des êtres réels, et que nous désignons sous le nom commun de substances, se révèlent et se font connaître à nous par leurs dififérentes matiières d'être ou d'agir, que nous nommons leurs attributs, leurs propriétés ou qualités, et que les anciens philosophes appelaient leurs formes. Mais nous ignorerons toujours ce que les substances sont en elles-mêmes, s'il est vrai qu'il y ait en elles, comme on le prétend , autre chose que ce que nous y apercevons, c'est-à-dire autre chose que les propriétés ou attributs par lesquels elles manifestent leur existence : et c'est ce que je veux examiner, sans prétendre néanmoins résoudre cette importante question.

En considérant cette pièce de monnaie, ce morceau d'or que je tiens entre les doigts, je remarque sa grandeur, sa figure ronde et aplatie, sa couleur jaune, son éclat, sa pesanteur, sa solidité. Mais n'y a-t-il point sous toutes ces formes, qualités ou manières d'être , quelque chose de caché , qui ne tombe pas sous les sens , et qui leur sert comme de soutien? 11 n'est personne peut-être qui n'incline à* penser, qu'en effet, il existe quelque chose de trèsréel sous ces formes diverses.

Mais cela ne viendrait-il pas aussi de ce que , voyant assez souvent dans certains corps quelquesunes de leurs propriétés s'altérer et périr itïêtttè

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