SUBSTANCE. II
conçoivent comme telles, bien qu'ils disent quelquefois le contraire. Leur erreur vient peut-être de ce qu'ils confondent la dureté et la solidité , qualités rétives et eonséquemment aceidentefles^ arec l'impénétralÂlîté absohie, ou pour mieux dire, avec l'étendue Smpén^rable, qui constitue la matière.
« Le tact vous donne l'idée de solide ; la vue et les autres sens vous donnent l'idée des autres qualités premières et secondes. Mais quoi I s'écrie M. Cousin, est-ce qu'il n'y a que ces qualités? est-ce qu'en même temps que les sens vous donnent le solide, la couleur, la figure, la moltesse, la rudesse, etc., vous ne croyez pas que ce ne sont pas là des qualités en l'air, mais bien des qualités de quelque chose qui est réellement, et qui, parce qu'il est, est soKde, dur, mou, aune couleur, une figure, etc. Vous n'auriez pas l'idée de ce quelque chose, si les sens ne vous donnaient l'idée de ces qualités ; mais vous ne pouvez avoir l'idée de ces qualités sans l'idée de ce quelque chose d'existant ; c'est là la croyance universelle, laquelle implique la distinction des qualités et du sujet de ces qualités, la distinction des aeciéents et de la mhsttmce. Que ceBe-ci soit, matérielle ou spirituelle^ elle ne nous est donnée ni par les sens, ni par la conscience; c'est une révélation de la raison dans l'exercice des sens et de la conscience. »
Il faut sans doute distinguer la substance de ses accidents, ou propriétés accidentelles : mais la question est de savoir, et se réduit à savoir, si, dans une substance, dans un être réel, il n'y a que deux choses, comme je le crois : des qualités accidentelles, et quel-